Maurice

L’île Maurice, une nation arc en ciel dirigée par des Indiens.

L’Indien semble un dirigeant-né. Aux USA et en Angleterre, il est aux commandes des grandes entreprises et, parfois, de l’Etat. L’Inde serait-elle, comme la France, une nation de chefs ? D’où leur état endémique de chaos et de guerre fratricide ? L’Indien est un colonisateur dans l’âme ?

Maurice pose aussi la question du bonheur. On semble bien y vivre, mais, lorsque l’on est entouré de fous-furieux, est-ce une situation très durable ?

L’usage du monde – L’ïle Maurice.

Génocide

En faisant une recherche sur les naissances palestiniennes, j’ai trouvé des quantités d’articles parlant du « génocide » palestinien.

Nous referait-on le coup de « l’anthropocène » ? Drame humanitaire, d’accord, mais pas génocide. Et il se passe ailleurs des crimes au moins aussi terribles qui ne suscitent que l’indifférence.

Le plus curieux est que ces articles soient destinés aux Juifs qui, eux, ont subi un véritable génocide. On a fini par dire que l’extrême gauche était devenue antisémite. En tous cas, elle semble prendre du plaisir à accuser le Juif de tout ce qu’il a vécu. Elle le traite même, parfois, de « Nazi ».

Comment expliquer cette bizarrerie ? Il est plus facile de se donner bonne conscience en critiquant un Etat démocratique comme Israël que M.Poutine ou Xi ? Le démocrate veut-il que la démocratie soit impeccable ? Il balaie devant sa porte ? Après tout, les droits de l’homme, ce n’est pas l’affaire de Poutine ?

Bizarrement, il y a là quelque-chose de similaire au changement qu’a connu le Front National : d’ennemi mortel de De Gaulle, il se veut, maintenant, le gardien de sa mémoire. Pour mieux la trahir ? Le comportement actuel refléterait-il une vieille rancune ?

Une enquête à mener ?

Odeur naturelle

Un chercheur étudie l’adoption de l’intelligence artificielle par l’industrie. Il me parlait d’un constat curieux : l’efficacité des processus industriels dépend de sens humains que ne possède pas l’intelligence artificielle. Par exemple l’odorat.

Il s’interrogeait : les personnels expérimentés prennent leur retraite, comment former le jeune, alors qu’il faut des années pour qu’il acquiert le « flair » utile ?

Ce qui m’a rappelé ce que m’a raconté un anthropologue, employé par Francis Mer.

Miracle de la philosophie

1959. Commémoration de Bergson. Les illustres philosophes se succèdent. Curieusement, ceux-ci sont des gens que d’ordinaire je trouve estimables, mais, cette fois, j’en viens à penser, sombrement, que le professeur de philosophie parle à l’initié, et que si l’on n’a pas lu toute l’oeuvre en question, on ne peut l’entendre.

Quand, soudainement, son et lumière !

Alors que les autres conférenciers avaient fait l’objet d’introductions alambiquées, lui n’est présenté que par son nom : Vladimir Jankélévitch. Et tout change. Et il semble avoir lu mes pensées ! Bergson, c’était l’anti leçon professorale. C’était faites que ce que je fais, non ce que je dis. Et pied de nez aux intellectuels de l’époque, devenus enragés de l’engagement après la guerre, Bergson était tout engagement : quand vous êtes tout entier dans une cause, vous ne pouvez pas vous tromper. Tonnerre d’applaudissements. N’aurais-je même pas entendu des sifflets ?

Le miracle de saint Vladimir ? Transformer un cours de philosophie en concert des Rolling stones ! Leçon de philosophie ?

Hommage à Bergson à la Sorbonne.

Duplomb

Tu ne connais pas la loi Duplomb ? Me demande un ami. Je vis en dehors du temps. Donc, j’enquête.

Il y a la loi d’airain, maintenant la loi « Duplomb » ! La réalité dépasse la fiction ! J’en arrive à la pétition qui fait sa célébrité. J’ai cru à un commentaire. Mais non ! Une élève de master annonce, du haut de son autorité de professionnelle du bien, qui après cela dira que l’Education nationale est une farce ? qu’elle est touchée dans sa responsabilité. Pour quoi ? Cette loi est le mal absolu. Point. Alors elle interpelle le Conseil constitutionnel, pour des motifs que l’on pourrait probablement évoquer pour bien des lois…

Comment une note aussi indigente a-t-elle pu avoir un tel impact ? Quelles en furent les caisses de résonance ? Curieux que personne ne se pose la question ?

De quoi parle-t-elle ? Je poursuis l’enquête. Il s’agit de l’interdiction d’un pesticide sur laquelle la France reviendrait. Elle défavoriserait l’agriculteur français vis à vis de ses concurrents européens. Ils ne seront pas soumis à la même loi avant longtemps. Je comprends alors pourquoi je n’ai pas réagi. Il n’y a là, malheureusement, rien que de très ordinaire. L’activiste fait passer une loi. On découvre qu’elle fait des victimes. Le pouvoir, sans autre forme de procès, l’élimine. C’est ce qui se passe actuellement partout dans le monde.

Comment cela va-t-il se terminer ? Par des dépenses supplémentaires que devra bien payer quelqu’un ? Mais quelqu’un qui, lui, sera sans défense ?

