Souveraineté

Curieusement, cela n’a pas profité au FN. Tout le monde parle maintenant de « souveraineté », comme s’il était à l’origine de l’idée.

Mais qu’est-ce que la souveraineté ? Est-ce l’autarcie, comme semblent le penser le FN et nos hommes politiques ?

Et si c’était, au contraire, exploiter ce que nous avons en propre ? Autrement dit prendre le contre-pied du mimétisme qui a tenu le haut du pavé ces derniers temps ?

Participation

Parmi les pistes nouvelles explorées, c’est le retour du travailler plus. Mais à la différence de Nicolas Sarkozy, ce ne sera pas forcément pour gagner plus, mais déjà pour conserver notre modèle social. Plusieurs options sont sur la table pour faire travailler davantage les Français. Pas sûr que tous entendent cet appel au sacrifice, même pour éviter le déclin inexorable annoncé.

Philippe Mabille, de la Tribune, hier.

Problème complexe. Je constate qu’il est difficile de faire accepter une décision à une personne si elle n’a pas contribué à sa recherche.

Age du président ?

J’ai cru ce que j’entendais : M.Trump et Mme Harris étaient au coude à coude. Mais, Mme Harris semblait prendre l’avantage. Le résultat a été tout autre. M.Trump, que je pensais un éternel minoritaire, a balayé son opposante. Il est utile d’examiner ses erreurs. En quoi l’élection américaine m’a-t-elle égaré ?

J’ai capté les informations de 6h de la BBC, le jour de l’élection. On ne savait pas qui allait gagner. Ce qui se disait était, finalement, qu’il s’agissait d’un vote communautaire, et que les communautés ne se déplaçaient pas comme prévu par les démocrates. Les femmes n’avaient pas été mobilisées autant qu’on l’attendait en leur faveur, et les Latinos votaient Trump.

Remarque subtile : les démocrates considéraient ces derniers comme une « minorité » dominée, alors qu’eux se voyaient comme une « classe » opprimée. Les démocrates ont joué la carte de « l’identité », alors que les Républicains, paradoxalement, ont joué celle de la « lutte des classes ».

Un peu plus tard, j’ai entendu les journalistes affirmer que le résultat était évident a posteriori. Ils n’avaient pas arrêté d’entendre les Américains se plaindre de l’inflation, et de l’immigration, que Joe Biden a laissé « déraper ». Ils précisaient que, dans ce dernier cas, il ne s’agissait pas de racisme. Derrière ses provocations, qui ont égaré ses opposants ? M.Trump ne disait rien d’autre que : je vous ai compris. Même les femmes jugeaient que le niveau de vie de leur famille et limiter l’immigration comptaient plus que le droit à l’avortement. Mme Harris s’est trompée : son mot d’ordre était : ne retournons pas vers le passé. Or beaucoup d’électeurs ont considéré qu’ils avaient mieux vécu sous Trump que sous Biden.

Quant à la voiture électrique, elle devrait être sauvée par Elon Musk. (Mais pas l’éolienne.)

Les journalistes estimaient, encore, que l’élection de M.Trump serait un frein à la globalisation, et que désormais, la PME devrait avoir le vent en poupe, aux USA et ailleurs…

J’ai retrouvé dans leurs commentaires un thème qui revient souvent dans ce blog, lorsqu’il parle de Trump. L’esprit de l’Amérique. L’homme seul contre le système. L’exemple d’un tel revirement de fortune est quasiment unique aux USA. Et Trump a affronté l’appareil judiciaire, et a survécu à deux tentatives d’assassinat. Bien sûr, comme dans l’histoire de dr Follamour, cette détermination peut être la meilleure et la pire des choses !

Quant à l’avenir ? Imprévisible. Les anciens conseillers de Trump l’ont quitté en l’insultant. Mais n’est-ce pas le propre de tout conseiller éconduit ? Pour ma part, et probablement seul dans mon cas, j’ai trouvé Trump fatigué : et s’il finissait par être rattrapé par son âge ?

Inventons le réseau social ?

Le premier emploi de l’innovation est toxique. Bombe atomique, par exemple. Solution de facilité ?

Il en fut de même pour le réseau social. Il promeut le narcissisme. Et souvent la perversion. Il est asocial. Il disloque le lien social. Une sorte de crime contre l’humanité ?

Et si l’on inventait un réel réseau social, à quoi ressemblerait-il ? L’envers ? Il renforcerait le lien social ? Il encouragerait l’oeuvre collective, à commencer par l’initiative qui est à son origine et reconnaîtrait la contribution que lui apporte l’individu ?

Politique de la terreur ?

Science Po serait devenue l’école d’un radicalisme violent, une terre d’élection de M.Mélenchon. Pourquoi ?

L’adoption par les étudiants de gauche du concept de domination, dont la reproduction des élites est l’une des composantes, alors qu’ils reconnaissent faire eux-mêmes partie des dominants, ne peut que leur donner mauvaise conscience. La seule solution morale est alors pour eux d’abjurer leur origine de classe en radicalisant leur engagement en faveur de la réduction des inégalités au sein même de leur établissement et en élargissant leur action aux divers combats en faveur des « dominés ». 

Article.

