Rallumer les Lumières

Mon billet Trump et les Lumières me fait penser que l’Occident a peu de mémoire.

Un courant de pensée l’a fait ce qu’il est. Mais, tout est oublié. Après l’enthousiasme des temps anciens, la question est devenue un sujet de cours barbant, et, sur la requête des révoltés de 68, on l’a abandonnée.

(Seuls Musk et ses « techno fascistes » qui regrettent, ces temps anciens ?)

Situation dangereuse ? Nous vivons sur notre héritage comme s’il était un acquis. Mais, peut-on faire revivre le souffle épique qui a porté notre société depuis la Renaissance ? Tout le beau de la passion semble passé. L’avenir s’annonce poussif ?

Mode Poutine ?

Paradoxal Canada. Pacifique aux limites de l’ennui. Pourtant les USA lui déclarent la guerre. Syndrome ukrainien ?

Peut-être. L’émission de Christine Ockrent expliquait que si la prise du Canada semblait une idée propre à Trump, les conservateurs américains avaient des plans agressifs. Changement aux USA ? Après avoir été les leaders du « monde libre », ils se replient sur leur Lenbensraum, qui, comme celui d’Hitler, inclut ses voisins ? (D’après une étude citée par ce blog, ce mouvement de va et vient entre le prosélytisme et l’autarcie serait une caractéristique d’un peuple puritain hésitant entre le désir de convertir le monde et celui de ne pas être contaminé par l’impur.)

En tous cas, l’action de Trump aurait provoqué le plus important renversement de tendance qu’ait connu une élection démocratique, selon la BBC. Les invités de Christine Ockrent croyaient pouvoir dire que Trump était une mauvaise affaire pour les partis d’extrême droite. Il démontre leur incompétence. Le peuple recherche maintenant des gens « sérieux ».

L’un d’entre eux semblait appliquer ce qualificatif à M.Macron. L’électeur français partage-t-il son opinion ? Que signifie « sérieux » ? Un homme politique professionnel est-il un « homme sérieux » ? Mark Carney, le premier ministre canadien, est un banquier, qui a vécu la crise de 2008 et le Brexit. Un genre de De Gaulle ?

Le plus surprenant peut-être est que le Canada, si riche et calme, nous ressemble. Il connaît une crise du pouvoir d’achat depuis longtemps, ce qu’un « pseudo Trump » était en train d’exploiter. Apparemment, il y aurait des dysfonctionnements au sein de l’Etat et entre provinces, qui ne commercent pas ensemble. Le message de Trump : remettons nos affaires en ordre ? (Et l’enseignement qu’il nous donne : et ce pour mieux coopérer avec le reste du monde ?)

Lacenaire

Lacenaire fut une célébrité. Le bourgeois assassin. L’ancêtre de nos bourgeois bohèmes ? Il a inspiré Dostoievsky et quelques autres, dont Les enfants du Paradis, où je l’avais rencontré.

Son procès fut son moment de gloire. Il se fit connaître, reçu le tout Paris dans sa geôle, et écrivit ses mémoires.

Mais sa réputation me semble avoir été surfaite. Il paraît un criminel maladroit et peu efficace. En revanche c’était un duelliste redoutable : il a fait au moins deux victimes. Seulement, en ce temps, c’était une qualité.

Trump et les Lumières

Je lis un livre qui était à mon programme de terminale, mais dont il n’a pas été question : La pensée contemporaine. Il date de 1970.

Que pensait-on dans les années 60 ? Montaigne, Descartes, Montesquieu, Rousseau, Voltaire, la science moderne, triomphante, et les débats qu’entraîne la signification qu’on veut lui donner (on a droit à quelques considérations de l’inévitable Einstein).

En lisant cela, que je ne suis pas sûr de comprendre, tant ce qui semblait évident à l’époque a été effacé de nos esprits, je me demande si ce n’est pas l’exact opposé de ce qu’est Trump.

Car l’obsession des auteurs cités, je crois, c’est la raison. La raison signifie dominer ses passions (Descartes), mais surtout, ce que l’on a oublié, c’est que, pour eux, la raison, c’est le règne de la loi. Il me semble que les travaux et débats des Lumières se ramènent à cette seule idée. Accessoirement, de ce monde raisonnable, parce qu’il est raisonnable, naît une pensée scientifique, éminemment complexe. Il en résulte le progrès, qui satisfait le corps et émerveille l’esprit.

Oubli

Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements…

Premier paragraphe de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Nous avons eu depuis bien des malheurs, pourquoi ne nous sommes pas interrogés sur la validité de cette opinion ?

Personne ne sait ce que signifie « droits de l’homme », certes, mais peut-être qu’en s’interrogeant sur la cause de nos difficultés on pourrait s’en faire une idée ?

En tous cas, on voit ici un penchant fâcheux dudit homme : il oublie bien vite ce à quoi il a cru dur comme fer ?