Au fait, que disent les travaux sur le changement ? Le changement, ce n’est pas le décret à la Trump. Le changement, c’est un consentement de tous à une solution « systémique », à une modification du mode de fonctionnement de la société, qui résout le problème posé.

Un peu théorique ? Voici une illustration simpliste, histoire d’entrevoir l’esprit de ce qui précède (mais degré zéro de l’art du changement) : je donne 15€ par mois pour de bonnes causes, et si le million deux ou trois de signataires du manifeste anti Duplomb faisait de même pour financer les transformations durables de l’agriculture, façon « Team for the planet » ? Ou « fonds de solidarité » qui a été créé au moment de l’accident de Lubrizol ?…

(Une autre idée serait de modifier la loi européenne ? Elle ferait consensus, au moins en France ?)

Maurice Baquet

Découverte de Maurice Baquet. Ce fut un rigolo. Un violoncelliste doué, apparemment, acteur, skieur et alpiniste hors pair de surcroît, il n’a jamais été sérieux et a vécu heureux. Même la guerre ne semble pas l’avoir troublé.

Je l’ai dit d’Elisée Reclus : certaines personnes sont douées pour la vie ?

Je retrouve aussi une autre de mes réflexions. Cet inconnu venu de sa province connaissait toutes les gloires artistiques de son temps, de Picasso à Prévert. En fait, ce n’est qu’aujourd’hui, qu’ils sont connus. A l’époque ce n’était qu’un groupe de bohèmes. Il a été propulsé à la lumière par le cours de l’histoire.

Faut-il voir quelque phénomène à la Durkheim ? L’inverse du suicide ? Toute société a ses règles, une « logique », et certaines personnes ont toutes les caractéristiques pour en profiter. Curieusement, comme Talleyrand, il semble qu’elles soient des anti-héros. Sont-elles représentatives de la nature réelle de la société, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ? A moins qu’il ne s’agisse d’un autre phénomène observé par Durkheim : toute valeur prônée par une société produit des opposés (par exemple, l’inventeur et le criminel, en ce qui concerne l’innovation) ?

Hygiène du changement

Il y a 6000 ans est apparu dans l’ADN humain celui de porteurs de maladies issues des animaux. Aujourd’hui, cette cause de maladies est massivement dominante et, de surcroît, en forte augmentation.

Tout tient à l’invention de l’élevage. Les animaux se sont trouvés dans des conditions de promiscuité, qui ont favorisé l’émergence de fléaux, qui ont été ensuite transmis à l’homme.

(Science in action.)

Face à cette question, il y a deux réactions. D’une part, celle de l’activiste, qui veut que tout cela cesse immédiatement. De l’autre, celle de l’économie, en particulier du petit exploitant, qui préfère nier la réalité plutôt que de ne plus avoir d’activité. D’ailleurs comment pourrions-nous nous nourrir ?

Enseignement ? Pas de changement si tout le monde n’y trouve pas son compte. Ce qui signifie que tout le monde doit participer à sa conception. (Ce que la littérature du changement nomme « changement planifié ».)

Elisée Reclus

Elisée Reclus était bien tel que je le pensais. C’était un anarchiste, qui a vécu en anarchiste. Et qui a été heureux. Il a toujours mené sa vie à sa guise. Il aimait marcher à l’aventure. Il en a fait une profession. Il est devenu un des plus grands géographes de son siècle.

Et quand il a été pris les armes à la main, lors de la Commune, les savants étrangers l’ont défendu et lui ont évité le sort de ses congénères, à savoir l’exécution ou la déportation.

Une émission de France culture.

Réflexion récurrente : il semble qu’il y ait des gens, comme Ninon de l’Enclos, qui illustrent le Tao chinois. Ils sont faits pour se laisser porter par le mouvement de l’histoire.

Complément :

Démocratie réticulaire ?

De Gaulle a gagné. Les démocraties ont imité la France. L’exécutif est dominant partout. Seulement, ses décisions ne furent pas judicieuses. Plus la situation s’aggrave, plus il prend de risques, moins il devient contrôlable ? (Les idées de Pierre Rosanvallon, sur le sujet.)

Le modèle pyramidal classique ne peut résister à une surcharge en informations. S’il veut être durable, il doit évoluer vers un dispositif en réseau, disent les savants.

Possibilité de mise en oeuvre ? Que les intercommunalités, il y en a environ un millier, prennent réellement en main la politique territoriale (au lieu d’attendre les directives de l’Etat). Non seulement cela remettrait en marche l’économie du pays, mais cela formerait des dirigeants ayant une autre trempe et une autre connaissance des réalités de la nation que ceux qui sortent de l’ENA. Ils pourraient s’emparer de l’appareil d’Etat.

Une semaine avec Marilyn

Il a vingt-trois ans, il est passé par Eton et Oxford, son père est un ami de Lawrence Olivier, alors celui-ci, qui veut tourner un film avec Marilyn Monroe, lui demande de s’en occuper.

Il s’ensuit une semaine avec l’éternelle Marilyn, à la fois dépressive, tête de linotte, volage et grande « professionnelle » à l’américaine, qui trouve toujours la pause qui donnera une photo immortelle.

La vie est une pièce de théâtre ? Un gamin est bombardé, parce qu’il est de la classe des privilégiés, à un poste de grande responsabilité et une pauvre fille est révérée comme une déesse, parce qu’elle fait gagner beaucoup d’argent à Hollywood ?

My week with Marilyn, by Colin Clark.