Etrange phénomène. Il y a 20 ans, les étudiants de Science po attribuaient leur succès à leur mérite ; maintenant à leur milieu. Pour se faire pardonner, ils veulent devenir les amis de ceux qui leur semblent les plus défavorisés, et détruire la société.

Résultat d’une « dissonance cognitive ».

Comprendre

De fait de mon travail, je dois beaucoup communiquer. Or, je constate systématiquement que l’on me pose des problèmes dont j’ai donné la solution il y a longtemps. Et je peux répéter, rien ne change.

En fait, tout change parfois. C’est lorsque la personne se trouve en situation de « responsabilité ». Son « anxiété de survie » se met en marche. Et cela semble déclencher son cerveau. Elle est inquiète. Elle ne sait plus rien. A la façon de la personne qui se noie, elle cherche à se raccrocher à quelque perche des environs. Et elle redécouvre ce que je m’évertuais à lui dire. Mais elle le fait à sa manière, comme si je n’avais jamais existé.

C’est probablement aussi comme cela que j’ai appris. J’ai commencé par penser que les figures d’autorité que l’on me donnait en exemple étaient incompréhensibles, jusqu’à ce que je me trouve dans la situation qui les avait amenées à concevoir leurs idées. Le principe d’une pédagogie digne de ce nom ?

Awe

En anglais Awe signifie à la fois terreur et émerveillement. Jadis l’équivalent français était horreur.

C’est une sorte de « lâcher prise », une sorte de sentiment d’impuissance définitive en face de la complexité insaisissable du monde, et, tout simplement, de l’autre.

C’est probablement la meilleure façon d’aborder la vie, et les relations humaines.

Voilà ce que j’ai écrit il y a près d’une décennie, et ce que m’a rappelé une émission de la BBC (More Wow, Exploring how the elusive emotion of awe can be a vital force in our lives).

Créer le besoin

En travaillant avec des entrepreneurs, je découvre que je n’avais pas compris ce que signifiait « créer le besoin ». Pour moi, il s’agissait de créer un besoin artificiel, une question de manipulation.

L’entrepreneur est frustré : il est persuadé que ce qu’il fait est utile. Personne ne le comprend.

En fait, je crois que l’homme ne pense pas. Il a été programmé pour faire un certain nombre de gestes, pour avoir certains besoins, c’est tout. Le rite est roi. Y compris en ce qui concerne sa parole. Il suffit de comparer ses grandes déclarations avec ses actes pour constater qu’ils n’ont rien en commun.

En fait, l’homme peut changer, il peut modifier ses rites, mais cela demande du travail, et c’est un phénomène social, que l’on voit à l’oeuvre dans les modes vestimentaires.

Une conséquence en est que ce que l’on achète est généralement beaucoup plus simple que ce que l’on vend. Dans mon cas, j’ai vendu des transformations d’entreprise, alors que mes clients achetaient probablement la résolution d’un problème mineur, généralement mal posé.

Cultivons le légume ?

Une des idées fixes de ce blog pourrait être que « l’histoire se répète » ou encore « responsable mais pas coupable ».

Autrement dit, l’individu subit les événements. Il est pris dans des systèmes. En revanche, à certains moments, à certains embranchements, une impulsion individuelle peut changer un système.

Par exemple, des billets récents semblent dire que l’évolution sociale aurait produit l’émergence d’une « oligarchie », une élite indigne de ce nom, qui se nourrit sur la bête. Cela semble résulter du culte du progrès d’après guerre qui a porté à notre tête le diplômé, et à la cessation de la guerre froide, qui a fait que les peuples n’ont plus été une menace pour leurs dirigeants.

Cela pose plusieurs questions : une science des systèmes pourrait-elle éviter ce triste phénomène, comme on l’a espéré après guerre ? Peut-on amener l’homme à penser rationnellement, et non à être un mouton de Panurge, comme l’ont espéré les Lumières ?

Pourquoi certaines personnes pensent et d’autres pas ? C’est la question que pose, me semble-t-il, les travaux de Boris Cyrulnik. Je ne suis pas sûr qu’il y ait une réponse, sinon que c’est le résultat du hasard, d’inné et d’acquis, qui conduirait à une forme de spécialisation de l’humanité. En outre, on peut se demander si l’on doit regretter l’état de la société, et chercher à en faire un paradis : car le fait d’être opprimés nous force à penser pour nous libérer de l’oppression. Une société idéale serait une société de légumes ?

Le Dieu du Moyen-âge

« Le christianisme est une religion d’égaux qui promet la vie éternelle aux fidèles vertueux. Là se trouvent ses deux attraits majeurs. » Cependant, est-ce tout ce qu’il a de fixe ? Le Dieu du Moyen-âge a une histoire. Le concept a beaucoup évolué au cours du temps.

En particulier, par rapport à l’original, le dieu juif : alors que ce dernier était un « Dieu de colère », le chrétien est un dieu « protecteur » et de « souffrance ».

Sa particularité est d’être triple : le père, le fils, le saint-esprit. Le rôle de chacun variant en importance et en sens au cours des ans. Avec, en outre, la Vierge. (Un genre de polythéisme ?)

L’homme invente des concepts, à des fins utilitaires, qui, à leur tour, le transforment ?