Charles Paris

Ne pas avoir de mémoire est une chance : on peut écouter plusieurs fois une émission, avec un égal intérêt. Particulièrement les enquêtes policières.

Ce fut le cas d’un épisode des aventures de Charles Paris. Charles Paris est une des multiples variantes de l’enquêteur amateur. Lui est comédien.

En fait les deux versions que j’ai entendues étaient différentes. L’une date des années 80, l’autre est contemporaine.

Dans le premier cas, Charles Paris est un détective conventionnel, autrement dit quelque-peu surhomme. Artiste exigeant, il refuse le cinéma. Si bien qu’il a du mal à trouver un emploi. Par ailleurs, en dépit d’un âge avancé (une quarantaine d’années ?), c’est un tombeur. Il est marié mais lui et sa femme son séparés, tentant de se rapprocher de temps à autre.

Dans la seconde version, c’est un pochard, un artiste raté, qui vit aux crochets de son épouse.

Le personnage a gagné en originalité. Mais son évolution en dit aussi peut être long sur l’évolution de l’image que la littérature veut désormais nous donner de l’homme ?

(La BBC diffuse les enquêtes de Charles Paris.)

Enfer vert

Je découvre le sort de notre industrie. Il est inquiétant. La Chimie serait coulée par le prix de l’énergie, et l’automobile par les normes environnementales. Les PMI se retrouvent sans marché ! Seulement, elles sont des sous-traitantes par nature, donc incapables de « pivoter ». Situation sans précédent. Que signifierait, pour notre pays, et pour nous, simples citoyens, de perdre toute son industrie ? Or, pour notre Etat cigale, la bise est venue.

A moins qu’il ne réoriente ses investissements de la licorne vers l’économie réelle ?

Ce qui pose, en tous cas, une question : nos intentions ne se voient-elles pas dans le résultat de nos actes ? (Le fameux « acte manqué ».) La politique écologique de l’Europe a abattu son industrie et a fait le lit de la Chine, et même d’Elon Musk, qui profite de ses subventions.

Suspension

J’ai découvert la « suspension » à l’époque où j’enseignais la négociation. Quand vous sentez que l’émotion monte, danger : vous devenez incontrôlable. Alors, suspension : vous laissez « passer un tour », vous ne répondez pas.

Puis j’ai lu que la suspension était le propre de la philosophie. Notre jugement est entaché d’erreurs, de préjugés. Doute cartésien ou phénoménologique.

Et, finalement, que la suspension sauvait le pilote d’essai ou de guerre. En situation désespérée, débranchez votre raison.

Cela semble signifier que la raison n’est qu’empilage social, artificielle par nature ? Si l’on veut faire la moindre chose sérieuse, il faut la mettre à zéro ?

Ilonn Masque

Elon Musk (ou Ilonn Masque, comme disent les Anglais) a gagné les élections américaines.

Lui aussi, c’est l’esprit de l’Amérique. Une vie de paris et de défis fous. Mais aussi une vie éminemment contradictoire.

Il se veut innovateur mais fait la promotion du monde de mon enfance : la bagnole et la conquête des étoiles. C’est un libertaire, mais la NASA fait sa fortune, et il casse les prix de ses voitures, pour pouvoir profiter des subventions européennes !

Seule règle : tous les coups sont permis ? Le succès est le jugement de Dieu ?

Souveraineté

Curieusement, cela n’a pas profité au FN. Tout le monde parle maintenant de « souveraineté », comme s’il était à l’origine de l’idée.

Mais qu’est-ce que la souveraineté ? Est-ce l’autarcie, comme semblent le penser le FN et nos hommes politiques ?

Et si c’était, au contraire, exploiter ce que nous avons en propre ? Autrement dit prendre le contre-pied du mimétisme qui a tenu le haut du pavé ces derniers temps ?

Participation

Parmi les pistes nouvelles explorées, c’est le retour du travailler plus. Mais à la différence de Nicolas Sarkozy, ce ne sera pas forcément pour gagner plus, mais déjà pour conserver notre modèle social. Plusieurs options sont sur la table pour faire travailler davantage les Français. Pas sûr que tous entendent cet appel au sacrifice, même pour éviter le déclin inexorable annoncé.

Philippe Mabille, de la Tribune, hier.

Problème complexe. Je constate qu’il est difficile de faire accepter une décision à une personne si elle n’a pas contribué à sa recherche.

Age du président ?

J’ai cru ce que j’entendais : M.Trump et Mme Harris étaient au coude à coude. Mais, Mme Harris semblait prendre l’avantage. Le résultat a été tout autre. M.Trump, que je pensais un éternel minoritaire, a balayé son opposante. Il est utile d’examiner ses erreurs. En quoi l’élection américaine m’a-t-elle égaré ?

