Enfer numérique ?

On me disait que les jeunes n’avaient plus de temps à eux. Et qu’ils étaient extrêmement stressés. Explication avancée : les réseaux sociaux et le mail. Ils consomment un temps considérable. Et surtout, impossible de leur échapper. Au moins, les Juifs ont-ils conservé le « sabbat ».

Il est vrai que je me souviens que, dans mon enfance, les vacances étaient de véritables vacances. Loin de tout. Même le téléphone, lorsqu’il est apparu, était dans une cabine.

Serait-ce de là que proviendrait le « burn-out », mal du siècle selon l’ouvrage sur le repos dont je parlais récemment ? Effet paradoxal ? Notre société est supposée apporter de grands progrès à la condition humaine, or, notre vie est rongée par ce qui est présenté comme un moyen de distraction ?

Le principe de la constitution

Le principe de notre constitution est la liberté de l’individu. C’est l’individu qui a des droits.

Ce qui empêche d’en reconnaître à telle ou telle minorité, ou groupe culturel. Car cela romprait l’égalité. Cela interdit « l’affirmative action ».

Leurs problèmes ne se règlent pas par la loi, mais par l’action sociale. (« Le changement », dirais-je.)

Voici ce qu’écrivent MM.Carcassonne et Guillaume dans La Constitution. Et voilà qui mérite d’être approfondi, tant cela va à l’encontre d’aspirations de certains de nos éminents contemporains.

Critique et sagesse

The Democratic strategy of using lawfare to defeat Trump was repudiated, and he deserves the ability to begin his new term with a clean legal slate

Donald Trump seized on transgender rights—already a flashpoint in sports and schools—as a potent late-campaign weapon against Kamala Harris. It resonated with many voters.

Wall street journal 

Les démocrates américains, avec une certaine honnêteté, s’interrogent sur leur échec. N’est-ce pas l’ensemble de leurs valeurs qui a été rejeté par la population ?

Curieusement, ils mettent en question ce qu’il était absolument interdit de critiquer. On en vient même à avouer que la justice était, en quelque-sorte, « vendue » aux démocrates.

Le début de la sagesse ?

Gauche

« Les appels directs au peuple, par dessus les assemblées, ont toujours été envisagés avec réticence par les républicains et la gauche en particulier » (La constitution, Guy Carcassonne et Marc Guillaume).

Surprenant : la gauche n’est-elle pas le parti du peuple ? Apparemment, si elle n’aime pas le référendum, c’est qu’il fut utilisé par sa bête noire : le « populiste ».

Mais n’est-ce pas une exception qui confirme la règle ? D’ailleurs, il n’y a pas génération spontanée du populisme. Ne surgit-il pas en dernier ressort, lorsque plus rien ne va. En particulier que les partis politiques ont failli ?

De quoi « gauche » est-il le nom ?

Histoire du repos d’Alain Corbin

En lisant ce livre, je me suis demandé s’il était l’histoire du repos, ou celle du mot repos.

Car ce que l’on entend par « repos » a beaucoup évolué. Pour le Christianisme des origines, c’était le repos éternel. Le repos ne survenait qu’après la mort. Sur terre, le mieux que l’on puisse avoir, c’est la conscience en repos. Ce qui se nommait « quiétude ». Puis le repos est devenu retraite (Rousseau). Puis le repos est remède à la fatigue, puis loisir, et aujourd’hui détente, « ce qui revient à remplacer la fatigue par une tension, un mal-être, par exemple le burn-out ».

Signe des temps ? Notre mal s’écrit en anglais ?

Prospective

Quelqu’un a-t-il réfléchi à l’effet Trump ?

De ce que j’aperçois, il cherche à donner un avantage « déloyal » à ses entreprises : protectionnisme, déréglementation, énergie bon marché (pétrole)… On annonce un nouveau boom des start-up et on entend que la grande entreprise a intérêt à s’installer aux USA.

