Durabilité

Découverte récente : Longtime (https://longtimelabel.com/). C’est une norme de « durabilité ».

Plusieurs faits intéressants, à son sujet :

D’abord, que signifie la durabilité ? Beaucoup de choses. Par exemple, le produit doit être conçu pour être réparé aisément. Ce qui pose des quantités de questions. (Par exemple, est-ce que les pièces nécessaires seront toujours fabriquées dans dix ans ?).

Mais aussi : quel est l’intérêt, pour le fabricant de ne pas programmer l’obsolescence de son produit ?

Ce qui me surprend le plus est que cette affaire ait été du véritable entrepreneuriat. Parti de zéro ce qui est, pour le moment, une coopérative, a créé le seul label de durabilité européen. Elle est parvenue à trouver de très beaux clients, à financer la création de normes, ce qui se révèle un travail éminemment complexe, et à convaincre des organismes de contrôle de délivrer ce label.

On dit que l’Allemagne domine le monde par son art de la normalisation. Longtime serait-il un contre-exemple qui devrait nous ôter nos complexes ?

BBC

Il y a quelque temps, je me suis mis à écouter la BBC. Une langue étrange, le charme du mystère et de l’exotisme.

Rien de mieux pour apprécier ce que nous donne la France ! Car, la comparaison avec Radio France n’est pas possible. Le site de la BBC est moche. Les podcasts sont mal découpés. La BBC a perdu la plupart de ses émissions anciennes (celles qui m’intéressent particulièrement). Et le contenu « intellectuel » est sans commune mesure avec ce que l’on entend sur France Culture. Au fond, nous avons de beaux restes me dis-je.

Mais peut-être aussi n’a-t-on que ce que l’on mérite ? L’Anglais a fait la BBC à son image et il en est satisfait ?

Esprit d’entreprise

Les universitaires du management disent généralement que, sans stimulation extérieure, l’entreprise tend à stagner. Voilà qui n’est pas le discours que l’on entend aujourd’hui.

C’est vrai que l’on parle des vertus de la concurrence. Seulement, elle disparaît bien vite : le monopole semble le destin naturel de l’économie de marché. Car la loi du marché, c’est l’investisseur, et sa loi, à lui, c’est le profit à court terme ?

Ce qui fait que, nouveau paradoxe, les grandes ères de développement économique ont été des périodes de planification étatique. Elle a imposé la modernisation de l’entreprise, souvent par nationalisation ! USA et Europe d’après guerre, Japon et Chine modernes, par exemple. La Start up nation française est obtenue à coups de fonds publics, de même que le « new space » américain.

Autres moeurs

Les chiffres de Tesla sont mauvais, qu’en pensent les Américains ?

D’après l’interview d’un investisseur vue sur le site de Yahoo, Tesla n’est pas un fabricant de voitures mais une entreprise d’intelligence artificielle. En vertu de quoi son titre est sous-évalué. Que les constructeurs chinois semblent avoir pris le dessus sur lui ne compte pas, dans ces conditions : son avenir est la voiture autonome et les « androïdes ». Bientôt, il vaudra plus que les 5 entreprises suivantes combinées. Si son association avec Trump a produit un doublement du titre, cela tenait à ce que l’on pensait qu’elle produirait un assouplissement de la législation du véhicule autonome. (A bas la législation qui protège l’homme !) Autre argument : imaginez que vous ayez investi 1000$ dans Nvidia, il y a quelque temps, combien posséderiez-vous aujourd’hui ?

La spéculation utilise les mêmes mécanismes que l’escroquerie : elle joue sur la faiblesse de l’homme. L’Américain est un être qui ne rêve que de devenir extrêmement riche. A un point tel qu’il est prêt à gober les plus gros bobards. Elon Musk est parvenu à le persuader qu’il était dieu.

En tous cas, cela montre qu’il est dangereux de croire que l’étranger pense comme soi !

Droits de l’homme

Le risque que nous courons est d’oublier qu’il y a plus malheureux que nous.

Il faut reconnaître que, si, pour une fois, l’UE faisait preuve de courage, ce serait bien. Mais nous ne sommes pas seuls. Le sort des Birmans, des Soudanais, des Palestiniens est effrayant. Ils ne peuvent que subir l’oppression. Et peut-être ne sont-ils pas les seuls peuples à souffrir.

