British steel

L’affaire du moment, en Angleterre, c’est British Steel. Le propriétaire chinois voulait fermer l’entreprise. On entend dire que la nationalisation est imminente. En attendant, le gouvernement anglais se met en quatre pour lui trouver du charbon.

Après-guerre, le British Steel initial avait été nationalisé pour le moderniser. C’était aussi la raison des nationalisations en France, au même moment. On a oublié que la libre entreprise est souvent paresseuse. Ce n’est pas l’innovation qui motive l’actionnaire, mais le profit !

« British Steel » tout un symbole ! On redécouvre l’industrie, l’importance de l’acier, en ces temps de Trump, et que l’on ne peut pas encore se passer de charbon. Revirement politique sans précédent : hier l’ultra-nationaliste Thatcher n’avait pas craint de vendre au capitalisme international les joyaux de la couronne ; il y a encore peu, on entendait beaucoup d’hommes politiques présenter le Chinois comme l’avenir de l’Angleterre libérée par le Brexit ; aujourd’hui, on prend conscience que le capitalisme chinois est mafieux ; et, qui sait ? qu’il sert peut-être la politique de son pays. Car, sans producteur local, les Anglais devaient acheter de l’acier chinois…

(Sujet complexe, où l’on retrouve domination chinoise, surproduction et coût de l’énergie.)

Terre morte ?

Les terres rares sont le nouveau pétrole. Et bien pire ?

Le vert aurait-il transformé la terre en une immense mine ? Le combat contre le réchauffement climatique est une révolution industrielle. Jamais nous n’aurons eu autant besoin de machines, et ces machines de « terres rares ». Or, pour les obtenir, il faut lessiver à la chimie des espaces immenses ! (Bizarrement, on ne parle plus alors « d’artificialisation » !) La Birmanie est en coupe réglée. Le Brésil doit bien plus craindre l’écologiste que le bûcheron. Vue la vitesse à laquelle notre consommation augmente, la surface de la planète suffira-t-elle ?

L’avenir est-il au conflit ? Les Chinois dominent ce marché, que les Américains leur ont abandonné volontairement. Et ils le doivent à une stratégie déterminée et à beaucoup de sacrifices. On comprend qu’ils soient prêts à défendre vigoureusement cet avantage chèrement acquis. Déjà la guerre d’Ukraine pourrait être une question de terres rares. Elle possède 5% des réserves mondiales.

(Une émission de la BBC.)

Gatsby le magnifique

Gatsby le magnifique a un siècle. La BBC rediffuse un feuilleton qu’elle lui a consacré.

Wikipedia m’a appris que Gatsby fut un échec et que Scott Fitzgerald est mort alcoolique et désespéré. Quelques années plus tard, l’armée distribuait le livre à ses troupes, et l’on découvrait sa valeur. Depuis le succès n’a pas faibli.

A quoi tient le jugement de l’histoire ? Mais aussi, la véritable gloire est si souvent posthume ! Le talent est d’un côté, l’argent de l’autre ? La loi du marché ?

Ich bin ein Berliner

Witness history de la BBC rappelle le Kennedy de « Ich bin ein Berliner ». Kennedy le combattant de la liberté, l’ami de l’Europe.

On ne peut pas rêver plus opposé à Trump et à la politique actuelle des USA. Pas de mémoire, pas de fidélité, que l’intérêt à court terme.

Au fond, c’est peut-être la morale des affaires : seul mon bon plaisir compte, et les promesses n’engagent que ceux qui les croient ?

Fin d’Apple ?

Une de mes idées reçues est que le dieu d’Apple est mort. Cette société ne vivait que par la créativité de Steve Jobs.

Biais de confirmation ?

Even before President Trump’s tariffs threatened to upend Apple’s manufacturing business in China, there were questions about the company’s inability to make good on new ideas, fueling angst among employees and customers.

