Je fais la plupart de mes courses dans un magasin parce que j’y trouve un certain type de chocolat. Tout est pourtant plus cher qu’ailleurs. En revanche, j’ai découvert un autre magasin, parce que celui-ci est régulièrement en rupture de stocks concernant des articles (pourtant ordinaires) que j’achète.
Voilà ce que ne comprend pas l’acheteur, une engeance qui a connu récemment des heures de gloire. L’acheteur, et le gestionnaire qui dirige actuellement l’entreprise, et l’Etat, cherche à optimiser les constituants, sans vue d’ensemble. Alors que le tout est la loi de la nature.
Un autre exemple : un temps, j’ai travaillé à la question du « packaging » des offres de télévision câblée. Les gestionnaires des cablo-opérateurs cherchaient à éliminer les « petites chaînes » peu rentables. Ce qui avait un double effet : les amateurs de ces chaînes n’achetaient plus rien, et les amateurs d’autres chaînes minoritaires se sentaient menacés !
Il en est de même de l’économiste : il vous parle de substitution : si vous ne trouvez pas telle marque de beurre, vous prendrez telle autre. Eh bien non !
Et voilà pourquoi le véritable entrepreneur, comme l’artiste, n’est pas un homme de chiffres ou de raison.