Alerté par la BBC, je me suis renseigné sur la rénovation de Notre Dame. J’ai regardé une vidéo canadienne. Le bâtiment est méconnaissable. Il est refait à neuf.
Le reportage était réalisé à l’occasion de la visite du président Macron. Il m’a donné une curieuse impression. Celle d’un revenant. Un être à la fois sans consistance et d’un autre temps.
Ce que je retrouve dans un commentaire du Monde de dimanche :
Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, le lent crépuscule d’Emmanuel Macron
Voyant son influence décliner après sa décision de dissoudre le 9 juin, qui l’a conduit à nommer un premier ministre fragile et qu’il ne contrôle pas, le chef de l’Etat a perdu le fil de son second mandat.
L’autre jour, Berlin Bulletin de Politico parlait de la biographie de Mme Merkel. Dans son héritage :
refusing to fast-track Ukraine and Georgia into NATO at the Bucharest summit in 2008.
her decision to reverse course on nuclear power.
letting the euro crisis fester until it was nearly too late to save Greece.
pursuing Nord Stream 2 even after Russia’s annexation of Crimea in 2014.
opening Germany’s doors to millions of asylum seekers from the Middle East and Northern Africa, which some would say triggered a resurgence of the far right.
Mme Merkel disait qu’elle avançait prudemment. Il est possible qu’elle se soit parfois laissé aller ? En tous cas, dans nos sociétés, démocratiques pourtant, il est frappant à quel point les décisions d’une seule personne peuvent avoir de l’impact.
Un billet précédent me fait prendre conscience des dangers de la politique industrielle. Ils donnent raison aux promoteurs de l’économie de marché : elle suppose que l’Etat utilise l’argent public pour favoriser certains secteurs, et ses choix ne sont pas toujours bons.
En fait, les régimes économiques paraissent devoir se succéder, il n’y en a pas un qui soit meilleur que les autres. Il semble que nous entrions dans une phase « mercantiliste ».
Après l’ère de la globalisation et de la multinationale où seul ce qui était étranger était beau, il est probable que nous soyons en passe de redécouvrir les mérites de nos PME et de nos territoires.
J’entendais aussi les Anglais s’interroger sur l’intérêt de réouvrir des mines. Il se pourrait que nous ayons à faire de même. Et quand cela ne sera pas possible, de chercher des partenaires en qui nous puissions avoir confiance ?
« Il y avait un grand vice dans la plupart des républiques : c’est que le peuple avait droit d’y prendre des résolutions actives et qui demandent exécution ; chose dont il est entièrement incapable. Il ne doit entrer dans le gouvernement que pour choisir ses représentants ce qui est très à sa portée ». « Au-dessus de l’idée que la liberté signifie la liberté de pouvoir participer positivement au gouvernement de la collectivité par elle-même se trouve l’idée que la liberté signifie la libération de toute domination, de toute souffrance, de toute peur. »
La première liberté est celle de ne pas être dominé. Certes. Mais est-on libre si notre gouvernement nous entraîne dans une guerre ou ruine notre économie ?
Comme Montesquieu, beaucoup de penseurs ont cru que le vote permettrait de désigner des dirigeants compétents. Ce qui est manifestement faux. John Stuart Mill désirait que l’on ne choisisse pas nos gouvernants en fonction de leur couleur politique, mais de leur capacité à réfléchir et à décider correctement. Ce qui était mieux, certainement.
Au fond, comme on le dirait pour l’entreprise, nos sociétés ont un problème de « gouvernance ».
What can convince more consumers to buy EVs? Carmakers and governments have spent billions trying to entice people to switch from petrol to electric, but progress has stalled
Europe’s centre right pushes to reverse 2035 ban on petrol cars European People’s party says law aimed at boosting electric vehicle production is misfiring
Financial Times, hier
En ces temps de disette financière, on peut s’interroger sur la façon dont nous avons été gouvernés. Quelles qu’en soient les intentions.
Si je le comprends bien, celles-ci tiendraient à ce qu’il va faire des USA un laboratoire. Et s’il en ressortait quelques idées utiles ? Et si Elon Musk, par exemple, inventait le fonctionnaire réutilisable ?
Mais, surtout, Donald Trump annoncerait une nouvelle ère, un nouveau « changement systémique ». Après le libéralisme, on était passé à la politique industrielle. Avec lui, on en arrive au protectionnisme. Dorénavant on taxe ce qui entre. Et cela concerne aussi l’environnement : taxe carbone.
La nouveauté, me semble-t-il, est qu’au lieu de distribuer l’argent à ses favoris, comme le demande la politique industrielle, l’Etat en reçoit. En ces temps d’insoutenable déficit public, c’est peut-être bienvenu.
