Correspondance

Je me suis mis à lire un recueil de correspondance de nos hommes célèbres.

Une solution à mon néant intellectuel du moment ? Je doute à la fois de la science et de la littérature. Comme le courant pragmatique, je n’ai plus foi qu’en l’expérience. Résultat, je ne lis plus rien. L’intérêt de cette correspondance est qu’elle est bien écrite. Elle a même souvent du génie. En revanche, elle ne m’apprend pas grand chose. La sélection privilégie l’anecdote. Bref, je ne suis jamais content.

Notre correspondance n’est plus écrite, ou est mal écrite. Elle n’est plus construite. Si elle devait être rédigée, les fautes d’orthographe et de syntaxe la rendraient incompréhensible. D’ailleurs, nous ne parvenons plus à lire le caractère manuscrit. C’est un des changements qui se sera déroulé de mon vivant. Je me souviens d’une enfance sans téléphone et de lettres interminables. Pourtant je suis d’une famille de gens modestes et peu instruits.

Le Japon en guerre

Lorsque le Japon a déclaré la guerre aux USA, il était en guerre depuis 10 ans. Il construisait un empire de 8m de km2. Il avait constaté que les USA le gênaient. Mais il ne s’attendait pas à sa réaction. Il semble avoir confondu Trump et Roosevelt et cru que les USA ne s’intéressaient qu’à leur île et qu’une paix de compromis serait signée.

Initialement, il avait une sérieuse supériorité sur les USA. D’ailleurs, il s’en est fallu de peu qu’il coule tous les porte-avions de la flotte américaine à Pearl Harbor. Comme les Allemands, il a été écrasé par la puissance industrielle américaine.

Phénomène curieux, mais fréquent, la défaite l’a rendu doux et amical.

(Emission.)

Malheur au vaincu ?

Bilan de la situation ? L’Occident a ridiculisé ses valeurs. Ce n’est pas nouveau, le propre de l’Occident est l’hypocrisie. Mais le mouvement s’est accéléré récemment. Malheureusement, ces valeurs ne sont probablement pas sans vertus.

Mais ce qui est nouveau est son affaiblissement, plus ou moins volontaire, à force d’individualisme myope.

Comment les puissances de demain dirigeront-elles l’humanité ? Quel avenir cela promet-il au monde ?

L’Angleterre en guerre

Perfide Albion ? En 40, l’Angleterre aurait compté sur l’armée de terre française. Mais, prudemment, pour la défense de son île, elle avait sa flotte et son aviation. Ce qui lui a effectivement bien servi.

Pour le reste, sa guerre ne semble pas avoir été excessivement glorieuse. Si, en Afrique et en Méditerranée, elle s’en est plutôt tirée, cela tient à ce que les forces allemandes étaient absorbées par la campagne russe. En Asie, elle a été proprement défaite par des troupes japonaises inférieures en nombre…

Finalement, elle aura perdu relativement peu de monde. De l’ordre de 300.000 personnes. Comme les USA.

(Emission.)

Churchill

Fin de la guerre, Churchill est un héros, deux mois après les élections le balaient. Injustice ?

Les Anglais lui avaient gardé rancune de sa conduite erratique d’avant guerre. Et c’était l’homme du passé.

Durant la guerre, il avait gouverné une coalition. Son second, Clement Attlee, le leader travailliste, discret et loyal, lui, avait compris les aspirations de ses concitoyens. Ils désiraient la paix, un minimum de confort, la protection sociale, et l’égalité des sexes.

(Emission de la BBC.)

Charme colonial

J’entendais dire que la guerre de 40 avait prouvé aux colonies occidentales la faiblesse du colonisateur. La perte de prestige qui en découlait leur avait donné l’envie de s’en émanciper.

Ce qui m’a rappelé l’histoire récente du Mali. Le rejet de la France ne viendrait peut-être pas tant d’une allergie au colon que de la ridicule impuissance de l’armée de notre pays.

Une leçon ? Le ridicule tue ?

Irlande

L’Irlande est un des pays les plus riches du monde. (Le second, par tête, selon wikipedia.). Il doit sa fortune à sa faible imposition de l’entreprise. Si bien qu’elle a attiré beaucoup de sociétés étrangères et que 20% de ses revenus viennent d’elles, contre 5% pour la moyenne des Etats.

Curieusement, il n’est pas parvenu à faire profiter l’ensemble de sa population de cette manne financière.

Et voilà qu’arrive Trump. Il constate que le déficit commercial des USA avec l’Irlande est plus important qu’avec l’Allemagne. Et que l’Irlande héberge une grande partie de l’industrie pharmaceutique américaine. Les Irlandais sont très malins, ce qui n’a pas été le cas des hommes politiques américains, dit-il. (Ne pourrait-on penser la même chose des gouvernements européens ?)

L’Irlande, qui ne l’avait pas vu venir, se trouve dans la situation de la cigale de notre fable.

(Ireland’s pot of gold, BBC.)

Quipou

Quipou, petit nom charmant.

Le quipou était utilisé par les Incas pour s’écrire. Le quipou était fait de cordelettes de couleurs et de natures différentes. Peut-être pouvait-on employer aussi bien le toucher que la vue pour les lire ? Il aurait servi, au moins, à l’administration de l’empire. (INSEE avant l’heure ?) (Emission.)

Comme quoi il est rare qu’un problème n’ait qu’une solution ?

Vive le communisme ?

Il y a quelque temps j’écoutais une émission des années 60. Il y était dit que l’économie américaine avait une santé insolente. Pourtant, en y regardant de près, elle était en déficit. Cela tenait à son armée et à sa politique d’aide.

C’était déjà la question qu’essaie de résoudre Trump.

Seulement, si elle se posait alors, c’est que les USA craignaient la menace rouge. Pour que le monde ne bascule pas du côté soviétique, ils avaient intérêt à ce que leur modèle de société se répande. Donc à financer les nations en difficulté. D’où problème posé par Mancur Olson : fatalement cela produit une forme de parasitisme.

Lorsque l’URSS a chu, le problème semblait réglé. Le capitalisme avait gagné. L’avenir serait prospère et pacifique, la croissance économique serait ininterrompue. Seulement les crises qui s’en sont suivies ont torpillé cet espoir. Maintenant M.Trump explore l’option du splendide isolement.

Qu’est-ce qui coince ? Les USA veulent imposer leur façon de voir, sans écouter l’avis de leurs contemporains.

Y a-t-il une autre option ? Celle du communisme : que devant l’ampleur des dangers, les nations se mettent d’accord sur un même système politique et la façon de le réglementer, en en partageant le coût de maintenance. Voir les travaux d’Elinor Ostrom ?

(On raconte que Moïse a demandé à Dieu : le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens cessera-t-il un jour ? Oui, certainement… mais pas de mon vivant. Voilà qui s’applique à mon scénario ?)

Jaws

La BBC fêtait les 50 ans de Jaws, Les dents de la mer. Un film que je n’ai pas vu.

Il a lancé la mode des films à gros succès et celle des films de requins.

Qu’est-ce qui explique son gros succès ? me suis-je demandé. Un requin mécanique qui ne fonctionnait pas ? Ce qui a amené Spielberg, qui ne pouvait l’utiliser, à jouer de la terreur de la menace invisible. De l’utilité de la contrainte ?

Mais aussi, peut-être, comme souvent, des circonstances favorables ? Le système hollywoodien avait produit le bon réalisateur et les bons acteurs… ?