Principe de vie

Je me fais avoir à tous les coups. Les promesses n’engagent que ce qui les entendent, dit-on. Eh bien c’est mon cas. Et mes interlocuteurs ont bien peu de suivi dans leurs propos. Au bout d’un moment, je commence à percevoir quelque chose de désagréable. Ils ne sont pas cohérents.

Mais voilà, la victime est souvent coupable : mon cerveau est paresseux, il a tendance à prendre ce qu’on lui dit pour argent content, et, surtout, à oublier immédiatement d’où lui vient ses certitudes. D’ailleurs tout notre enseignement vise à nous inculquer ce biais : le bonne élève est celui qui absorbe ce qu’on lui dit, sans le moindre esprit critique, car la critique fait perdre du temps.

En fait, je me demande si chaque homme n’obéit pas à un principe. Pour ma part, j’ai toujours cru à une sorte de recherche collective de la « vérité » (quel que soit ce que signifie ce mot). Pour moi, la gloire personnelle n’a aucun sens. Cela n’est pas nécessairement un bien, d’ailleurs : ma responsabilité en est allégée. Mais je ne peux pas faire autrement. Pour le reste, je pense que ce qui domine actuellement la société est l’individualisme. Son principe est d’avoir le dernier mot. Donc de manipuler le discours en fonction de son intérêt du moment. Ce qu’on a fini par appeler sophistique.

Pizza d’Amazon 

Des beaux esprits nous expliquent à longueur de billets que M.Bezos dit que dès qu’une équipe a besoin de plus d’une pizza, elle est trop grande. Mais qu’attend notre administration pour appliquer ce principe ? (Je note qu’il me faut une pizza pour moi tout seul…)

Or, je lis que le mal d’Amazon est sa bureaucratie ! (Ce que confirme un ami qui en a démissionné il y a quelque temps, extrêmement frustré justement pour cette raison.)

Amazon is laying off dozens of people in its communications department, the latest culling of the corporate workforce amid executives’ efforts to cut costs and reduce bureaucracy

Bloomberg (@bloomberg.com) 2025-01-29T19:41:26.412Z

L’enseignement que j’en tire ne concerne pas Amazon. Il s’agit du phénomène « fausse nouvelle ». Il est beaucoup plus répandu qu’on ne le pense. Par manque de rigueur intellectuelle et d’esprit critique, nous sommes tous en danger d’en être coupables.  

Schadenfreude

Celui qui suit ce blog doit soupçonner que je me réjouis de la débâcle des « climato-enthousiastes ».

Non que je ne pense pas que l’homme réchauffe le climat. Je crois même que nous faisons face à des problèmes bien plus graves. Celui-ci n’est qu’une diversion.

Mais ils représentent tout ce que je hais. Pire qu’un maccarthysme de gauche : le totalitarisme. Et la négation de la rigueur scientifique et de la démocratie. Et ils sont « chiants ». C’est ce que le moralisme fait de pire.

Comment a agi le « microcosme » qui en était le coeur ? Par « l’influence », par la manipulation des esprits, par la terreur. Il a prétendu qu’il y avait un « consensus scientifique », alors que la science n’est que recherche, donc doute. Manipulateur de mots, il a inventé « l’anthropocène ». Et même « gauche ». Car qu’avait-il de gauche, ce groupe d’ultra-privilégiés qui hait ses semblables ? Mouvement de Tartuffe, il terrorisait la société par la censure morale, la « cancel culture », et niait la réalité des maux de son prochain, tout en faisant le contraire de ce qu’il prônait. Il aurait été intéressant de lui demander un « reporting écologique », qu’il imposait aux entreprises.

Mais il y a bien pire que ce microcosme : la masse bêlante des « suiveurs » qui le singeait. Et dont une partie retourne sa veste. La banalité du mal.

Bien sûr, il n’y a rien de neuf. C’est l’inquisition catholique, Les possédés de Dostoievsky, L’homme révolté de Camus. La folie de l’utopie qui saisit l’intellect pur. Pourrait-on l’éviter ? Ou, avons-nous besoin, de temps à autre, de nous rappeler de son existence ?

Le changement, ça s’étudie ?

J’étudie le changement depuis pas mal d’années. Il m’a fallu tout ce temps pour comprendre que je n’étais pas comme le reste de la population. Pour elle, il n’est pas concevable que le changement s’étudie. Le changement c’est obtempérer à ses désirs. Que trouverait-elle si elle l’étudiait ?

Les Anglo-saxons disent qu’il y a ceux qui « do things right » et ceux qui « do the right thing ». Ce sont les seconds qui réussissent le changement.

Tout tient à une question de systémique. Celui qui fait « ce qu’il faut » voit la situation dans son ensemble. L’autre obéit à l’impulsion du moment. Il fait très bien ce qui lui semble dans son intérêt. Seulement, il passe à côté de son intérêt réel. En particulier, généralement, il nuit à la société dans son ensemble, dont dépend son bonheur et son succès, en dernière analyse.

Exemple classique : pour se chauffer, il scie la branche sur laquelle il est assis.

Sondages

Qui fait encore confiance aux sondages ?

Ce qui est surprenant est à quel point les sondeurs n’ont plus l’esprit scientifique. En fait, ils conçoivent des dispositifs compliqués et nous disent que ce qui en ressort est la réalité.

Mais pourquoi ne vont-ils pas vérifier que c’est bien le cas ? Peut-être qu’ils feraient des découvertes ?

