Rien ne va plus

M.Trump se moque de Taiwan et impose des droits de douane de 25% à l’Europe. La BBC, ce matin, ne savait plus quoi penser.

M.Trump est une sorte de virus. Il n’obéit à rien de ce que l’on enseigne à l’école. Ce qui est vrai et juste est ce qui lui passe par la tête. Les nobles d’antan auraient parlé de « bon plaisir ».

D’une certaine façon, cela explique son succès : il prend en défaut tout ce à quoi nous avons été déformés pour croire dur comme fer. (En cela, il n’est pas très différent de l’entrepreneur américain moyen, et, probablement aussi, du gangster.)

Comment le corps social va-t-il réagir au virus ?

(PS. Le virus a le doigt sur le bouton atomique…)

Lièvre vert

Hier, il était écrit dans la Tribune : « L’Europe donne un coup de frein à ses ambitions climatiques« .

Nos écologistes auraient-ils dû lire le lièvre et la tortue ?

Ou mes livres. Car le changement en force ne passe jamais. (Sauf bombe atomique ou équivalent.) Pour qu’il réussisse, il faut une forme de consensus populaire.

Et, à ce jeu, le « populiste » est beaucoup plus habile que l’intellectuel. Surtout s’il passe après que celui-ci se soit aliéné la population ?

(Kurt Lewin semble avoir vu juste, il y a une « bonne forme » de changement. Un changement « démocratique », qui aboutit à un consensus intelligent, et non « populiste ». C’est ce qu’il nomme le « changement planifié ».)

Anti politique

Le mal des organisations, c’est la politique. On y lutte pour le pouvoir. Et, à ce jeu, c’est le plus mauvais qui gagne. Cela est vrai pour l’Etat et pour la grande entreprise. On ne le constate jamais autant qu’aujourd’hui.

Comment éviter ce phénomène ? Je soupçonne que le mal vient du « gras ». Plus les membres d’une organisation sont protégés, plus ils s’inventent une raison d’être incompatible avec l’intérêt général. C’est ce que Robert Merton appelait « displacement of goals ».

La solution est probablement une structure « maigre » ou ce que l’on nomme « l’entreprise libérée ».

Seulement, comment y parvenir ? Pression des événements ?

Gérard de Nerval

Je ne m’étais pas intéressé à Gérard de Nerval. A tort ?

Les Nuits de France Culture lui consacraient une rétrospective.

Gérard de Nerval a un style élégant et aérien, sa prose est un poème. En un mot, il exprime ce que les universitaires, qui l’étudient, sont incapables de dire en toute une émission.

Effet « je ne sais quoi » : ils passent à côté de l’essentiel ?

Mars attacks

Lors de l’attaque de la Terre par les extraterrestres de Mars attacks, le gouvernement français, hilare, annonce que la crise est finie : il a négocié un accord avec l’envahisseur. A l’image suivante, la France est rasée.

A en croire ce que je lisais hier, M.Macron est fidèle à cette tradition. (Je note au passage que Elon Musk a quelque chose des Martiens du film…)

Mais quand cesserons-nous d’être ridicules ?

(Apparemment MM.Sarkozy et Kouchner avaient donné le même spectacle lorsqu’ils sont partis négocier avec M.Poutine…)

Pas de résistance

Je lisais que la presse américaine s’étonnait qu’alors que la première présidence Trump avait été traitée par la dérision, il n’y ait aucune résistance, cette-fois.

Une hypothèse tirée des observations de ce blog :

La plupart des mouvements de foule ne sont pas spontanés, ils sont organisés. Comment ? cela demeure un mystère. En tous cas, ils semblent aux mains d’un « microcosme ». Or, je soupçonne que celui-ci a été sévèrement ébranlé par la victoire de Trump. Autre possibilité : ses moyens d’actions sont devenus impuissants.

Bien sûr, il y a des exceptions. Les « gilets jaunes », par exemple. Peut-être aussi ce que l’on appelle le « populisme ». Il me semble qu’alors sont en jeu des intérêts vitaux, voire des valeurs communes. Peut-être est-ce la « société » qui réagit ?

(Ce qui pourrait signifier que ceux qui subissent sans réagir, comme les Palestiniens ou Libanais, ne sont pas, au fond, une société ?)

Abandon

Vendredi matin, j’entendais la BBC dire que l’armée locale avait été victime de « neglect ».

« Neglect » a été à la mode. C’est le « laisser faire ». La croyance, agréable, que le marché doit être laissé à lui-même.

Or, une société est comme un jardin. Elle s’entretient. L’avenir appartiendra probablement aux cultures qui sont capables de construire des organisations solidaires et efficaces, qui cherchent le succès dans leur travail et ne croient pas au miroir aux alouettes de la spéculation pour start-up.

Château en Angleterre

L’Angleterre est fameuse pour ses châteaux, qu’on appelle « maisons » là-bas, propriétés de la noblesse. Je lisais qu’un temps, on les avait démolis. Ils étaient trop chers à entretenir, et avaient mauvaise réputation : leurs propriétaires devaient leur fortune à l’esclavagisme.

Or, les familles qui en furent propriétaires sont toujours à la tête du pays. Et leurs enfants, « élite intellectuelle », prônent la repentance. En quoi celle-ci est-elle due à la mauvaise conscience de devoir ses privilèges à des comportements répréhensibles ?

Attention

Recommandation au premier ministre britannique : parler simplement, Donald Trump a une capacité de concentration limitée à quelques minutes. (BBC, hier matin.)

Quand on pense aux délires de notre élite intellectuelle des Lumières concernant la démocratie et le droit de vote devant donner le pouvoir au plus compétent…

La force de la démocratie ne tient pas à ses gouvernants mais à sa société ?