Andersen

Andersen, homme de contes. Je constate à nouveau qu’il est difficile de connaître une personnalité en quelques émissions. (La première est ici.)

Enfance pauvre, mais succès immédiat. Andersen était quelqu’un qui inspirait de la sympathie et que tout le monde désirait aider. Il aurait rêvé d’être connu pour autre chose que ses contes. Il a beaucoup voyagé et a fini son existence célébrité nationale, fêté par ses souverains.

Il semble avoir été un original, un innocent ? qui a survolé la vie.

Tzvetan Todorov

Tzvetan Todorov a été surpris, en arrivant en France, de découvrir que le système qu’il avait fuit était défendu par les intellectuels français.

C’était un amoureux des Lumières et des droits de l’homme. (Avoir raison avec Tzvetan Todorov.)

Une oeuvre à lire ?

Roger Vailland

Roger Vailland semble avoir été une gloire littéraire d’après guerre. (France culture, Les écrits intimes de Roger Vailland.) D’ailleurs, j’ai découvert qu’un de ses livres était dans la bibliothèque familiale.

Mais qu’il est difficile de se faire une idée d’un homme en une émission ! surtout lorsque celle-ci finit en explication psychanalytique.

J’ai eu l’impression d’un roman à la Borgès : l’histoire d’un écrivain fictif.

Sens de la justice

A quoi sert la justice ? On entend dire qu’elle corrigerait les êtres mauvais.

Mis je doute que qui que ce soit se considère comme mauvais.

Et je doute beaucoup de ce que la justice soit juste. Ecouter un procès prouve l’impossibilité de reconstituer les faits par le raisonnement. A ce sujet, il y a quelque temps, une émission des années 60 ou 70 évoquait la question de l’arrivée des Vikings en Amérique. On y entendait dire par les meilleurs experts que c’était une fable. Or, on a retrouvé des traces de Vikings en Amérique…

Pour ma part, je soupçonne que la justice est un fait social. Elle nous dit deux choses. Nous ne devons pas imiter Donald Trump ou Clint Eastwood. Ce n’est pas à l’individu de faire justice. Et elle ne cherche pas à corriger l’individu, mais la société.

Si l’on veut faire évoluer la justice, on doit utiliser les moyens légaux et lancer un débat de société. C’est à la société, bien informée, de juger la justic.

Algérie

Germaine Tillion, qui a passé une partie de sa vie à étudier l’Algérie, donnait une explication systémique de la guerre d’Algérie.

La médecine moderne élimine la mortalité infantile. Les populations autochtones se retrouvent en surnombre par rapport aux colons. Peut être, surtout, cela a produit, en 15 ans seulement, un effondrement du niveau de vie. L’économie traditionnelle ne peut plus nourrir la plupart des membres d’une famille, ils doivent partir en ville, où ils sont « clochards ».

Si la guerre a été si longue, cela tiendrait à la constitution de la 4ème République, qui n’était pas adaptée à la situation. Elle ne permettait pas aux belligérants de négocier. Et si elle a été si sanglante, c’est parce que, d’une certaine façon, elle a libéré les instincts animaux des deux camps, qui étaient devenus incontrôlables.

La situation difficile de l’Algérie moderne tiendrait à la durée excessive du conflit. Mais, peut-être aussi, aux tensions qui existent, culturellement, au sein de la société algérienne. Jadis, personne ne sortait de sa tribu sans être armé.

(A voix nue, de France culture, 1995.)

Qu’est-ce que la philosophie ?

J’ai découvert la philosophie sur le tard. J’ai l’impression que la population se divise en trois. Il y a le gros de la population qui vit très bien sans, les experts, qui existent dans des sortes de monades, qui n’ont pas de place pour deux, et ceux que l’on nomme désormais « suiveurs », comme moi, qui admirent sans comprendre.

Je me demande si l’histoire des philosophes n’est pas celle des aveugles et de l’éléphant. Ils érigent en absolu un pan de la réalité. Seulement, à partir de tous les pans, on ne la reconstruit pas.

Il est possible que la philosophie soit un exercice utile au cerveau, un combat contre la sénilité ou contre l’hybris, ou encore contre la paralysie de la décision. Mais à condition de ne pas en faire un « jeu sans fin » ? La maladie du philosophe ?

Opium du peuple

Une émission célébrant Tzvetan Todorov (avoir raison avec Tzvetan Todorov, 2017) m’a fait penser, une fois de plus, que les opinions des hautes sphères de la société sont beaucoup moins simplistes que celles que l’on entend à notre niveau.

Cela m’a rappelé l’attitude de la France de la 3ème République : elle combattait la religion chez elle, mais la trouvait très utile pour asservir ses colonies.

Nouvelle France

Roland Barthes parlait de la « nouvelle critique ». Il est curieux à quel point la France aime ou a aimé ce qui est nouveau. Il y a eu le « nouveau roman », la « nouvelle vague », les « nouveaux philosophes ». (Entre autres ?)

Peut-être aussi les surréalistes.

Tous semblent avoir pensé enterrer leurs prédécesseurs en inventant une nouvelle forme. Ils ont épaté le bourgeois sans fatigue ?

Ont-ils enterré leur discipline ? Ou furent-ils son chant du cygne ?

Expérience

Germaine Tillion a passé plusieurs années en camp de concentration. Elle a assisté au procès de ses gardes, des SS, qu’elle considérait comme le résultat d’un « dressage ». Soudainement son regard sur eux a changé. Ils étaient privés de liberté comme elle l’avait été.

C’est aussi pour cela qu’elle a déplacé ciel et terre (elle appartenait à de puissants réseaux internationaux de déportés et de résistants) pour faire cesser la torture en Algérie.

Comme quoi, notre comportement dépend essentiellement de notre expérience ?

(Ce fut une résistante de la première heure, d’avant même le 18 juin. Elle a immédiatement trouvé la situation inacceptable et s’est mise à organiser un réseau. On y trouvait de tout, sauf des communistes, qui avaient leur propre orgranisation. A voix nue de France cluture, 1995.)