J’ai cru ce que j’entendais : M.Trump et Mme Harris étaient au coude à coude. Mais, Mme Harris semblait prendre l’avantage. Le résultat a été tout autre. M.Trump, que je pensais un éternel minoritaire, a balayé son opposante. Il est utile d’examiner ses erreurs. En quoi l’élection américaine m’a-t-elle égaré ?
J’ai capté les informations de 6h de la BBC, le jour de l’élection. On ne savait pas qui allait gagner. Ce qui se disait était, finalement, qu’il s’agissait d’un vote communautaire, et que les communautés ne se déplaçaient pas comme prévu par les démocrates. Les femmes n’avaient pas été mobilisées autant qu’on l’attendait en leur faveur, et les Latinos votaient Trump.
Remarque subtile : les démocrates considéraient ces derniers comme une « minorité » dominée, alors qu’eux se voyaient comme une « classe » opprimée. Les démocrates ont joué la carte de « l’identité », alors que les Républicains, paradoxalement, ont joué celle de la « lutte des classes ».
Un peu plus tard, j’ai entendu les journalistes affirmer que le résultat était évident a posteriori. Ils n’avaient pas arrêté d’entendre les Américains se plaindre de l’inflation, et de l’immigration, que Joe Biden a laissé « déraper ». Ils précisaient que, dans ce dernier cas, il ne s’agissait pas de racisme. Derrière ses provocations, qui ont égaré ses opposants ? M.Trump ne disait rien d’autre que : je vous ai compris. Même les femmes jugeaient que le niveau de vie de leur famille et limiter l’immigration comptaient plus que le droit à l’avortement. Mme Harris s’est trompée : son mot d’ordre était : ne retournons pas vers le passé. Or beaucoup d’électeurs ont considéré qu’ils avaient mieux vécu sous Trump que sous Biden.
Quant à la voiture électrique, elle devrait être sauvée par Elon Musk. (Mais pas l’éolienne.)
Les journalistes estimaient, encore, que l’élection de M.Trump serait un frein à la globalisation, et que désormais, la PME devrait avoir le vent en poupe, aux USA et ailleurs…
J’ai retrouvé dans leurs commentaires un thème qui revient souvent dans ce blog, lorsqu’il parle de Trump. L’esprit de l’Amérique. L’homme seul contre le système. L’exemple d’un tel revirement de fortune est quasiment unique aux USA. Et Trump a affronté l’appareil judiciaire, et a survécu à deux tentatives d’assassinat. Bien sûr, comme dans l’histoire de dr Follamour, cette détermination peut être la meilleure et la pire des choses !
Quant à l’avenir ? Imprévisible. Les anciens conseillers de Trump l’ont quitté en l’insultant. Mais n’est-ce pas le propre de tout conseiller éconduit ? Pour ma part, et probablement seul dans mon cas, j’ai trouvé Trump fatigué : et s’il finissait par être rattrapé par son âge ?