Je me fais avoir à tous les coups. Les promesses n’engagent que ce qui les entendent, dit-on. Eh bien c’est mon cas. Et mes interlocuteurs ont bien peu de suivi dans leurs propos. Au bout d’un moment, je commence à percevoir quelque chose de désagréable. Ils ne sont pas cohérents.
Mais voilà, la victime est souvent coupable : mon cerveau est paresseux, il a tendance à prendre ce qu’on lui dit pour argent content, et, surtout, à oublier immédiatement d’où lui vient ses certitudes. D’ailleurs tout notre enseignement vise à nous inculquer ce biais : le bonne élève est celui qui absorbe ce qu’on lui dit, sans le moindre esprit critique, car la critique fait perdre du temps.
En fait, je me demande si chaque homme n’obéit pas à un principe. Pour ma part, j’ai toujours cru à une sorte de recherche collective de la « vérité » (quel que soit ce que signifie ce mot). Pour moi, la gloire personnelle n’a aucun sens. Cela n’est pas nécessairement un bien, d’ailleurs : ma responsabilité en est allégée. Mais je ne peux pas faire autrement. Pour le reste, je pense que ce qui domine actuellement la société est l’individualisme. Son principe est d’avoir le dernier mot. Donc de manipuler le discours en fonction de son intérêt du moment. Ce qu’on a fini par appeler sophistique.