Souffrante Angleterre

L’Angleterre s’est engagée dans la rigueur budgétaire. Surprise : les marchés financiers n’apprécient pas cette politique. Et cela provoque une prédiction autoréalisatrice (le marché a peur d’avoir peur ?). Le pays est ébranlé. Comment cela va-t-il se finir ?

En attendant sa chancelière de fer part en Chine : certes c’est un ennemi, mais nous sommes dos au mur, nous avons besoin de ses investissements.

Curieux phénomène. Utile leçon pour la France ?

Et drôle de chose que le marché. L’homme a créé un être totalement irrationnel ? (Ou ressortissant à la « psychologie des foules » ?)

Dernières paroles

La BBC donnait une émission sur les « dernières paroles ». En Angleterre, il semble qu’il soit devenu à la mode, lorsque l’on est célèbre et qu’il ne reste pas longtemps à vivre, d’accorder des interviews. A tel point qu’il devient difficile de faire preuve d’originalité.

Comme quoi, les philosophes se sont mis le doigt dans l’oeil lorsqu’il ont dit que « philosopher, c’était apprendre à mourir » ? Beaucoup de gens n’ont aucun problème avec la mort ?

La mort est, comme tout le reste, une invention de la société ?

(Serait-ce le message du surréalisme, une autre émission de la BBC ? Nous sommes pris dans une fiction créée par la société, la réalité est ailleurs ?)

La femme et le pantin

Surprenant que l’on puisse mener encore de telles études :

After taking this difference in total brain volume into account, at a regional level, females on average showed larger volumes in grey matter areas related to memory and emotional regulation, while males on average had larger volumes in grey matter areas involved in sensory processing and motor control.

Article

Il y aurait donc des différences marquées entre l’homme et la femme ? Et elles semblent se voir dans notre société. La femme paraît plus apte aux études que l’homme, qui lui serait conçu pour l’action et le risque. Trump et Musk.

Le changement n’aura pas lieu ?

Qui est encore préoccupé par la transition climatique ? D’après une enquête récente, c’est un souci de plus en plus secondaire pour les nations, en particulier en France, et même chez les écologistes !

L’article révèle qu’un tiers des Français sont « climato-sceptiques » (voilà ce que l’on n’entend pas à la radio !) mais surtout que « une très forte majorité de Français (71%) est convaincue que « à cause de leurs batteries, les voitures électriques sont aussi nocives pour le climat que les voitures à essence ». » Cette opinion est même majoritaire chez les écologistes !

Globalement, la population semble penser de plus en plus qu’elle a déjà fait assez d’efforts personnels et que l’innovation technique doit prendre le relais.

Après tout ce battage, la transition climatique pourrait-elle se révéler un pétard mouillé ?

(L’exemple même de comment procède la résistance au changement ? Et de la première diapo que je présente lorsque je parle de changement…)

Raison et changement

La raison paraît inefficace face au changement.

Les sociétés semblent avoir peu de mémoire. Elles tendent à partir sans arrêt de 0, les nouvelles générations à peine sorties de l’enfance submergeant les anciennes. Et ces nouvelles générations ont la tête farcie de sornettes. Surtout l’intérêt fait loi.

Mais, à côté de cette forme d’élan produit par la volonté de puissance, des mécanismes sociaux, comme l’université ou les livres, maintiennent la mémoire du passé. Lorsque la réalité finit par attraper l’élan, les enseignements du passé ressurgissent.

Ce qui semble prouver que la raison a une certaine résilience.

Benoît Duteurtre

J’ai appris avec du retard que Benoît Duteurtre était décédé.

Il animait la seule émission que j’écoutais en direct (le temps d’étendre mon linge, ce qui n’est pas long). Elle avait un mérite rare : elle était calme. On y parlait de chanteurs désuets et de musique légère. Et Benoît Duteurtre, esprit encyclopédique, était ce que j’appelle un « littéraire brillant », quelqu’un à la parole facile et élégante.

Avec mon mauvais esprit habituel, je flairais le complot. J’avais cru comprendre que c’était un auteur à succès. Son éditeur ne lui avait-il pas obtenu cette émission ? Cela lui permettait de faire de la publicité à ses oeuvres, en échange de quoi France Culture bénéficiait d’une émission gratuite, et contournait la loi ?

En tous cas, la lecture de sa fiche wikipedia m’a fait découvrir qu’il n’était pas qu’un homme de lettres. C’était d’abord un musicien. Et son oeuvre semble avoir été une critique de la morale dominante. Ce qui mériterait peut-être qu’on la lise.

Déluge

Jeudi matin, j’entendais les agriculteurs britanniques dire que la pluie avait commencé en octobre 2023 et que depuis elle n’avait pas cessé.

Une autre émission expliquait que, régulièrement, en fonction de phénomènes tels que El Nino, la terre subirait des cycles climatiques caractérisés par des périodes durant lesquelles certaines régions sont hyper pluvieuses, et d’autres hyper sèches (la Californie en flammes ?).

Je lisais aussi chez wikipedia que je ne sais plus qui semblait mettre en cause le « consensus » des scientifiques concernant le réchauffement climatique. Mais ce « consensus », à l’opposé de l’esprit de la science, ne paralyse-t-il pas la curiosité de nos chercheurs ?

Le bon gouvernement

Aristote pensait que le bon gouvernement consistait à apprendre la vertu aux citoyens. Curieusement cela semble aussi le projet de notre gouvernement, qui a, comme ses prédécesseurs, un ministère de l’éducation nationale.

Pour ma part, je ne suis pas un partisan du lavage de cerveau. Je constate que ce que devrait veiller à éviter un gouvernement, c’est l’utopie, la révolution. Non-seulement celle-ci ne réussit pas, mais elle aboutit à une contre révolution. Le gouvernement devrait être prudent et éviter les mouvements violents.

Surtout, il devrait chercher à placer sa société dans des conditions qui la forcent à la sagesse. Henri Bouquin disait que la mission du contrôle de gestion était d’organiser l’autonomie. C’est l’idée.

De quelles conditions s’agit-il ? Difficile à dire. Probablement il faut qu’elles créent un milieu favorable à l’entraide. Autrement dit, l’individu doit se sentir en permanence quelque peu en danger. Un excès de protection est probablement un mal.

Enfin, ces conditions ne doivent pas pouvoir être remises en cause. C’est la question de la gestion des communs étudiée par Elinor Ostrom.

Ethique de la responsabilité

L’on pourrait encore imaginer d’importer le génial mécanisme allemand de la motion de censure constructive, qui oblige ses signataires à donner le nom de celui qui deviendrait automatiquement premier ministre en cas d’adoption. Ici comme là, cela protégerait des majorités contre-nature (droite et communiste) dont faillir être victimes Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy. De plus cela permettrait à la majorité en place de remplacer elle-même un premier ministre devenu par trop impopulaire. Elle ne ferait pas aisément, mais le simple fait qu’elle le puisse pourrait conduire le président de la République à la traiter moins mal…

La constitution introduite et commentée par Guy Carcassonne et Marc Guillaume.

Une solution à notre instabilité parlementaire : que nos députés nous proposent le nom d’un premier ministre ? La critique est facile…