Péril jaune

La BBC s’interroge sur l’avenir de l’industrie automobile occidentale. (The Inquiry, Is Europe’s car industry at a crossroads?) Péril jaune.

Jusque-là j’avais entendu que la Chine avait pour stratégie de dominer les activités économiques vitales. Qu’en ce qui concerne l’automobile, elle avait constaté qu’elle ne pourrait jamais rattraper l’avance occidentale, et que les normes environnementales lui donnaient la chance de s’imposer. Ici comme ailleurs, elle y était parvenue par des subventions massives.

L’émission développait d’autres idées. Certes il y avait eu subvention, mais le véritable décollage était dû à Elon Musk, décidément, qui avait apporté à la Chine un savoir-faire essentiel. Et aussi : les constructeurs occidentaux avaient perdu leur domination du marché chinois faute d’avoir compris le besoin du consommateur local, qui est de faire de sa voiture un smart car (Steve Jobs se retourne dans sa tombe ?) disposant d’applications telles que le Karaoké.

Dolente intelligence artificielle

En regardant l’évolution du mot « dolent », je me demandais comment parvenir à le comprendre. Son sens dépend de l’époque à laquelle il a été utilisé. Il n’est pas évident de le déduire de son contexte.

C’est aussi un problème que je rencontre avec les textes anciens. Leurs mots sont souvent de « faux amis », leur sens a changé radicalement.

Il en est d’ailleurs de même de l’anglais moderne. Je me rends compte que je ne parviens pas à comprendre une certaine forme d’américain idiomatique, par exemple celui des tracts politiques. La langue, en particulier dans ce cas, semble essentiellement une création orale, en changement permanent.

Comment l’intelligence artificielle peut-elle se tirer d’affaires dans ce cas ? Elle devra apprendre à nous comprendre, ce qu’elle fait encore mal, pour transformer nos paroles en mots, afin de pouvoir les soumettre à ses mystérieuses procédures ? Ordinateurs toujours plus gigantesques, toujours plus de centrales nucléaires ?

Renonçons à l’illusion de l’élimination de l’homme ?

Mystérieuse Syrie

A peine avais-je écrit cet article que la situation en Syrie avait changé : le président Assad l’avait quittée.

Que se passe-t-il en Syrie ? Attaque surprise d’une génération spontanée d’islamistes inconnus, le régime s’effondre comme un château de cartes.

Apparemment, la Turquie serait dans le coup. Et l’armée syrienne n’était rien sans les combattants du Hezbollah et les avions russes, qui ont actuellement d’autres soucis.

Entre un islamiste et la Russie et l’Iran, qui choisir ? Le premier émet des sons rassurants : ce serait un nationaliste sans velléités de guerre sainte. (Article.)

Carlos Tavares

Rubrique nécrologique. Que penser du départ de Carlos Tavares, sinon que le roche Tarpéienne est proche du Capitole ? L’année dernière il était au faîte de la gloire, et percevait le plus gros salaire payé en France. Brutalement, on annonce que Stellantis fait des pertes abyssales, et qu’il démissionne.

N’est-il pas la victime impuissante d’un drame international ? Les constructeurs automobiles occidentaux ne sont pas parvenus à résister à la vague chinoise et aux normes environnementales ? Que vouliez-vous qu’il fit ?

En fait, un observateur de notre tissu économique me racontait une autre histoire. La stratégie des donneurs d’ordre a été d’écraser par leur taille leurs sous-traitants, ça a été en particulier celle de Carlos Ghosn et Tavares. Dernièrement, les équipementiers de rang 1 sont devenus plus forts que leurs clients. Ces derniers ont cherché à reprendre l’avantage. Ce qui expliquerait que Stellantis soit aussi gros.

Carlos Tavares ou la fin d’une ère ? Le véritable entrepreneur va-t-il reprendre le dessus sur le gestionnaire ?

Assurance sur la vie

Aux USA, l’histoire du moment est l’assassinat du dirigeant d’une compagnie d’assurance. L’assassin est reparti sur une bicyclette de location, on le cherche toujours. (Article de la BBC.)

La victime n’a pas eu droit à beaucoup de sympathie. La pratique de l’assureur américain consiste à refuser de rembourser la prescription médicale. Pour cela, il utiliserait l’intelligence artificielle. (Qui disait qu’elle ne servait à rien ?) Cela lui vaut peu d’amis.

Lorsque le citoyen se fait justice, c’est qu’elle est défaillante ?

(En attendant, cela fait la fortune des professionnels de la sécurité : aux USA, le métier de PDG est à haut risque.)

Responsabilités

Ce qui semble apparaître est que, pensant relancer l’économie (par la licorne ?), notre président a laissé filer le déficit, confronté à la nécessité de faire voter un budget punitif, il a décidé de dissoudre l’assemblée, afin de retrouver une majorité.

Au fond cela ressemble à du Liz Truss : le gouvernement par l’idéologie ?

Hypothèses justes ? En tous cas, cela mériterait enquête, afin de chercher un moyen de ne pas recommencer.

A moins que ce ne soit nécessaire ? Ce que révèle le désastre actuel est la fragilité du pays. S’il parvenait à faire preuve d’un peu de solidarité, son avenir serait plus souriant. M.Macron ou la destruction créatrice ?

Nouvelle vague

Les politiques sont comme les marées, elles viennent et se retirent :

‘Crazy ideology’: US companies drop diversity efforts as conservative pressure mounts

Financial Times, hier

J’entendais aussi, toujours hier, la BBC dire que le premier ministre anglais s’en prenait aux normes environnementales, qui empêchaient la construction d’habitations, un problème extrêmement grave pour ses concitoyens.

On ne peut changer un pays en niant la réalité ?

New ‘anti-woke’ ETF makes Starbucks its first target
Azoria Partners launches new fund at Donald Trump’s Florida resort

Financial Times, hier

Taxe Le Pen

L’Europe profiterait de l’incurie française pour signer un accord avec le Mercosur. Les Allemands en auraient désespérément besoin pour leur industrie, contrairement à nos agriculteurs.

Berlin has been desperate for a deal to give its manufacturers access to a new market. But France fears soybeans and steaks from the Pampas will now add the wrath of farmers to Macron’s list of urgent political woes.

Polotico.eu

Drôle d’affaire que ce vote de la censure du gouvernement. Comme en Allemagne dans les années 30, les extrêmes s’allient. La nouveauté : la gauche vote avec ceux que, hier encore, elle « diabolisait ».

A quoi cela rime-t-il ? Personne n’a apparemment rien de mieux à proposer. Y aura-t-il la « taxe Le Pen », comme il y a la « taxe carbone » ? Qui va payer l’addition ? Les pauvres et la « classe moyenne », comme en Grèce et ailleurs ? En particulier les électeurs de Mme Le Pen ?

Le pays est-il encore gouvernable ? A-t-il le choix entre un régime qui le ruine et l’anarchie ?

(Seule issue : un hypothétique renouvellement « par le bas », comme en 45, et en 58 ?)