Anthropologie génétique

Nouvelle illustration d’une de mes théories ? Le grand homme est au bon endroit au bon moment.

La nouvelle possibilité d’analyser l’ADN a eu des quantités d’applications et a fait la fortune de beaucoup. En particulier, elle a permis de créer « l’anthropologie génétique », d’analyser l’impact de la « culture » (au sens anthropologique du terme) sur la génétique humaine. Plus efficacement que le milieu naturel, la société transforme notre génome ! (Ce dont on se doutait un peu : les lois sociales conditionnent le mariage, d’où des quantités de conséquences parfois fâcheuses, comme celles résultant de la consanguinité.)

J’ai appris, ce que probablement tout le monde sait, que le cerveau de l’enfant n’est qu’au quart de sa taille finale à la naissance. Ce qui semble signifier qu’il est massivement façonné par la société. Le propre de l’homme ?

ADN et justice

DNA, crime and controversy (Archive on 4), une nouvelle émission de la BBC concernant l’ADN et le crime.

Où l’on apprend que la technique d’analyse de l’ADN a été inventée en Angleterre. Elle a permis d’obtenir des résultats frappants. Par exemple, on a retrouvé l’ADN d’un coupable sous une couche de peinture !

Mais ce n’est pas une panacée. Car, si l’on est allé gratter sous la peinture, c’est que l’enquête initiale avait été mal faite : on tend à ne chercher que l’ADN des gens que l’on connaît. Et aussi, on sème notre ADN partout. Donc elle est susceptible de se retrouver sur le lieu d’un crime… Pire : la police croyant avoir, avec l’ADN, l’arme absolue, ne recherche rien d’autre…

Il était dit qu’il y avait probablement dix fois plus de condamnés à tort que ce dont on entend parler.

C’était une idée qui m’est venue en écoutant toutes ces passionnantes émissions sur la justice. Pour se sortir de prison, il faut de sacrés avocats. D’ailleurs, en observant ce qui se passe aux USA, on en vient à penser qu’avec les bons avocats, on trouve toujours une faille dans la loi. Il semble évident que la justice condamne le pauvre innocent et acquitte le riche coupable.

ADN messager

Faire analyser son ADN peut révéler des surprises.

C’est devenu très à la mode, en particulier dans les pays anglo-saxons. Et, comme toujours, cette mode a des conséquences imprévues. The gift, une émission de BBC4, en étudiait quelques-unes.

Certains ont ainsi découvert que leurs parents n’étaient pas ceux qu’ils croyaient. Adoption qui n’avait pas été avouée, infidélités, mais aussi erreur ou malversations. Cela a montré que les pratiques de l’insémination artificielle pouvaient se prêter à l’erreur, et les donneurs de sperme n’étaient pas toujours volontaires, et que, en ce qui concerne cette activité, certains médecins avaient beaucoup donné de leur personne, et qu’eux et d’autres se trouvaient avec des centaines d’enfants. (Avec ce que cela signifie de risque de consanguinité ?)

Plus curieux : une personne a découvert que son (excellent) père était un parricide en cavale.

Et il y a plus classique : découvrir que l’on a une maladie génétique, ou que l’on n’a pas les origines que l’on se croyait.

Surtout, c’est la fin de l’anonymat : il suffit que vos proches aient craché dans un plastique pour que votre ADN soit connu…

Ce qu’il y a de curieux est que l’on est tout à fait capables de prévoir les difficultés à venir, mais que l’on ne fait rien pour les prévenir, ou, du moins, en débattre démocratiquement :

Angleterre, Europe, Jihadisme…

Quoi de neuf dans The Economist ?
En dehors des règlements de compte de Barack Obama, dont je parle ailleurs, on y voit David Cameron annoncer un referendum à son peuple sur l’appartenance de son pays à l’Europe. C’est pour 2017. Entre temps, il se fait fort d’obtenir des concessions des autres Européens. Apparemment, il aurait tort de se priver, l’Allemagne et la France n’auraient rien à lui refuser. L’Angleterre subit un curieux phénomène. On y travaille de plus en plus, mais on y produit de moins en moins. Parce que le système bancaire ne laisse pas faire les faillites, et n’a donc pas de cash pour les secteurs qui se développent ? Préoccupant ? Serait-ce pour cela que son gouvernement parle autant d’Europe, alors qu’elle ne préoccuperait pas outre mesure les indigènes ?
On parle aussi du jihadisme en Afrique. Il aurait « saisi des doléances légitimes nourries par la pauvreté, la discrimination, et la mauvaise gestion de gouvernements corrompus ». Qu’arriverait-il s’il parvenait à « contrôler les ressources d’un pays entier » ? Un message en direction des USA, qui ne veulent plus entendre parler d’autre part que chez eux ?
Partout, le monde semble partir à gauche. En Israël, d’abord. Mais peut-être aussi en Allemagne. Les prochaines élections pourraient poser plus de difficultés à la chancelière que prévu. Ce qui devrait lui rendre difficile la réforme de l’Europe. Toujours est-il que le système bancaire européen va subir un contrôle allemand. Ce ne serait pas une bonne idée. Les bulles sont locales, et demandent une gestion locale. Quant aux 50 ans franco-allemands ? Vieux couple.
Sinon ? The Economist pense (comme ce blog), que l’avenir d’Apple est derrière lui. Il est maintenant incapable de bouleverser de nouveaux marchés. Dans un univers devenu concurrentiel, il ne fait pas le poids face à Samsung. Il en serait de même du « leader global » que veut former l’Insead. Donner ce titre à une personne lui tournerait la tête. « Si le leadership a une sauce secrète, c’est peut-être l’humilité. Un patron humble comprend qu’il y a des choses qu’il ne connaît pas. Il n’écoute pas seulement les autres grands pontes de Davos, mais aussi le type de gens qui n’est pas invité, ses clients, par exemple. » Décidément le monde bascule à gauche… (Et The Economist rejoint curieusement ce qu’un de mes commentaires disait de polytechnique.)
On a trouvé le moyen de stocker de l’information dans l’ADN. Toute l’information du monde tiendrait dans un camion. Mais le procédé est coûteux, et ne permet pas une lecture / écriture rapide. Approprié pour le stockage à long terme.