Le pays des fanatiques

Inquiétante Amérique. La haine et le règlement de compte paraissent en être la loi.

Une émission de France culture rappelait ses origines. Ses premiers colons avaient fuit l’Angleterre d’Henri VIII, qu’ils jugeaient vivre dans le lucre et le stupre. Ils avaient été accueillis par la Hollande. Mais ont craint que la tolérance du pays ne corrompe leurs enfants. Alors ils sont partis s’installer en Amérique.

Le fanatique inculte : l’éternel américain ?

Etats désunis

Paradoxe Trump. Il dit haïr la guerre. Elle est mauvaise pour les affaires. Et pourtant, il a déclaré la guerre à l’Amérique. Or l’Amérique a une culture ultra-violente. Et qui sème le vent…

Et si bientôt, elle ressemblait à notre France ? La France des guerres fratricides ?

Mêmes causes, mêmes effets ? Le fanatisme ?

Gaza

Y a-t-il une explication à ce qui se passe à Gaza ? Christine Ockrent peut-elle m’éclairer ?

Je retiens qu’Israéliens et Palestiniens veulent leurs disparitions respectives. Dans ces conditions, il y a peu de chances que le conflit s’arrête. Trump, un temps modérateur, serait devenu suiveur. Les pays arabes, voyant comment il traite ses alliés, adopteraient une attitude circonspecte.

Israël ne risque-t-il pas le sort de la France, qui, après avoir ravagé l’Allemagne, a été ravagée par l’Allemagne ? A moins que, comme ces mêmes Allemands, un temps, elle ne pense qu’une nation ne puisse exister que « contre » des adversaires ? L’esprit d’Israël, pour parler comme Montesquieu, serait-il la guerre ?

(Israël et le « mur de fer ».)

Science sans conscience

Je cherche un de mes livres chez Amazon. Je tape : « France : révélons notre potentiel ». Surprise, j’obtiens de la cosmétique. L’intelligence artificielle a transformé « révélons » (correctement orthographié) en « Revlon ».

L’intelligence artificielle est dressée pour considérer qu’un mot qui ne rapporte rien est incorrect.

De quoi est-elle le nom ?

Bloquons tout

Etant coupé du monde, ce n’est que d’une manière étouffée que j’ai entendu parler du mouvement Bloquons tout.

Ce serait un retour des Gilets jaunes, ai-je vaguement entendu dire. Paradoxalement, alors que les Gilets jaunes avaient refusé les partis politiques, cette fois ce ne serait pas le cas.

Ce qui m’a amené à chercher des études sur le sujet. J’ai effectivement trouvé celle d’un sociologue de la Fondation Jean Jaurès, qui a fait un sondage parmi les manifestants. Il se révèle que ce sont, massivement, des sympathisants de LFI. Ils n’ont rien à voir avec les Gilets jaunes.

Ce qui est admirable ? LFI a une capacité de manipulation remarquable. Le jour où elle touchera une question réellement populaire, elle récoltera la révolution ? La vocation de LFI ?

Cette orientation se retrouve dans les verbatims recueillis, où la rhétorique classique de la gauche radicale domine : « Les masses doivent s’insurger et prendre le contrôle, pas laisser Macron et ses complices diriger » ; « Je suis là parce que je ne veux pas que mes enfants vivent dans une société écrasée par le capitalisme » ; « Il faut déclencher la grève générale et bloquer partout, sinon ce système ne changera jamais » ; « Je suis politisé théoriquement, mais le marxisme m’a appris que sans pratique, la théorie n’est rien ».

Flavius Arrien

J’entends parler de Flavius Arrien coup sur coup. D’abord, c’est grâce à lui que l’on connaît la parole d’Epictète. Ensuite, il a écrit une vie d’Alexandre. (Les inconnus de l’histoire, rediffusion de France culture.)

Que peut-on dire d’Alexandre ? Peut-être que l’on n’est quasiment sûr de rien. Peut-être aussi que, comme tout historien, Arrien a parlé de son temps et non de celui d’Alexandre.