The New York Times (@nytimes.com) 2025-04-11T16:38:31.312Z

Problème général ? Une grosse partie de la valeur de la Silicon Valley provient de supposés extraordinaires revenus à venir. Et si cet avenir se rapprochait et n’avait rien de ce que l’on espérait ?

Farce artificielle

Article linkedin. L’un dit à l’autre : c’est trop long !

Alors, l’un demande à ChatGPT : résume-moi ce texte.

Résultat : un texte plus long que l’original !

Ce que ChatGPT et la folie de l’intelligence artificielle révèlent est à quel point l’homme est crédule ? Au fond, inné ou acquis, il rêve de ne plus utiliser son cerveau ? C’est pourquoi il est aussi séduit par la promesse de pouvoir le sous-traiter ?

Faux jumeaux

On entend beaucoup parler, depuis pas mal d’années, du « jumeau numérique ». Désormais il est possible de faire un double numérique de n’importe quoi.

En fait, me disait-on, c’est grossièrement faux. On ne sait pas reproduire le comportement de beaucoup de matériels. Même un logiciel existant pose des difficultés. Il peut être obsolète ou il peut faire l’objet d’un contrat qui en limite l’usage.

Faute d’avoir une panacée, on continue à faire comme on a toujours fait : un modèle du « problème à résoudre » au coup par coup, avec les moyens du bord (souvent « physiques »).

Nous vivons à l’ère du marketing et du mensonge. Mais personne n’en éprouve aucune honte. Consternant.

Et l’Europe ?

Maelstrom Trump. Comment l’Europe peut-elle se tirer d’affaire ?

Va-t-elle se faire submerger par les produits chinois ? Les Chinois se veulent rassurants : ils vont relancer leur consommation interne.

Va-t-elle s’allier au Chinois, et encourir l’ire américaine ?

Ou va-t-elle symboliser une troisième voie ? Celle d’un capitalisme à visage humaine ? Voire celle de la démocratie, digne de ce nom ?

“So many countries around the world” want to work with the EU “to balance the system and to have free trade really competing on quality and not around tariffs,” von der Leyen told the FT during the chummy interview, adding that Trump’s moves also prompted talks with Malaysia, Thailand, the Philippines and Indonesia.

Politico.eu 11 avril

La réponse tient probablement à la durée et à la sévérité de la crise. L’oisiveté est mère de tous les vices…

Ligne de Trump

Trump est-il imprévisible ? On lit soit que Trump ne sait pas où il va, soit qu’il a une stratégie subtile.

Comme souvent, il me semble que la réalité est au milieu. Je crois que, pour comprendre où il va, il faut en revenir à l’Ukraine et à Israël, dont, curieusement, on ne parle plus. Il disait régler ces conflits en un jour. Résultat : ils sont devenus ses Vietnam.

Pour l’économie, il pensait faire de même, à mon avis. Un gros coup de bluff et l’on gagne immédiatement de grosses concessions irraisonnées, sous l’empire de la peur. Ensuite on impose des droits de douane de 10%, ce qui permet à l’industrie américaine de renaître, et de combler le déficit commercial chronique américain. Et on démantèle les lois européennes anti GAFA, ce qui fait plaisir à ses nouveaux alliés, et financiers.

Et maintenant ? Si nous étions intelligents, nous utiliserions la « tactique Sarko » dont il est question dans un précédent billet : nous l’aiderions à sauver la face, en obtenant de lui , en échange, qu’il sacrifie les « privilèges exorbitants » des USA.

Influence américaine

Hier, la BBC rappelait que la raison de la guerre en Ukraine était la volonté russe d’éliminer l’influence américaine de ses frontières.

Depuis la guerre, les USA veulent imposer leur hégémonie. Pour cela, ils ont constitué des alliances.

L’Américain oublie l’histoire, quand ça l’arrange. C’est ce que l’on appelle, chez lui, une « innovation ». Mais l’histoire, elle, n’est que mémoire ?