Décidément, on n’arrête pas de parler des lauréats du dernier prix Nobel d’économie.
Un de leurs résultats majeurs aurait été de corréler colonisation (occidentale) et prospérité économique.
Lorsque l’environnement a été plus hostile, soit du fait d’une population indigène plus dense et résistante à l’envahisseur, soit du fait de la prévalence de maladies mortelles et dangereuses, les colonisateurs ont été de fait moins nombreux. Ils ont alors mis en place des institutions dites « extractives » pour exploiter les masses au profit d’une élite locale, instituant des droits politiques extrêmement limités. Ceci a été néfaste à la croissance à long terme.
En revanche, les colonies comptant de nombreux colonisateurs – les colonies dites de peuplement – ont développé des institutions économiques « inclusives » qui ont incité les colons à travailler et à investir dans leur nouvelle patrie. Cela a conduit en retour à des revendications de droits politiques qui leur ont donné une part des bénéfices. Ces institutions établissant les libertés économiques fondamentales et l’État de droit ont eu des effets positifs sur le développement économique.
C’était une idée que j’ai eue en écoutant une émission concernant les épidémies. Les maladies des Occidentaux ont tué les indigènes d’Amérique du nord, mais les maladies des Africains ont tué les Occidentaux.
En revanche, il me semble que la colonisation a eu un second effet : en allongeant la vie des colonisés, sans leur apporter le modèle économique du colonisateur, elle a créé la pauvreté. Je soupçonne qu’avant la colonisation occidentale, la vie des hommes était d’une autre nature que celle qu’elle a aujourd’hui. Elle était plus courte, et plus intense.
(On peut noter, au passage, que nos Prix Nobel jugent le développement mondial à l’aune du modèle occidental. Effectivement, celui-ci s’étant imposé, il ne semble pas qu’il y ait beaucoup d’autres choses à faire que de l’utiliser le mieux possible ?)