Différences irréconciliables

Pourquoi le parti socialiste veut-il faire tomber le gouvernement ? La lettre de mon député, dont je parlais précédemment, permet de faire quelques hypothèses.

Il pourrait y avoir un affrontement concernant la « valeur travail » et « le premier de cordée ».

Le gouvernement aurait tenté d’attaquer les acquis de la gauche : la réduction massive du temps de travail, le travail étant un mal. La gauche contre-attaquerait en s’en prenant au pilier de l’idéologie macronienne : c’est le riche qui crée la richesse, plus il est riche mieux c’est. Dent pour dent.

Tant que la droite et la gauche profiteront de la crise pour se porter des coups bas, le chaos est inévitable ?

Opinion publique

Surprise. Mon député m’écrit.

Un anthropologue qui a étudié l’assemblée disait que, au temps de l’enquête, le député « se faisait bouffer ». Il passait son temps à rendre service à l’électeur. Cette pratique a changé avec la génération Macron. L’électeur semble laisser l’élu indifférent. Ce blog parle de cette question de temps en temps. D’où ma surprise.

Que dit-il, ce député ? Qu’il faut être solidaire. C’est pourquoi il va faire tomber le gouvernement. Celui-ci s’en prenait aux congés des Français alors que l’impôt n’est plus progressif. Les citoyens qui gagnent plus de 60000€ par mois ont un traitement de faveur.

Il montre qu’il se dépense sans compter : 1210 amendements déposés ! 58 propositions de lois. La complexité administrative expliquée ? Et il inaugure des bâtiments.

Tyrannie de la vitesse

Notre société est-elle prise d’une folie de l’accélération ? Certains le croient. J’ai une opinion différente.

Je gère une association et ai beaucoup de contacts avec beaucoup de monde. Les congés sont sacrés. De mai à août, l’activité s’arrête en France. Le reste du temps est haché par une multitude de vacances. Et la famille est sacrée, avec tout ce que cela signifie en termes de contraintes horaires et de déplacements. Gigantesque Shabbath.

Ne serait-ce pas une conséquence de la croyance que notre élite, Martine Aubry en particulier, a eu, un temps, que le travail allait disparaître ? Il s’en est suivi une politique du loisir et de retraite, qui a caressé l’homme dans le sens du poil. Son intellect s’est mis en grève. Aujourd’hui, il peine, parce qu’il doit se relancer sans cesse, alors qu’il n’aspire qu’à la paix.

Par contraste, le sauvage, lui, doit avoir un cerveau en éveil permanent. Il vit dans l’urgence. Mais, probablement, en y prenant plaisir.

Voltaire et Frédéric II

Correspondance du 18ème siècle. Je découvre que Voltaire était une idole. Les stars du rock ne sont probablement rien en comparaison.

On lui prêtait tous les talents. Il était, à lui seul ! l’équivalent de tout ce que l’antiquité avait fait de mieux ! Etrange fascination.

Les courriers de Frédéric II, qui écrit fort bien le français, sont curieux : tout en admirant, excessivement ? Voltaire, ils déplorent ses enfantillages, et ses mesquineries. C’est incompréhensible : comment être aussi petit quand on a un tel génie ? On a l’impression d’un adulte parlant à un enfant.

Le présent d’Hegel

Hegel aurait fait entrer la philosophie dans le présent.

Si je comprends bien, il estimait que, sous une apparence d’aléa trompeuse, se cachait un mouvement, qu’il s’agissait de découvrir.

Ce qui est une des idées fixes de ce blog. C’est une forme de théorie du complot. Mais sans coupables. Le monde, les sociétés, les groupes humains… ont, à un moment donné, eux aussi, des idées fixes. La responsabilité de l’homme est de les détecter, avant qu’elles n’aient produit un désastre.

Hegel avait probablement une conception plus optimiste que la mienne de la question.

Lumière au bout du tunnel !

Le nouveau livre des interpreneurs est sorti.

Son message : la crise budgétaire actuelle vient de ce que nous avons parié sur le mauvais cheval. Le bon, c’est la PME (et le territoire).