Déjà la France, surendettée, est violemment touchée par la concurrence chinoise et le coût de l’énergie. Un pan de son économie est en train de disparaître. Il ne s’agit pas de faillites classiques, mais peut-être d’un phénomène que l’on n’avait pas vu depuis la guerre. M.Trump va-t-il lui porter le coup de grâce ?

Mais, surtout, n’est-il pas le retour de l’Amérique éternelle, celle qui ne connaît pas la loi, mais la seule force ? M.Roosevelt ne fut-il pas une exception ? Une Amérique qui n’est que bulles spéculatives et crises ?

Charles Paris

Ne pas avoir de mémoire est une chance : on peut écouter plusieurs fois une émission, avec un égal intérêt. Particulièrement les enquêtes policières.

Ce fut le cas d’un épisode des aventures de Charles Paris. Charles Paris est une des multiples variantes de l’enquêteur amateur. Lui est comédien.

En fait les deux versions que j’ai entendues étaient différentes. L’une date des années 80, l’autre est contemporaine.

Dans le premier cas, Charles Paris est un détective conventionnel, autrement dit quelque-peu surhomme. Artiste exigeant, il refuse le cinéma. Si bien qu’il a du mal à trouver un emploi. Par ailleurs, en dépit d’un âge avancé (une quarantaine d’années ?), c’est un tombeur. Il est marié mais lui et sa femme son séparés, tentant de se rapprocher de temps à autre.

Dans la seconde version, c’est un pochard, un artiste raté, qui vit aux crochets de son épouse.

Le personnage a gagné en originalité. Mais son évolution en dit aussi peut être long sur l’évolution de l’image que la littérature veut désormais nous donner de l’homme ?

(La BBC diffuse les enquêtes de Charles Paris.)

Enfer vert

Je découvre le sort de notre industrie. Il est inquiétant. La Chimie serait coulée par le prix de l’énergie, et l’automobile par les normes environnementales. Les PMI se retrouvent sans marché ! Seulement, elles sont des sous-traitantes par nature, donc incapables de « pivoter ». Situation sans précédent. Que signifierait, pour notre pays, et pour nous, simples citoyens, de perdre toute son industrie ? Or, pour notre Etat cigale, la bise est venue.

A moins qu’il ne réoriente ses investissements de la licorne vers l’économie réelle ?

Ce qui pose, en tous cas, une question : nos intentions ne se voient-elles pas dans le résultat de nos actes ? (Le fameux « acte manqué ».) La politique écologique de l’Europe a abattu son industrie et a fait le lit de la Chine, et même d’Elon Musk, qui profite de ses subventions.

Suspension

J’ai découvert la « suspension » à l’époque où j’enseignais la négociation. Quand vous sentez que l’émotion monte, danger : vous devenez incontrôlable. Alors, suspension : vous laissez « passer un tour », vous ne répondez pas.

Puis j’ai lu que la suspension était le propre de la philosophie. Notre jugement est entaché d’erreurs, de préjugés. Doute cartésien ou phénoménologique.

Et, finalement, que la suspension sauvait le pilote d’essai ou de guerre. En situation désespérée, débranchez votre raison.

Cela semble signifier que la raison n’est qu’empilage social, artificielle par nature ? Si l’on veut faire la moindre chose sérieuse, il faut la mettre à zéro ?

Ilonn Masque

Elon Musk (ou Ilonn Masque, comme disent les Anglais) a gagné les élections américaines.

Lui aussi, c’est l’esprit de l’Amérique. Une vie de paris et de défis fous. Mais aussi une vie éminemment contradictoire.

Il se veut innovateur mais fait la promotion du monde de mon enfance : la bagnole et la conquête des étoiles. C’est un libertaire, mais la NASA fait sa fortune, et il casse les prix de ses voitures, pour pouvoir profiter des subventions européennes !

Seule règle : tous les coups sont permis ? Le succès est le jugement de Dieu ?