L’affaire du moment, en Angleterre, c’est British Steel. Le propriétaire chinois voulait fermer l’entreprise. On entend dire que la nationalisation est imminente. En attendant, le gouvernement anglais se met en quatre pour lui trouver du charbon.
Après-guerre, le British Steel initial avait été nationalisé pour le moderniser. C’était aussi la raison des nationalisations en France, au même moment. On a oublié que la libre entreprise est souvent paresseuse. Ce n’est pas l’innovation qui motive l’actionnaire, mais le profit !
« British Steel » tout un symbole ! On redécouvre l’industrie, l’importance de l’acier, en ces temps de Trump, et que l’on ne peut pas encore se passer de charbon. Revirement politique sans précédent : hier l’ultra-nationaliste Thatcher n’avait pas craint de vendre au capitalisme international les joyaux de la couronne ; il y a encore peu, on entendait beaucoup d’hommes politiques présenter le Chinois comme l’avenir de l’Angleterre libérée par le Brexit ; aujourd’hui, on prend conscience que le capitalisme chinois est mafieux ; et, qui sait ? qu’il sert peut-être la politique de son pays. Car, sans producteur local, les Anglais devaient acheter de l’acier chinois…
(Sujet complexe, où l’on retrouve domination chinoise, surproduction et coût de l’énergie.)