Libération ?

Je lisais que Stéphane Séjourné aurait enterré la CSRD.

Le Financial times disait, le 22 janvier, aussi :

Rachel Reeves says growth ‘trumps’ net zero as Heathrow runway decision looms
Chancellor set to confirm her support for UK’s largest airport having a third runway

Le gouvernement travailliste anglais se défait de la contrainte environnementale.

L’élection de Donald Trump, étrangement, semble avoir provoqué l’effondrement d’un barrage.

Responsable et coupable

J’ai tendance à dire « responsable mais pas coupable ». L’homme est emmené dans des mouvements sociaux dont il n’a pas totalement conscience. Ce qui fut le cas de que l’on a appelé notre « élite ».

Les derniers événements me font penser que j’ai tort, une fois de plus. Il a suffi que les intérêts de la population aient du plomb dans l’aile pour que la transition climatique fasse de la marche arrière.

En conséquence, il est tentant de penser que, si tout va bien pour vous, c’est que vous êtes en train de nuire à quelqu’un. Tout homme bien portant est un coupable qui s’ignore ?

Vive la Suisse !

Qu’est-ce qui ne va pas dans notre politique ? Nos gouvernants se prennent pour Louis XIV. Or Louis XIV a ruiné la France par des guerres stupides et des dépenses somptuaires. Comme disent les Belges, le bas du dos du Français sent mauvais à force de péter au dessus de son cul.

Renonçons à l’illusion de puissance ? Laissons la à la Chine, aux USA, à l’Inde, à la Russie, à l’Iran et à la Corée du Nord ?

Oui nous accumulons des retards. Faisons avec ce que nous avons. Vive la Suisse !

De la liberté

La façon dont l’humanité a été gérée ces derniers temps nous rappelle que le problème posé par les Lumières, comment éviter que l’homme exploite l’homme, n’a pas été résolu.

Les Lumières ont cru aux lois et au marché. Mais ce fut un échec. D’ailleurs, ce n’est pas parce que ce qui dirige les hommes (le marché ou la nature) n’est pas humain que leur sort est enviable.

J’en suis arrivé à penser qu’il faut chercher la solution du côté de la résilience et des communs. L’idée est de placer l’humanité dans une situation où elle doit rester sur ses gardes (oublions la société paternaliste d’après guerre), ce qui la force à la solidarité et à une réaction à l’aléa stimulante. Quant au commun, c’est un « dispositif social » qui est contrôlé par tous, ce qui fait que personne n’en a seul les commandes. Tout cela conduit à un écosystème dans lequel chacun est en monopole, sans pouvoir l’utiliser comme un monopole, parce que tous les autres, ensemble ont la capacité de le remplacer. (A suivre ?)

Copyright

Nous sommes en retard ! Nous sommes en retard en intelligence artificielle, notre industrie a une guerre de retard ! Il faut rattraper les Chinois, les Indiens, les Américains. Voilà ce que l’on dit au plus haut niveau de l’Etat. Là où se trouve l’élite intellectuelle.

Mais le plus haut niveau de l’Etat a-t-il réfléchi un instant ? Car est-ce que les Chinois, les Indiens et les Américains sont heureux ?

Certes les Chinois et les Indiens nous ont écrabouillés en nous achetant la corde pour nous pendre. Mais qu’ont-ils gagné ? Demain ce sera eux qui fabriqueront des avions et des voitures, mais nous n’auront pas les moyens de les acheter, car nous n’aurons plus d’économie. Mort, où est ta victoire ?

Et si, au lieu de regarder chez les autres, qui feront toujours ce que nous ne savons pas faire, nous regardions chez nous et fassions ce qu’ils ne savent pas faire ? Peut-être aurions-nous quelque-chose à échanger ?

Nobel d’économie

Curieux. On n’entend pas beaucoup s’indigner les économistes. Or, la politique protectionniste de M.Trump contredit leur théorie. Elle devrait faire le contraire de ce pour quoi elle est faite : elle devrait augmenter le coût de la vie du petit peuple.

J’entendais l’autre jour un économiste dire que M.Biden avait mené une politique orthodoxe, mais que malheureusement le peuple n’en avait pas perçu l’effet. Le « consensus » semble effectivement croire que c’est l’économie qui a fait élire M.Trump.

