France chômage

Un observateur de la « chose publique » me disait que les grands groupes voulaient depuis quelque temps procéder à des suppressions massives d’emplois, mais qu’ils n’osaient pas licencier les premiers. Maintenant que le mouvement est parti, ils s’y mettent tous. Y compris Airbus.

Il y aurait eu une phase d’euphorie, une vague d’embauches, après le covid. Elle aurait fait oublier à nos politiques la question de l’emploi. Elle se rappelle à nous à un bien mauvais moment ?

La cigale… ?

Mal français

Qu’est-ce qui fait de nous un pays consternant ?

Le phénomène semble remonter à Louis XIV. Depuis lors la France essuie défaite sur défaite. Et pourtant son ridicule ne meurt jamais.

Et si notre mal était « l’aristocratie », « l’élite » ? Celle de Louis XIV a fasciné son temps. Depuis nous ne cessons de la réinventer. A chaque fois, un processus de sélection qui leur fait croire qu’ils sont des génies porte au pouvoir des arrogants sans expérience pratique.

Au moins, Louis XIV avait-il une armée qui savait se battre, mais aujourd’hui, tout le monde se croit élite.

Comment modifier cette organisation sociale ? Et, peut-être aussi avant de commencer, faudrait-il se demander quelle en fut la contrepartie pour le peuple ? Une formation à l’impuissance ?

Marc Bloch

Marc Bloch vient d’entrer au Panthéon. En écoutant l’émission de France culture « avoir raison avec », je pensais que Marc Bloch était un représentant de « ma France ».

Son oeuvre est très proche de mes préoccupations. Il a jeté sur le monde un oeil d’anthropologue. Il a cherché dans le moyen âge les « invariants » de nos sociétés européennes. Et il a analysé, comme le fit Tocqueville, la société de son temps, qui ressemble tant à la nôtre. Et il est mort pour un idéal dont elle est indigne.

L’honorable Donald Trump

Suis-je victime d’une illusion ? Dans la presse que je lis, je crois percevoir un revirement d’opinion à l’endroit du président Trump.

Hier encore, on le traitait de pitre. Désormais on commente ses nominations, on cherche à deviner ses intentions. On le dit imprévisible. On attend de voir les résultats de sa politique pour se prononcer ? En tous cas, il me semble avoir gagné un certain respect.

Qu’est-ce qui a produit ce résultat ? Comme les stratèges chinois, serait-il parvenu à épuiser les ressources de ses adversaires ? Ont-ils pris conscience, comme le président Biden, qu’ils n’avaient guère de leçons de morale à lui donner ?

Paul Temple

Je deviens un spécialiste du détective anglais d’après guerre. BBC 4 extra rediffuse des enregistrements du feuilleton radiophonique Paul Temple.

Paul Temple, « the suave sleuth », est un auteur à succès de livres policiers. Il est riche. Il vit dans la haute société. A ses heures perdues il est enquêteur. Comme souvent en Angleterre, c’est un esprit supérieur, qui a réponse à tout. Lorsqu’il intervient, il dirige Scotland Yard.

Sa particularité est de faire équipe avec son épouse la « glamorous » Steve. (J’ai appris, grâce à wikipedia, que c’est un pseudonyme, et que l’actrice qui joue ce rôle avait un physique à faire de la radio.) Ses différentes aventures sont bâties sur un schéma prévisible. Tous les deux traversent un nombre invraisemblable d’attentats, à tel point qu’ils ne font plus attention aux balles qui traversent leur pare-brise, avec, généralement, au moins une tentative de noyade. Finalement, tous les suspects se retrouvent dans une salle. Mais le premier coupable n’est généralement pas le seul ou le bon. Il y a un rebondissement de dernière minute. Avant explication finale et note d’humour.

C’est à la fois très anglais et très international : les héros de mon enfance ressemblaient à Paul Temple. Ils étaient des surhommes. Sa particularité est sa femme. Non seulement l’un ne va jamais sans l’autre, mais, seule, elle peut très bien se débarrasser des pires malfrats, et même les noyer. Bien sûr, le feuilleton reflète les « préjugés du temps » : alors que son mari est la rationalité même, elle est toute intuition. Mais les deux sont complémentaires. Et je soupçonne que l’intuition va revenir à la mode !

Péril jaune

La BBC s’interroge sur l’avenir de l’industrie automobile occidentale. (The Inquiry, Is Europe’s car industry at a crossroads?) Péril jaune.

Jusque-là j’avais entendu que la Chine avait pour stratégie de dominer les activités économiques vitales. Qu’en ce qui concerne l’automobile, elle avait constaté qu’elle ne pourrait jamais rattraper l’avance occidentale, et que les normes environnementales lui donnaient la chance de s’imposer. Ici comme ailleurs, elle y était parvenue par des subventions massives.

L’émission développait d’autres idées. Certes il y avait eu subvention, mais le véritable décollage était dû à Elon Musk, décidément, qui avait apporté à la Chine un savoir-faire essentiel. Et aussi : les constructeurs occidentaux avaient perdu leur domination du marché chinois faute d’avoir compris le besoin du consommateur local, qui est de faire de sa voiture un smart car (Steve Jobs se retourne dans sa tombe ?) disposant d’applications telles que le Karaoké.

Dolente intelligence artificielle

En regardant l’évolution du mot « dolent », je me demandais comment parvenir à le comprendre. Son sens dépend de l’époque à laquelle il a été utilisé. Il n’est pas évident de le déduire de son contexte.

C’est aussi un problème que je rencontre avec les textes anciens. Leurs mots sont souvent de « faux amis », leur sens a changé radicalement.

Il en est d’ailleurs de même de l’anglais moderne. Je me rends compte que je ne parviens pas à comprendre une certaine forme d’américain idiomatique, par exemple celui des tracts politiques. La langue, en particulier dans ce cas, semble essentiellement une création orale, en changement permanent.

Comment l’intelligence artificielle peut-elle se tirer d’affaires dans ce cas ? Elle devra apprendre à nous comprendre, ce qu’elle fait encore mal, pour transformer nos paroles en mots, afin de pouvoir les soumettre à ses mystérieuses procédures ? Ordinateurs toujours plus gigantesques, toujours plus de centrales nucléaires ?

Renonçons à l’illusion de l’élimination de l’homme ?

Mystérieuse Syrie

A peine avais-je écrit cet article que la situation en Syrie avait changé : le président Assad l’avait quittée.

Que se passe-t-il en Syrie ? Attaque surprise d’une génération spontanée d’islamistes inconnus, le régime s’effondre comme un château de cartes.

Apparemment, la Turquie serait dans le coup. Et l’armée syrienne n’était rien sans les combattants du Hezbollah et les avions russes, qui ont actuellement d’autres soucis.

Entre un islamiste et la Russie et l’Iran, qui choisir ? Le premier émet des sons rassurants : ce serait un nationaliste sans velléités de guerre sainte. (Article.)

Carlos Tavares

Rubrique nécrologique. Que penser du départ de Carlos Tavares, sinon que le roche Tarpéienne est proche du Capitole ? L’année dernière il était au faîte de la gloire, et percevait le plus gros salaire payé en France. Brutalement, on annonce que Stellantis fait des pertes abyssales, et qu’il démissionne.

N’est-il pas la victime impuissante d’un drame international ? Les constructeurs automobiles occidentaux ne sont pas parvenus à résister à la vague chinoise et aux normes environnementales ? Que vouliez-vous qu’il fit ?

En fait, un observateur de notre tissu économique me racontait une autre histoire. La stratégie des donneurs d’ordre a été d’écraser par leur taille leurs sous-traitants, ça a été en particulier celle de Carlos Ghosn et Tavares. Dernièrement, les équipementiers de rang 1 sont devenus plus forts que leurs clients. Ces derniers ont cherché à reprendre l’avantage. Ce qui expliquerait que Stellantis soit aussi gros.

Carlos Tavares ou la fin d’une ère ? Le véritable entrepreneur va-t-il reprendre le dessus sur le gestionnaire ?