Il explique que nous commettons une triple erreur : sur la nature du changement que traverse l’humanité et de la nouvelle économie qu’il crée ; sur la nature de nos PME, et de leur potentiel – considérable ; sur la nature du changement qu’elles doivent réussir pour révéler ce potentiel.

Des solutions existent, elles ne demandent pas de moyens, que de la volonté ! La lumière est au bout du tunnel !

Une enquête qui a rassemblé plus de 300 témoignages et a été l’occasion de quelques dizaines d’accompagnements de dirigeants.

Kairos

En Grec, Kairos semble avoir signifié la capacité à saisir l’instant. En fait, le terme aurait évolué en fonction des circonstances.

Je retiens surtout ce que j’ai noté en discutant avec des entrepreneurs et des entraîneurs de champions : la chance sourit à l’esprit préparé (comme aurait dit Pasteur). Saisir l’instant demande un énorme travail préliminaire, une formation, voire une déformation.

Ce qui compte n’est peut-être pas un talent particulier, mais une énorme détermination, qui fait que l’on a la force de se construire en se tapant la tête contre les murs, et, finalement, d’être capable de percevoir et d’exploiter une occasion favorable ?

Changement systémique

Période intéressante. Nous vivons un changement « sociétal ». Qu’observe-t-on ?

Comme on le lit souvent, le changement est « systémique ».

Qu’est-ce qu’un système ? Un phénomène qui ressemble au thermostat, apparemment. (Je ne suis pas sûr qu’il y ait accord sur ce sujet, seulement cela paraît la définition la plus pertinente.) Le système obéit à un « principe », qu’il défend. C’est « l’esprit des lois » de Montesquieu.

Il me semble que l’esprit de la 3ème République était celui, collectif, des droits de l’homme. Cela n’aurait pas changé avec de Gaulle. Ensuite, nous avons basculé dans un autre système, dont le principe est l’individu, qui aboutit, plus ou moins nécessairement, au sur-homme (ou « premier de cordée »).

Ce phénomène illustre le Yin et le Yang chinois, passage (notamment) du collectif à l’individuel, et la dialectique de Hegel, le changement par contradiction.

Ce que l’histoire récente semble montrer, c’est que le système porte en lui-même sa contradiction. En fait le modele du thermostat n’est juste qu’un temps. Les forces de résistance au changement finissent par céder. C’est probablement ce qui, pour de Gaulle, devait assurer la pérennité de sa « vision de la France », qui lui a été fatal.

On peut donc imaginer que nous allons repartir vers une phase « collective ». Seulement, y a-t-il un moyen pacifique d’y parvenir ?

L’enquête se poursuit.

Brésil

Manaus. Je découvre que, comme les grandes villes brésiliennes, c’est un lieu où l’on n’est pas en sécurité.

Cela m’a rappelé un livre que j’ai cité, Brazillionaires. Il semble que les riches n’ont pas voulu partager leur richesse avec les pauvres. Ils ont préféré vivre dans la crainte permanente du rapt, dans des bunkers, en se déplaçant en hélicoptère.

Du mystère de la création des cultures ? De la nécessité, et de la complexité, d’un changement qui obéisse un rien à la « raison » ?

Changer de culture

Si le Roi m’avait donné
Paris sa grand’ville,
Et qu’il me fallût quitter
L’amour de ma mie ;
Je dirais au roi Henri
« Reprenez votre Paris,
J’aime mieux ma mie, au gué,
J’aime mieux ma mie.

Alceste, dans Le misanthrope, de Molière.

Je me demande si l’on n’en est pas revenu au temps de Molière. Notre parole ne reflète pas ce que nous pensons. Elle est artificielle, elle est un jeu avec les conventions sociales.

Idem pour la cuisine ? Le hasard m’a fait déjeuner dans des trois étoiles. J’ai regretté la cuisine simple de jadis, que l’on trouve encore à l’étranger. On semble confondre le génie avec la complication. Il en est probablement de même de tout.

Et si le changement dont nous avons besoin consistait à prendre un nouveau départ ?