Car rien n’est simple. En fait, les pays occidentaux ont mené une politique industrielle, sans le dire. Mais que donne une telle politique si elle parie sur un secteur sans avenir ?

L’avantage du droit de douane est qu’il fait entrer de l’argent dans les caisses de l’Etat. On peut donc en attendre une baisse des impôts qui compense la hausse des prix. De même, M.Trump cherche à relancer son secteur industriel, en le protégeant, ce qui est susceptible de créer des emplois, des revenus, des impôts…

Bien sûr, l’argumentation qu’il emploie est malhonnête. Car si les USA et l’Occident sont dans cet état, cela ne tient pas à la malveillance de leurs partenaires commerciaux, mais à une politique délibérée. Mais qui revendique encore la rigueur intellectuelle ?

En tous cas, bien malin qui peut dire de quel côté va aller l’histoire. Cela tient probablement, comme dans les batailles, à la chance et au moral des troupes…

Jurassic Park

Réjouissons-nous. Il y a de quoi faire un film d’épouvante. 

Le monde est entre les mains des milliardaires américains. Et le milliardaire américain est un animal plus ancien et bien moins évolué que le dinosaure.

Il n’a pas changé depuis la fondation des USA. Le pionnier faisait brûler sa maison pour en récupérer les clous. Totalement inculte, il croit à des vérités simples : c’est à lui de façonner le monde. Et il ne reconnaît aucune loi. Seul contre tous, c’est le succès (Gaad) qui décide de ce qui est bien ou mal. Et, pour l’obtenir, tous les coups sont permis. Y compris le coup d’Etat.

En fait, il respecte tout de même une loi. Celle du plus fort. Ce qui est une forme de lâcheté. Ce qui met le monde en face de ses responsabilités : logique de l’honneur ou esprit de Munich ?

Prospective

Quels enseignements tirer des récents événements ? En particulier de tous ces changements tonitruants qui n’ont pas lieu ?

  • Tant que le changement n’a pas commencé, on ne peut pas dire s’il commencera. En revanche :
  • La raison peut indiquer le sens dans lequel il va aller. Par exemple ce blog explique depuis ses origines que les thèses à la mode ne tiennent pas et les événements semblent lui donner raison ; de même les bulles Internet et financière semblaient bien des bulles spéculatives.

En fait, tout est une question de « résistance au changement ». Tout nous semble malléable, mais une société, la nature, etc. ont des « os ». Quand le changement les rencontre, il fait demi-tour. La base de la philosophie chinoise est le « li », il s’agit de comprendre les « données » de la situation pour en tirer parti, de même que le sculpteur « sent » ce qu’il peut (ou ne peut pas) tirer d’une pierre.

Sang neuf

J’entends souvent que le Français de la métropole est paresseux et qu’il faudrait rapatrier l’expatrié. Ce serait un entrepreneur.

Je ne prétends pas avoir une vision exhaustive du sujet, mais j’ai tout de même dans mes relations plus ou moins proches pas mal d’expatriés, aux USA ou au Canada, dont certains sont à l’origine de start-up qui valent 50md.

Eh bien, tous ces gens ont un point en commun : ce ne sont pas des entrepreneurs, mais des immigrés.

Ils ont apporté aux USA des compétences (souvent la formation des grandes écoles) qui manquaient. Ils ont profité de très hauts salaires, alors qu’ils avaient des besoins français. Si bien que souvent ils ont abandonné une carrière qui aurait pu être brillante pour faire des sortes de « petits boulots » techniques, dont ils vivent très bien. J’en connais qui aimeraient revenir en France, mais ils ont constaté qu’ils n’y trouveraient pas de travail. 

L’idée de néant de Bergson

Dans ce recueil de chapitres d’autres ouvrages, Bergson attaque la notion de néant et de désordre comme n’ayant pas d’existence. Le néant n’est pas imaginable. C’est un concept imaginaire comme cercle carré. Le désordre est une forme d’ordre.

Certes peut être que cela peut être opposé à l’existentialisme (en particulier nazi) qui n’a que le néant à la bouche, mais il aurait peut être fallu aussi tenir compte de la physique, qui parle de vide et de chaos.

Mais peut-être n’ai-je pas compris.