En tous cas, en écoutant cette émission, il m’est venu une curieuse idée. Je n’avais pas pris conscience à quel point la culture grecque avait imprégné l’empire romain. Les élites étaient bilingues. Le vaincu avait conquis le vainqueur ? Je me suis demandé s’il n’y avait pas là un scénario à ajouter aux hypothèses concernant les causes de la chute de Rome. Ses valeurs martiales auraient été corrompues par la culture, la philosophie ? grecque ?

Carotte américaine

Tesla’s board has proposed a new pay package for chief executive Elon Musk worth $1tn over the next decade if he is able to hit a series of formidable targets.

Financial Times, 5 septembre

L’argent est-il un bon stimulant ? Son effet a tendance à s’épuiser, me disait, jadis, un spécialiste des « challenges commerciaux », qui lui préférait les idées de Maslow.

Au temps où Bill Gates était l’admiration du monde, il suffisait de quelques milliards pour faire un heureux. Maintenant, à moins de 100md, on n’est rien.

Les philosophes qui n’ont rien écrit

Pourquoi n’ont-ils rien écrit ? Qu’ont-ils dit ? Les philosophes qui n’ont rien écrit, voici un bon sujet pour une émission de France culture.

Le paradoxe est que, si on a entendu parler d’eux, c’est parce qu’on a écrit sur eux. Curieusement, l’émission n’a pas envisagé la question sous cet angle. Et si ne rien écrire était, pour un philosophe, la meilleure façon de passer à la postérité ? Avec un avantage, justement : on n’est jamais certain que sa parole ait été bien transcrite. Le mystère demeurera toujours entier. Peut-être avaient-ils atteint le Graal de la sagesse ?

A vrai dire, la question se pose aussi pour celui qui a écrit. On n’est jamais bien sûr de ce qu’il voulait dire. D’autant que cela tend à changer au cours d’une vie. Et que « vouloir dire » n’a pas grand sens : prenons notre cas, que voulons-nous dire ? Autant ne rien écrire ?

(Un sujet pour Borgès : le philosophe dont on n’a jamais entendu parler… Qu’est-ce que cela signifierait ?)

Affaire Loiseau

Je découvre, 40 ans après, l’affaire Loiseau. (Arrêt sur image – Police : L’affaire Loiseau ou les dessous de la « PP », 1994, rediffusé par France culture Et le dossier noir de la police des polices.)

Un inspecteur de police est accusé à tort par sa hiérarchie, qui invente des preuves contre lui. Il sera gracié par le président Mitterrand mais jamais innocenté. Les coupables ne seront jamais punis.

Dans une émission, il était dit que, pour réduire le coût de la police, on lui fait utiliser des indicateurs, ce qui la conduit à se compromettre, et, aussi, à se payer en nature, en quelque-sorte.

Si je comprends bien, suite à une faute qui a coûté des vies, les policiers ont demandé que le responsable soit sanctionné. Pour ouvrir un contre-feu, la direction de la préfecture de police a voulu leur rappeler leur propre culpabilité. Manque de chance, dans le lot des accusés, se trouve un innocent. Il a voulu se défendre. Il a fallu s’en débarrasser. (Peut-être même, quelque peu machiavéliquement, s’en prendre à un innocent permettait de détourner l’attention des syndicats de policiers.)

Il y a beaucoup d’éléments curieux dans cette histoire. Tout d’abord, elle ressemble étrangement à l’affaire Dreyfus. Pour protéger une institution, on accuse un innocent. Ensuite, comme dit dans un précédent billet, cet innocent, convaincu qu’il va être lavé de tous soupçons, n’a pas le comportement que l’on attend d’un innocent. Finalement, il y a beaucoup de coupables dans cette affaire, la police aussi bien que la justice. D’ailleurs, sans la bavure et la fronde initiale, aurait-on parlé de policiers corrompus ?

Il était aussi dit qu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser des oeufs. Ce type d’affaire est peut-être une pathologie naturelle du système policier. Le tout est de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment ?