Anglais modèle

On n’aura pas beaucoup parlé des élections anglaises. Et pourtant elles me semblent pouvoir être un signe de changement.

Le premier ministre anglais est un haut fonctionnaire d’élite, comme on n’en fait plus en France. Autrement dit, il est guidé par l’intérêt général.

Et il a décidé de faire ce que doit faire tout serviteur de l’Etat digne de ce nom : le remettre en ordre pour qu’il accomplisse sa mission.

Une idée pour la France ?

Prospective

Fin d’année, moment de prospective. De quoi pourrait être fait notre avenir ?

Curieusement, Donald Trump a assommé l’opinion. Hier, c’était un clown, maintenant le monde est suspendu à ses lèvres. Plus personne ne semble capable de penser. (Heureusement, les sénateurs de son camp viennent de faire preuve d’un rien d’indépendance, en lui refusant de pouvoir dépenser sans compter ? Une leçon pour le bien pensant ?)

Or, que pourrait nous promettre Donald Trump ? Un retour aux USA des origines ? Et ils étaient le pays des crises ultra violentes. Même les fameux « Robber barons » étaient terrorisés. Roosevelt et les années d’après guerre ne furent qu’une parenthèse contre nature. Rappelons-nous de 29 ?

Donald Trump ou le stress test mondial ?

Robert Maxwell

Robert Maxwell, magnat de la presse, disparu mystérieusement. Décidément, ces Anglais ont de la chance : avoir été une grande puissance, leur vaut de grands destins.

Intéressante vie. Maxwell est né dans la misère, en Tchécoslovaquie, est passé dans la résistance, a rejoint l’armée anglaise, où il fut brave et décoré. Il avait apparemment une capacité exceptionnelle à apprendre les langues. Ce qui lui a valu d’être un agent de renseignement à Berlin, et d’y rencontrer le dirigeant de Springer Verlag, qui avait beaucoup d’articles scientifiques à écouler. C’est de là qu’est parti son empire de presse, acquis à coups d’achats.

Seulement, cet empire n’était pas aussi solide qu’on le pensait. Maxwell avait découvert qu’il pouvait se servir des fonds de pension de ses sociétés pour payer ses acquisitions, et les pertes qu’ils subissaient. Il fut pleuré par les grands de ce monde le jour de sa mort. Le lendemain, on découvrait qu’il avait ruiné bien des gens. C’était un grand escroc, dit-on. Peut-être surtout un mauvais homme d’affaires ?

(Inspiré par : Fall: the mystery of Robert Maxwell by John Preston, BBC4 extra.)

Daniel Kretinsky

Daniel Kretinsky achète la poste anglaise. Il a beaucoup fait parler de lui en France. Qui est-il ?

Quelques informations vues à droite à gauche semblent dire qu’il a fait fortune dans le gaz russe et qu’il achèterait ce qui est sous évalué : la presse française, Casino, les centrales à charbon.

Il y a beaucoup de monde qui a besoin de placer de l’argent. Des banques qui doivent le prêter, des investisseurs, des citoyens fortunés. Le tout, pour réussir à ce jeu, est d’acquérir une notoriété suffisante ?

(D’après Profile de la BBC, il semble un investisseur sérieux.)

Histoire de la nation portugaise

Encore un. Un livre bien écrit, mais dont la lecture est éprouvante.

La « nation portugaise » s’est constituée très tôt, à l’époque où les Musulmans ont été boutés hors de son territoire. Et depuis ? Quasiment plus rien. Sinon une sourde tristesse. Le regret d’une grandeur volée.

Comment expliquer cette différence avec la France, dont l’histoire n’est que bruit et fureur ? l’auteur serait-il passé à côté de quelque chose ?

Il ressort de la lecture un sentiment bizarre. N’en voudrait-il pas à Salazar ? Mais il n’apporte pas beaucoup d’éléments à charge. Certes ce fut un affreux fasciste, mais il a évité une guerre à son pays, et n’a pas collaboré avec l’Allemagne. Certes, il y a eu colonie. Mais, en ces temps, tous ceux qui le pouvaient étaient colonialistes et sa décolonisation semble beaucoup moins sanglante que la guerre d’Algérie, ou que les guerres qui ont résulté de la décolonisation de l’empire britannique d’Inde.

Finalement, il abat ses cartes. Il fait, effectivement, un procès en colonialisme au Portugal ! Repentance ! L’historien moderne se prendrait-il pour un procureur ?

Canal moins

L’autre jour, la BBC s’étonnait : pourquoi Canal Plus s’introduisait-il à la bourse à Londres, alors que tout le monde la quittait pour l’Amérique ?

Son dirigeant lui accordait une longue interview, qui expliquait à quel point sa manoeuvre était brillante. Un raisonnement comme seul un Français peut en faire.

Le soir, le prix du titre avait baissé de 20%…

Réchauffement cubain

Barack Obama avait décidé de se rapprocher des Cubains. Lorsqu’il fut élu, Donald Trump renia les promesse d’Obama. Beaucoup se sont sentis trahis. (Witness history, BBC world service)

De Gaulle aurait dit : « les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ».

C’est en particulier vrai pour les USA, qui sont sans arrêt revenus sur leurs engagements. A commencer par ceux qu’ils avaient pris après la guerre de 14. C’est d’ailleurs une caractéristique du pays : on appelle « innovation » le renoncement à un engagement auquel tout le monde croyait (par exemple à un engagement de verser une retraite).

Ce qui a au moins l’avantage de forcer l’individu à maintenir son cerveau en activité permanente.

Javier Millei

On présentait Javier Millei comme un « populiste » un peu timbré. Quel est le sort de l’Argentine, maintenant qu’il est au pouvoir ? (Une émission de la BBC.)

Il a été pragmatique. Il n’a pas utilisé les mesures les plus radicales de son programme. Il a fait une politique de type « FMI ».

On ne veut pas se prononcer sur l’avenir, mais, ce qui est certain est qu’il a ramené l’inflation à « seulement » 2% par mois et que les investisseurs étrangers reviennent, et ils étaient cruciaux. Quant aux pauvres, qui paient toujours la facture dans ce cas, ils étaient déjà tellement cabossés qu’ils ont absorbé le choc sans s’en émouvoir excessivement.

Plus remarquable : il gouverne sans majorité. Un pèlerinage à suggérer à M.Bayrou ?

Perdre pied

Drôle d’histoire. Il y a une quinzaine d’années sont apparues sur les plages de Vancouver des chaussures contenant des pieds.

Règlements de comptes entre gangsters locaux ?

Non. Tout tenait à l’invention d’un nouveau type de chaussure de sport, ultra légère. Les pieds appartenaient à des suicidés qui s’étaient retrouvés à la mer. Apparemment, il faut peu de temps à la faune marine pour trancher une jambe. Et les courants tendent à converger vers les mêmes plages.

Grâce à leur ADN on est parvenu à retrouver les propriétaires des pieds. Et à rassurer leurs familles, qui avaient enfin une réponse à leurs inquiétudes.

(D’après une émission de la BBC.)

La prochaine fois que la solution à une énigme nous paraîtra évidente souvenons-nous que nous avons toujours tort ?