Parasitisme

« Quand je suis le plus faible, je vous demande la liberté parce que tel est votre principe ; mais quand je suis le plus fort, je vous l’ôte, parce que tel est le mien ».

Une phrase attribuée à Louis Veuillot.

Qu’il l’est dit ou pas, elle semble représenter une vérité éternelle. Ceux qui veulent détruire un système exploitent ses vertus.

Ils semblent devoir gagner à tous les coups. Car si le « système » renonce à celles-ci, il perd son âme.

Seulement, il peut aussi dénoncer la manoeuvre. S’il ne le fait pas, c’est bien souvent du fait de son hypocrisie de ceux qui le gouvernent, qui ont un gain à court terme à réaliser avec le parasite ? Ils lui vendent la corde pour nous pendre ?

Musique

Les programmes de nuit de BBC3 m’ont fait découvrir une musique inconnue. Les oeuvres du répertoire se grossissent du féminisme, qui exhume des Louise Farrenc, Fanny Mendelssohn, Clara Schumann, Hildegarde de Bingen, des travaux peu joués jusque-là d’auteurs célèbres (Grieg, Sibelius…), de parents pauvres d’autres célébrités (CPE Bach), de beaucoup de monde éclipsé par les dites célébrités… Et je constate aussi que les Anglais semblent plus aimer le musicien français (Ravel, Debussy, Poulenc, etc.) que nous-mêmes.

Résultat ? Peut-être que les célébrités avaient effectivement plus de génie que les oubliés de l’histoire, mais il était dommage de se priver de la contribution de ceux-ci. Et, bien souvent, le génie est lassant. La modestie fait du bien.

En revanche, je continue à penser que la musique contemporaine est sinistre. Elle n’est pas « populaire ».

Paix mondiale

J’entends dire de Trump : « il suivait déjà cette ligne dans son premier mandat… ». Il avait donc une « ligne » ? Je croyais que c’était un fou ? Désinformation massive ?

En tous cas, une de ses orientations, nous répète-t-on maintenant, c’est la paix.

Et si, l’on reprenait cette idée ? L’occident, pour commencer ? force de maintien de la paix ? Avec partage du coût de l’opération, comme le veut Trump ? Logique de bien commun façon Elinor Ostrom ?

(C’est bon pour les affaires. Cela évite les dépenses militaires, semble-t-il penser. L’argument n’est pas excellent. L’histoire montre que la confrontation militaire est peut-être le seul moyen de créer la concurrence qu’aime tant l’économie de marché. Celle qui est bonne pour l’innovation et la croissance. A moins qu’on ne la remplace par la crise environnementale ?)

Changement à Gaza

BCG modelled plan to ‘relocate’ Palestinians from Gaza
Boston Consulting Group modelled the costs of “relocating” Palestinians from Gaza and entered into a multimillion-dollar contract to help launch a new aid scheme for the shattered enclave, a Financial Times investigation has found.

One scenario estimated more than 500,000 Gazans would leave the enclave with “relocation packages” worth $9,000 per person, or around $5bn in total.

Financial Times du 4 juillet

Le cabinet de conseil aura marqué notre temps. Du mien, le haut fonctionnaire était un esprit d’élite comme on n’en trouvait pas ailleurs. Aujourd’hui, il se dit d’élite, mais il sous-traite son travail.

Et il le sous-traite à des cabinets dont le niveau intellectuel a sombré depuis qu’ils ont choisi la quantité de préférence à la qualité. Il faut ajouter que leur atout, après guerre, était que peu de gens faisaient des études, même primaires.

Dans ce cas on est dans une situation de « conduite du changement ». Un sujet que ces braves gens du BCG ne semblent pas avoir étudié sérieusement. Car n’y a-t-il pas quelque-chose de curieux de penser régler par de l’argent un conflit dans lequel tant de personnes jouent leur vie ?

Politique sociale

Pour avoir voulu toucher aux pensions d’invalidité, le gouvernement anglais a failli sauter. Il est, maintenant, un canard boiteux : il doit trouver 5md£ pour équilibrer ses comptes, alors qu’il a démontré son impuissance.

Curieusement, M.Trump semble faire la même chose aux USA, sans beaucoup de remous.