J’ai capté les informations de 6h de la BBC, le jour de l’élection. On ne savait pas qui allait gagner. Ce qui se disait était, finalement, qu’il s’agissait d’un vote communautaire, et que les communautés ne se déplaçaient pas comme prévu par les démocrates. Les femmes n’avaient pas été mobilisées autant qu’on l’attendait en leur faveur, et les Latinos votaient Trump.

Remarque subtile : les démocrates considéraient ces derniers comme une « minorité » dominée, alors qu’eux se voyaient comme une « classe » opprimée. Les démocrates ont joué la carte de « l’identité », alors que les Républicains, paradoxalement, ont joué celle de la « lutte des classes ».

Un peu plus tard, j’ai entendu les journalistes affirmer que le résultat était évident a posteriori. Ils n’avaient pas arrêté d’entendre les Américains se plaindre de l’inflation, et de l’immigration, que Joe Biden a laissé « déraper ». Ils précisaient que, dans ce dernier cas, il ne s’agissait pas de racisme. Derrière ses provocations, qui ont égaré ses opposants ? M.Trump ne disait rien d’autre que : je vous ai compris. Même les femmes jugeaient que le niveau de vie de leur famille et limiter l’immigration comptaient plus que le droit à l’avortement. Mme Harris s’est trompée : son mot d’ordre était : ne retournons pas vers le passé. Or beaucoup d’électeurs ont considéré qu’ils avaient mieux vécu sous Trump que sous Biden.

Quant à la voiture électrique, elle devrait être sauvée par Elon Musk. (Mais pas l’éolienne.)

Les journalistes estimaient, encore, que l’élection de M.Trump serait un frein à la globalisation, et que désormais, la PME devrait avoir le vent en poupe, aux USA et ailleurs…

J’ai retrouvé dans leurs commentaires un thème qui revient souvent dans ce blog, lorsqu’il parle de Trump. L’esprit de l’Amérique. L’homme seul contre le système. L’exemple d’un tel revirement de fortune est quasiment unique aux USA. Et Trump a affronté l’appareil judiciaire, et a survécu à deux tentatives d’assassinat. Bien sûr, comme dans l’histoire de dr Follamour, cette détermination peut être la meilleure et la pire des choses !

Quant à l’avenir ? Imprévisible. Les anciens conseillers de Trump l’ont quitté en l’insultant. Mais n’est-ce pas le propre de tout conseiller éconduit ? Pour ma part, et probablement seul dans mon cas, j’ai trouvé Trump fatigué : et s’il finissait par être rattrapé par son âge ?

Inventons le réseau social ?

Le premier emploi de l’innovation est toxique. Bombe atomique, par exemple. Solution de facilité ?

Il en fut de même pour le réseau social. Il promeut le narcissisme. Et souvent la perversion. Il est asocial. Il disloque le lien social. Une sorte de crime contre l’humanité ?

Et si l’on inventait un réel réseau social, à quoi ressemblerait-il ? L’envers ? Il renforcerait le lien social ? Il encouragerait l’oeuvre collective, à commencer par l’initiative qui est à son origine et reconnaîtrait la contribution que lui apporte l’individu ?

Politique de la terreur ?

Science Po serait devenue l’école d’un radicalisme violent, une terre d’élection de M.Mélenchon. Pourquoi ?

L’adoption par les étudiants de gauche du concept de domination, dont la reproduction des élites est l’une des composantes, alors qu’ils reconnaissent faire eux-mêmes partie des dominants, ne peut que leur donner mauvaise conscience. La seule solution morale est alors pour eux d’abjurer leur origine de classe en radicalisant leur engagement en faveur de la réduction des inégalités au sein même de leur établissement et en élargissant leur action aux divers combats en faveur des « dominés ». 

Article.

Etrange phénomène. Il y a 20 ans, les étudiants de Science po attribuaient leur succès à leur mérite ; maintenant à leur milieu. Pour se faire pardonner, ils veulent devenir les amis de ceux qui leur semblent les plus défavorisés, et détruire la société.

Résultat d’une « dissonance cognitive ».

Comprendre

De fait de mon travail, je dois beaucoup communiquer. Or, je constate systématiquement que l’on me pose des problèmes dont j’ai donné la solution il y a longtemps. Et je peux répéter, rien ne change.

En fait, tout change parfois. C’est lorsque la personne se trouve en situation de « responsabilité ». Son « anxiété de survie » se met en marche. Et cela semble déclencher son cerveau. Elle est inquiète. Elle ne sait plus rien. A la façon de la personne qui se noie, elle cherche à se raccrocher à quelque perche des environs. Et elle redécouvre ce que je m’évertuais à lui dire. Mais elle le fait à sa manière, comme si je n’avais jamais existé.

C’est probablement aussi comme cela que j’ai appris. J’ai commencé par penser que les figures d’autorité que l’on me donnait en exemple étaient incompréhensibles, jusqu’à ce que je me trouve dans la situation qui les avait amenées à concevoir leurs idées. Le principe d’une pédagogie digne de ce nom ?