Pop culture

La PME est notre avenir disent les interpreneurs. Mais, la PME fait tout pour nous convaincre du contraire. Regardez ses porte-paroles officiels: ils sont sinistres, ils ne savent que critiquer le gouvernement et se poser en victime. Qui aurait envie de les aimer ? Ils nous convainquent que la PME française est obsolète.

Ce qui m’amène à me demander ce qu’est une communication efficace. Paradoxalement, ce n’est pas une bonne idée de se plaindre. On n’aime pas les victimes. Au fond, ce qui marche le mieux est probablement l’intérêt. Comme le prouve la start-up, il faut faire rêver ? On aimerait le patron de PME s’il avait le pouvoir d’apporter gros à la nation ? De résoudre les problèmes de l’humanité ? De nous trouver un emploi passionnant ?

Peut-être aussi si l’on pouvait s’identifier à lui ?

(Il semblerait que ce soit le cas de Trump : le rêve américain est d’être milliardaire, Trump est un Américain qui a réussi.)

Pauvre Angleterre

Pauvre Keir Starmer ? Déjà qu’il ne semblait pas très fier, il est trahi par sa propre majorité. Son ministre des finances tente désespérément de remettre en ordre les finances de la nation, mais une grosse minorité travailliste a refusé que l’on touche aux « disability benefits » (invalidité), soit 3 ou 4md£, selon les sources. Maintenant, il va falloir augmenter les impôts. Ce qui contrarie les plans du gouvernement, qui ne voyait que la croissance pour sortir la nation du marasme.

(Et, maintenant que l’Europe porte son budget de défense à 5% de son PIB, où l’Angleterre va-t-elle trouver l’argent nécessaire ?)

Mauvais esprit ? Vu de loin, l’Angleterre paraît une nation qui n’a plus d’élan vital. D’un côté des riches qui n’entreprennent pas, de l’autre des pauvres qui vivent d’assistanat (« du pain et des jeux », voilà comment on dirige une démocratie ?). Tout ce système repose sur l’investissement étranger, et sur l’immigration, l’immigré jouant sur le différentiel de niveau de vie entre l’Angleterre et sa nation. Mais c’est insuffisant pour équilibrer les comptes.

On pourrait se réjouir de cette situation, si, d’une certaine façon, elle n’était pas aussi la nôtre.

Nouveau monde

Donald Trump ally seeks to snap up DR Congo mine as US brokers peace deal
Financier Gentry Beach in talks over Rubaya coltan mine as Washington dangles investments to accompany end to regional conflict

Financial Times du 27 juin

Depuis toujours les bons sentiments semblent avoir caché des intérêts que la morale réprouve. Avec Donald Trump on est entré dans une nouvelle ère : le népotisme a pignon sur rue.

Au moins, l’hypocrisie était elle un hommage à la vertu ? Désormais la seule vertu qui compte est l’intérêt ?

Pour être honnête, ce n’est pas surprenant. Dans les mythes fondateurs des USA, il y a les « robber barons ». Les USA doivent leur succès à des êtres sans foi ni loi. Mais, qui ont fini par donner leur fortune à la nation.

(Ce qui expliquerait, d’après certains, qu’ils s’entendent si bien avec oligarques et mafieux. Ils pensent qu’ils sont les précurseurs naturels du capitalisme, le parangon de la vertu, selon eux. Seulement, ils sont très surpris lorsque ceux-ci conservent leur argent.)

Panier percé

L’écart du rendement entre la dette italienne et la dette française est en train de fondre à grande vitesse et pourrait même être insignifiant dans les prochains mois. Un changement de régime majeur alors que le gouvernement français semble incapable d’enrayer les déficits publics.

La Tribune d’hier.

L’impression que j’ai est surtout que ce que ne sait pas enrayer notre gouvernement, c’est sa propension à dépenser. Si notre gouvernement était une personne, il serait sous tutelle ?

Louis Veuillot

Quel talent ! Découverte de Louis Veuillot (1813, 1883), par sa correspondance. Comme Mme de Sévigné, il avait le don d’exprimer sa pensée avec élégance et simplicité. Etrangement, il efface les plus grands auteurs, dont les lettres ne se lisent pas aussi agréablement.