Cela présente un danger pour nous. Car l’Occident est supposé défenseur des « droits de l’homme ». Son inaction prouve son hypocrisie. Paradoxalement, alors que, malgré tout, elle aide beaucoup plus le pauvre que les régimes dictatoriaux, elle en retire une bien moins bonne image qu’eux.

Ce que l’on a appelé « droits de l’hommisme » a été particulièrement toxique pour la réputation occidentale. Il serait bien d’apprendre de nos erreurs et de trouver une formule de secours à notre prochain qui soit réellement efficace.

(Oublions les grandes théories et embrassons le pragmatisme ?)

Jules Verne

Une partie de l’oeuvre de Jules Verne serait sombre et pessimiste. Elle ne parle pas de machines futuristes, mais des évolutions de la société. Paradoxalement, elle aurait été plus presciente que son anticipation technique.

L’émission de France culture qui traitait de ce sujet se demandait comment un homme riche et célèbre pouvait avoir eu une telle vision.

Je n’ai jamais aimé Jules Verne. Je trouve qu’il n’écrit pas bien. En revanche, il m’a toujours semblé que beaucoup de ses personnages étaient des révoltés.

Je pense surtout que l’on a une fausse idée de ce qu’est un ouvrage. Bien des livres sont l’affrontement de deux forces opposées. L’une, celle qui représente le bien officiel, gagne. Seulement, on oublie souvent que les mots qui décrivaient son opposé ne sont pas effacés. Ils vivront pour la postérité.

Je crois aussi que l’artiste digne de ce nom est un reflet de ce qu’il voit. Il est plus impressionné qu’impressionniste. Il ne comprend pas le message qu’il nous transmet.

Lâcheté

The silence of the CEOs
A lack of audible protest against Trump’s tariff chaos is one of the biggest failures of leadership in corporate history

Financial Times du 18 avril

Trump nous met en face de nos responsabilités : comment serons-nous jugés par les générations futures ?

Ces dernières décennies, réseaux sociaux aidant, furent des temps de gesticulation… Et maintenant, sommes nous en train de voter les pleins pouvoirs à Trump ?

François Châtelet

J’entendais le philosophe François Châtelet dire que la pente naturelle de l’homme est le système et la doctrine.

A partir de constats « objectifs » on construit le dit système. Et on prétend alors qu’il n’y a « qu’une » vérité. Souci initial de se rassurer qui finit en totalitarisme et terreur. (Curieusement, il citait à l’appui de sa thèse la dénonciation par Foucault de tels systèmes, alors que lui-même semble en avoir élaboré un. En fait, on ne dénonce jamais que le système de l’autre ?)

Le contre-poison serait la prise de conscience que la vérité est multiple.

Je me demande aussi si elle n’est pas en création permanente.

Masculinisme

La grande affaire de la Grande Bretagne, c’est le « masculinisme ». Apparemment manipulés par les réseaux sociaux les, généralement, jeunes hommes se comportent mal vis-à-vis des femmes.

Cela s’accompagne d’une dégradation massive de la condition masculine. (A tel point que l’on a émis l’idée d’un « ministère à la condition masculine ».) Ne serait-ce pas la véritable cause du mal ?

D’ailleurs, Trump, Xi et Poutine ne sont-ils pas les résultats du même phénomène ?

La pensée chinoise constate l’alternance entre le Yin, plutôt féminin, et le Yang, plutôt masculin. Serait-ce ce qui nous arrive ? En tous cas, la particularité de la période féministe que nous avons vécue a été son agressivité. Aux USA, on parle de « féminazisme ». Yang-Yang ?

Saint Simon

Les mémoires de Saint Simon, nouvelle édition. Une émission de France culture de 1983.

Je n’ai pas appris grand chose sur Saint Simon que l’on ne puisse savoir en le lisant. En revanche, l’émission réhabilitait Louis XIV. Je croyais, avec Saint Simon, que Louis XIV avait inutilement défié l’Europe. Ce qui lui avait valu non seulement d’être défait, mais de laisser à la France une dette d’un milliard de livres (ce qui devait être colossal pour l’époque).

En fait, cela aurait pu être de l’auto défense. La France était encerclée…

Quant à Saint Simon, il aurait voulu revenir à une France féodale, régie par de grands seigneurs (lui, en ârticulier), quitte à en abandonner une partie à l’étranger…