Bien sûr, c’est le peuple qui paie. Pour se tirer d’affaire, il doit réorienter ses achats vers ce que produit le pays. En espérant que l’on y trouve ce qui est essentiel à la vie… Cultivons notre jardin ?
Il y a quelque-chose de curieux dans la vie : on n’est jamais autant en danger que lorsque l’on est mû par l’intérêt général.
Cela tiendrait-il a une caractéristique humaine, voire de la nature ? Elle cherche en permanence à exploiter nos faiblesses ?
En fait, comme le disait le livre de Iain McGilchrist, nous sommes conçus pour. Et peut-être même qu’il y a des bénéfices à tirer de la vigilance. Seulement, elle ne semble fonctionner que lorsque nous cherchons notre intérêt particulier. C’est, en quelque sorte, l’investissement nécessaire.
A moins qu’il ne faille adopter la phrase d’une résistante, qui disait, « nous ne sommes pas des victimes, mais des résistants ». L’intérêt général comme un combat ?
L’autre jour, la BBC disait que Mme Le Pen aurait peut-être intérêt à faire tomber le gouvernement avant que le procès dans lequel elle se trouve ne la rende inéligible.
Entre-temps, je me suis renseigné sur le scénario grec. J’avais oublié que cela avait été une crise financière. Des banques en difficultés, plus d’argent, des salaires de fonctionnaires et des retraites qui n’étaient plus payés…
Selon une étude britannique, on constate depuis le début de la crise « des tendances très inquiétantes, un doublement des cas de suicides, une hausse des homicides, une augmentation de 50 % des infections au virus HIV et des gens qui nous disent que leur santé a empiré mais qu’ils ne peuvent plus consulter de médecins même s’ils devraient le faire ». Faute de moyens de subsistance, le recours à la prostitution est également en augmentation. Selon les chiffres compilés par le site Okeanews, de 2008 à 2014, la mortalité infantile a augmenté de 42,8 %, les suicides de 44 % et les dépressions de 272,7 %.
Les « plus modestes » auraient subi le gros du choc.
Selon un rapport de l’institut Hans Böckler, depuis le début de la crise les impôts ont augmenté de 337 % pour les plus pauvres contre seulement 9 % pour les plus riches, et les 10 % les plus pauvres ont perdu en moyenne 86 % de leurs revenus, contre 17 à 20 % pour les 30 % les plus riches.
Livre bien écrit et pourtant difficile à lire. C’est un peu comme chez Bergson : à force de vouloir démontrer, je perds le fil de ce que l’on essaie de démontrer.
Pourtant l’histoire est simple. Le cerveau est fait de deux parties, la gauche et la droite. Elles sont quasi indépendantes l’une de l’autre. Cette indépendance tient à une cause naturelle : lorsque l’on accomplit une tâche, il faut garder un oeil sur les menaces alentour. Un cerveau, terre à terre, n’est préoccupé que de basses besognes, alors que l’autre est ouvert sur l’inconnu, la complexité, la réalité. En fait, le gauche est « l’émissaire » du droit. Le cerveau droit est le cerveau intelligent, le cerveau humain, alors que l’autre n’est qu’un exécutant.
La thèse du livre est que l’exécutant a pris le pouvoir sur le maître. Et que cela va nous être fatal.
La première partie explique le fonctionnement du cerveau. La seconde montre qu’une étude de l’histoire occidentale illustre la prise de pouvoir du cerveau gauche. En effet, on peut corréler nos actes, et ceux de nos sociétés, avec les caractéristiques de l’un ou l’autre.
Cependant, ce livre a une faille. Il est écrit dans la tradition des thèses érudites anglo-saxonnes, comme une recension d’ouvrages des penseurs qui ont marqué leur temps. Or, que reflète cette littérature, sinon la culture d’une infime partie de la société ? Comment en déduire quoi que ce soit sur l’ensemble de l’humanité ?
Scandale Archegos, aux USA. Une fois de plus c’est une histoire de produits dérivés et d’opacité. Plusieurs banques ont perdu leur chemise dans l’affaire.
D’après ce que je lis, celui qui avait créé Archegos, Bill Hwang, était un homme modeste et bien.
Curieusement, c’était aussi le cas de M.Bankman-Fried, qui avait eu l’idée d’un moyen de collecter beaucoup d’argent pour l’investir dans des affaires méritantes. Et ce afin de changer le monde. Il a aussi fait de gros dommages.
Tous les deux vont passer de longues années en prison.
Comme quoi, il n’y a pas que l’intention qui compte ?