Chaos

Au hasard des entrefilets, j’ai appris que notre président envisageait de dissoudre l’assemblée.

Plus on est de fous, plus on ri, MM.Trump, Poutine, Macron… ?

Auraient-ils besoin d’être, en permanence, le centre de notre intérêt ? Tant qu’ils seront au pouvoir, le calme sera impossible, il signifierait leur oubli ?

(M.Macron aurait-il mal lu les sondages ? Ne devrait-il pas comprendre qu’ils lui disent que le Français ne l’apprécie que lorsqu’il laisse la France tranquille ?)

Requiescat

Cette semaine fut celle du décès de François premier.

En lisant ce que l’on disait de lui, et ce qu’écrit wikipedia à son sujet (tortionnaire argentin ou pas loin), une fois de plus j’ai eu le sentiment « qu’il était encore plus grand mort que vivant ». Peut-être, aussi et surtout, qu’il nous offrait une accalmie au milieu de la folie ambiante. Ce pape avait quelque-chose d’un « anti Trump ». (A tel point que l’on serait fondé de soupçonner que sa rencontre avec le vice président américain lui ait été fatale.) Devrait-on décréter une mort de pape tous les quatre ans, comme le faisaient les Grecs avec leurs jeux olympiques ? Un super Shabbat qui permette aux hommes de constater les dégâts qu’ils sont en train de commettre ?

Selon les journaux que j’ai lus, les voix du conclave sont imprévisibles. En fait, il me semble que, comme les prix Nobel, les papes sont des produits de leur temps. Celui-ci avait des idées « socialement avancées », dans la mesure où la cohésion interne de l’église le permet. Sur quelle nouvelle tendance sociale surfera le prochain pape ? Voix du peuple voix de Dieu ?

La semaine de Trump

Depuis sa prise de fonction Trump fait la une des journaux. Cette semaine son indicateur d’activité a faibli. Il plierait face aux Chinois. Et les sondages ne sont pas bons pour lui : son coeur de fidèles tient ferme, mais pas le reste de la population. Seule la question de l’immigration paraît satisfaire l’opinion. (Ce qui semble signifier que ce sujet, dont il était interdit de parler jusque-là, était un souci sérieux.)

Qui est Trump ? Ce qu’il a toujours été, je crois. Un agent immobilier et un grand bateleur, organisateur de spectacles de cirque. Il navigue à l’instinct, fonce comme une brute, mais face à plus fort que lui, il change de cap, sans arrière pensée. « Rigueur intellectuelle » n’est pas américain.

Il me semble aussi qu’il a une stratégie, comme tout homme d’affaires (il mélange, d’ailleurs, ses affaires à celles de l’Etat). Il veut résoudre le « problème français » : sa nation dépense plus qu’elle ne gagne. Elle ne peut plus nourrir ses « gilets jaunes » (« red necks » en traduction locale). Et cela, parce qu’elle a abandonné la production de biens matériels et ce qui lui est nécessaire. Pour renverser la situation, brutalement, il adopte une politique protectionniste et prédatrice. Comme le disait un invité de Christine Ockrent, samedi avant dernier, c’est aussi un pacifiste. Peut-être parce que la guerre est une catastrophe commerciale ? Commercer avec la Russie serait bon pour les intérêts de l’Amérique.

Serait-il rattrapé par la complexité du monde, comme je le prévoyais ? En tous cas, il serait certainement dangereux d’attendre qu’il échoue, sans rien faire. Car que ce soit bon ou non pour l’Amérique, le monde est en mutation, et les passifs seront les perdants du changement.

Hitler

En 1989, la BBC interrogeait une secrétaire d’Hitler. Elle en gardait un très bon souvenir. Il avait rendu sa fierté à l’Allemagne, l’avait remise en ordre et avait donné à manger au pauvre. (Elle ne fut pas loin de dire que Hitler  » had made Germany great again »). Pour le reste, il était simple, charmant et paternel.

Ce qui rejoignait ce que disait une femme de la noblesse anglaise qui avait terminé sa formation en Allemagne.

Les Staline ou les Hitler ne sont pas des monstres, ce sont des hommes normaux ? Et l’homme normal peut facilement devenir un Staline ou un Hitler ? Dommage que l’on n’enseigne pas cette vérité ?

L’ordinateur des pompes funèbres

Un de mes sujets favoris : l’inefficacité crasse de l’intelligence artificielle.

On nous dit maintenant qu’il faudra l’énergie de 9 centrales nucléaires pour faire marcher les ordinateurs qui créent les modèles dont a besoin l’intelligence artificielle.

https://bsky.app/profile/businessinsider.com/post/3lnkxst6jy72b

Ce qui signifie que nous avons fort peu d’intelligence humaine. Le monde est dirigé par une poignée de fanatiques.