Cela tient peut-être à une forme de « populisme » de l’extrême gauche anglaise. Mais, je me demande si l’explication ne vient pas plutôt de la mentalité américaine. Ainsi à l’époque de l’Obamacare, ceux qui en profitaient y voyaient une inacceptable atteinte à leurs droits. Le droit fondamental d’un Américain est de pouvoir être un « self made man » ?

Nation d’invalides

1 Anglais sur 10 en âge de travailler toucherait une pension d’invalidité. Le nombre s’est colossalement accru depuis le COVID. En 5 ans, les versements de l’Etat ont cru de 16md£. Ils devraient augmenter de 16md£ dans les 5 prochaines années. Les jeunes sont particulièrement touchés par des maladies mentales, notamment l’autisme et le trouble de stress post traumatique.

Cette augmentation phénoménale est propre à l’Angleterre et n’est pas expliquée.

(Emission : Why is there a row about disability benefits?)

Et si l’erreur des gouvernements anglais avait été de prendre ce phénomène pour une question fiscale et non comme un problème de santé publique ? En effet, il ne semble être venu à l’esprit de personne l’envie d’examiner les victimes de cette épidémie, afin de trouver les causes de leur mal et de les guérir. Elite d’invalides ?

Moteur allemand

Pourquoi la livre est-elle forte vis-à-vis du dollar ? se demandait la BBC, l’autre jour. Parce que la livre est une monnaie européenne, et que l’euro est fort, parce que l’on pense que l’Allemagne va relancer son économie et que ce sera bon pour l’UE. Ce n’est pas la première fois que j’entends la BBC évoquer ce sujet.

Notre gouvernement pourrait-il être sauvé par l’Allemagne ? Le crime paierait-il ?

Trump et la science

Depuis quelque temps, je n’entends parler que du nouveau téléscope Véra C. Rubin. Il aurait des capacités exceptionnelles, notamment celles de montrer l’univers en « quatre dimensions », selon la BBC.

J’ai aussi entendu dire que l’on y travaillait depuis 30 ans, et que cela avait occupé « deux mille ingénieurs ».

Je me suis demandé si, au temps de Trump, la science avait encore de l’avenir. Ce type de projet, disait une histoire de la CIA, s’expliquait par la lutte que se sont livré l’URSS et les USA. Il s’agissait de se faire des alliés en les impressionnant par ses exploits scientifiques. Les USA semblent revenir à leur nature, qui est le profit à court terme.

C’est, d’ailleurs, ce qui est déjà arrivé au domaine qui m’intéresse : les sciences humaines. Toute la science allemande a été récupérée, avec les universitaires juifs fuyant l’holocauste, par les Américains qui l’ont mise au service des affaires. C’est pourquoi, en particulier, on ne s’intéresse qu’au changement des entreprises.

Déjà, on parle du « business » qu’il y a à faire avec la lune. Les universitaires vont avoir à poursuivre dans cette voie ?

George Bush et les voraces Japonais

Un hasard de Wikipedia m’a fait découvrir que le premier George Bush aurait pu être mangé par les Japonais. Il participait à la guerre du Pacifique. Avec quelques aviateurs, il fut abattu, mais fut le seul à ne pas être capturé. Et plusieurs des autres furent consommés.

Dans ma jeunesse, on parlait beaucoup de la sauvagerie des Japonais. Le pont de la rivière Kwai ou La mousson sont deux exemples de ce qu’on publiait alors.

Brutalement, ces Japonais sont devenus les plus pacifiques des êtres humains. Le passé a été oublié. Mystère des phénomènes sociaux ?

Poulet sans tête

En écoutant une émission sur le séquençage du génome, j’ai pensé que la science avait peu de conscience.

Cela tient à la spécialisation. Le scientifique est un expert vivant dans une bulle et dont les capacités de pensée sont infantiles. Il poursuit son intérêt, aveuglément. Sans jamais envisager les conséquences de ses travaux, sinon pour leur trouver une formulation qui les fera financer.

Peut-être, d’ailleurs, est-ce cette spécialisation aveugle qui a produit le progrès. Moins on pense, plus on court ? Même la crise est productive de progrès. Ce qui ne tue pas renforce.

Quand on y réfléchit bien, la société s’est arrangée pour nous placer tous dans une situation d’irresponsabilité. Qui, en particulier, est moins responsable que le salarié ?