Lorsque je faisais des études de marché, avec les mêmes moyens que les sondeurs, j’avais un objectif pratique : orienter les décisions de mes clients (entreprises). J’avais constaté que ce qui « marchait », c’était de segmenter le public selon des « comportements ». On ne cherchait pas une grande précision, seulement des ordres de grandeur. Cela donnait de très bons résultats, et a permis, notamment, de régler quelques casse-têtes. En particulier, il est fréquent que le gros d’un chiffre d’affaires soit fait par un petit nombre de clients. Et s’ils avaient quelque-chose de commun ? Eh bien, c’est généralement le cas !

On verra dans ce blog que je me demandais pourquoi M.Trump n’étais pas distancé dans le coeur des électeurs, alors qu’apparemment tout allait bien aux USA. J’ai découvert que des journaux avaient mené des études qualitatives auprès d’indécis et que ceux-ci avaient le sentiment de bien mieux vivre sous Trump que sous Biden, ils appuyaient leur jugement sur des faits. Cette explication est celle qui, aujourd’hui, paraît faire consensus à gauche et à droite…

Stratégie en avenir incertain

Que faire face à Trump ?

Il me semble que tout le monde attend qu’il « dévoile ses batteries ». Et de voir ce que donnent les premières salves.

Exemple type « d’avenir incertain ». M.Trump se veut imprévisible. D’ailleurs, il est probable que sa tête n’est que chaos.

Face à une telle situation, j’ai longtemps enseigné la « stratégie en environnement incertain » (avec un total insuccès !). Que dit-elle ? Trois idées :

  • Changer l’avenir à son avantage. En fait, M.Trump n’est pas imprévisible : il cède à la force. Ses points faibles sont ses intérêts propres, et son programme électoral.
  • S’adapter. C’est la résilience. Principal outil : la solidarité.
  • L’option. Laboratoire. Mettre au point des savoir-faire nouveaux « au cas où ». Cela signifie qu’il faut « cultiver sa différence », les « idées neuves » et surprenantes, car, par définition, les techniques d’aujourd’hui ne conviendront plus à demain… Mais il faut le faire habilement, avec un minimum de dépenses.

TAN et cerveau

Ancienne émission portant sur l’évolution de l’homme.

Il en ressortait que notre « zéro artificialisation nette » a quelque chose de ridicule. Car il n’y a rien de plus artificiel que l’agriculture, et que la nature.

Quant à l’homme, son cerveau rétrécit, alors que, jusqu’ici, la constante de son développement était la croissance. Explication possible : spécialisation.

En fait, comme semblent le montrer les travaux de Robert Cialdini, l’homme utilise le moins possible son cerveau. Il suit des euristiques (si quelqu’un semble admiré, je dois adopter son opinion, par exemple). Avenir de zombies ?

Heureusement, peut-être, tout Yang a un Yin : dans ce cas, l’individualisme, qui cherche à exploiter les règles implicites de la société à son profit, et qui nous rappelle, de temps à autre, de nous tenir sur nos gardes ?

Auschwitz

On parlait d’Auschwitz.

Le discours officiel consiste à dénoncer Hitler comme le diable.

Etrangement, Hitler n’est pas arrivé par l’opération du saint Esprit. Il résulte d’une crise mondiale et de manoeuvres politiques de gens les plus respectables. Quant à la France, la vertueuse SFIO a quasiment adhéré comme un seul homme au Pétainisme, ce qui n’a pas été le cas du Colonel de la Roque, qui pourtant semblait le mal incarné.

Leçon d’Auschwitz : quand on n’entend pas le d’espoir du peuple, tout peut arriver ?

Kant et le green deal

Le green deal a apparemment du plomb dans l’aile.

Que devrait-on faire si l’on désirait sérieusement réaliser une transition climatique ?

Peut-être écouter Kant. Il dit, en gros : fais ce que tu aimerais que les autres fassent.

En effet, la question de la transition climatique me semble se résumer à une idée très simple. La terre entière veut adopter le comportement de l’Occidental fortuné. Cela veut dire, eu égard au nombre d’habitants des pays en développement, que les émissions de CO2 seront, demain, probablement dix fois celles qu’elles sont aujourd’hui.

Par conséquent, le changement se ramène aussi à une idée simple : que l’Occidental fortuné trouve un mode de vie, tout aussi admirable que le précédent, mais qui émette dix fois moins de carbone.

(D’ailleurs, si le comportement de l’Occidental fortuné se répand, il ne faudra peut-être pas que se préoccuper de carbone : l’air sera irrespirable, et la nourriture mortelle…)

Démocratie allemande

si les législateurs adoptent des lois, la société civile fixe des contrats qui ont valeur de loi dans ses domaines de compétence. Les décisions sont toujours collectives.

Article

Etonnante Allemagne. Les lois, contrairement à chez nous, « viennent d’en bas ». En fonction des sujets (entreprise, audiovisuel…), des groupes de citoyens concernés sont formés et discutent entre eux des règles qui doivent s’appliquer.

Dans l’audiovisuel public, le conseil de surveillance est composé de membres de ces « groupes constitutifs de la société » que sont les parents d’élèves, les trois religions reconnues (protestante, catholique, juive), les mouvements des handicapés, etc.

De ce fait, la société allemande est en permanence consultée.

Ainsi que le dit l’article, c’est un type de « proportionnelle » dont nous n’avons aucune idée.

En revanche, si ce mécanisme paraît miraculeux, les résultats qu’il donne ne le sont pas : l’Allemagne ne semble pas mieux partie que la France ou l’Angleterre…