Il ressort de tout cela l’image d’un brave homme. Et pourtant, ce qu’il dit des femmes provoquerait aujourd’hui des arrêts cardiaques chez les moins féministes.

En fait, c’était un ultra, un nouveau converti au catholicisme le plus intransigeant, qui nie même les traditions nationales. Il fut le champion de la réaction contre les idéaux de la 3ème République.

Et cela fut bon pour ses affaires. Il a fréquenté de vieilles comtesses, et, lui qui venait d’un milieu défavorisé, a placé sa descendance dans le haut du panier.

Le paradoxe de l’individualisme

Mon travail du moment me fait prendre conscience d’une bizarrerie. Mes interlocuteurs m’écrasent sous leur compétence, sans s’interroger sur qui je suis. Le phénomène semble général.

Je fais l’hypothèse que notre société est devenue massivement individualiste. C’est le résultat d’un changement réussi.

L’individu veut être ce qu’il y a de mieux. Et ce qu’il y a de mieux est décidé par la société. Ce qui est à la mode. (Exemple : l’intelligence artificielle. Tout le monde en est un expert.) Paradoxe : l’individualisme crée le conformisme ! Mais aussi le conflit : entre personnes identiques, il ne peut qu’y avoir concurrence.

Du fait de ce qui précède, l’individu ignore ses propres particularités. Ce qui le rend unique. C’est en découvrant ce qu’il nie, l’existence de « l’autre », qu’il peut comprendre ce qui le rend particulier ! Et c’est grâce aux autres qu’il peut réaliser son potentiel. 

Ferdinand Buisson

Autre découverte sans suite.

Ferdinand Buisson aurait été l’homme de la laïcité et de l’école de la 3ème République. Son rôle aurait été au moins aussi important que celui de Jules Ferry.

Pour autant, difficile de savoir qui il était. Peut-être un « homme bien » qui, contrairement à ses pairs, était un militant de l’intérêt général plutôt que d’une idéologie particulière ? En tous cas, il fut prix Nobel de la paix, pour ses efforts de rapprochement avec l’Allemagne, après la première guerre.

C’était aussi un protestant. Ce qui m’a fait penser que les protestants, pourtant infime minorité, ont joué un rôle immense dans la conception de la 3ème république.

(Emission de France culture.)

Sarko 2 ?

Soudainement, le discours de M.Trump, vis-à-vis de M.Poutine, change.

Résultat d’une négociation avec les Occidentaux ? Je peux dire à mes électeurs que vous avez augmenté massivement vos dépenses militaires, en échange je dis que j’appuie l’Ukraine ?

Les uns et les autres vont-ils tenir leurs engagements, sachant qu’à long terme, on est tous morts ?

En tous cas, cela pourrait signifier que tout le monde commence à comprendre comment parler à M.Trump.

Et il ne serait pas idiot que tous ceux qui profitent de la démocratie partagent, en fonction de leurs moyens, les frais de sa défense.

(Suite du billet précédent.)

Moment Sarko ?

Hier, j’entendais M.Trump nier la véracité d’un rapport de ses services secrets. Ils doutaient que sa frappe sur l’Iran ait eu les résultats désirés. Du pur Trump. Mais, dans ces circonstances, c’était pitoyable.

Ne serait-il victime d’un « moment Sarko » ? Comme notre président, il se donne des objectifs impossibles, et, lorsqu’il ne parvient pas à les atteindre, il est prêt à tout pour faire croire qu’il a réussi ?

Mariage pour tous

La bigamie serait une invention récente. A peine mille ans. Une invention du catholicisme.

Il a bien essayé d’en faire un péché mortel, mais ça n’a pas pris. En Angleterre, la pratique était courante, en France, les tribunaux considéraient le bigame comme un martyr d’intérêt public (à l’image d’Elon Musk, qui multiplie les ménages, pour repeupler la race blanche).

La preuve ultime qu’il n’y avait pas mort d’homme ? Contrairement à ce qui se passe pour le véritable crime, le nombre de femmes bigames était important.

Voilà ce que je retiens d’une émission de Jean-Noël Jeanneney.