Pas de Trump sans feu ?

Qui croire ? Accident d’avion aux USA. Trump accuse la tour de contrôle et la politique d’inclusion. Honteux ! hurle-t-on. Et pourtant, effectivement, il semble que le personnel de la tour de contrôle n’était pas au complet…

Trump a déclaré la guerre au Canada. Ridicule : qui peut être plus pacifique que le Canada ? Mais Trump veut lutter contre l’inflation, et les exportations canadiennes coûtent cher au consommateur…

Il semble donc que derrière l’apparente irrationalité de Trump, il y ait une raison. Mais elle nous est imperceptible parce qu’il y a aussi des « choses qu’il ne faut pas dire », même si elles sont justes. Et que, peut-être bien, il en joue pour frapper les esprits.

Trump, c’est Mr Smith au Sénat ? Seulement un Mr Smith qui s’exprimerait comme un réel Mr Smith ?

Prompt

Un ami interroge chatGPT : qui a inventé tel concept ?

Réponse : mais c’est toi, voyons !

Je pose la même question. Réponse : il n’y a pas d’inventeur.

ChatGPT, c’est l’ultime élégance. L’intelligence du coeur. Le miroir de Blanche neige qui serait incapable de donner de mauvaises nouvelles. Il vous connaît comme s’il vous avait fait et il vous dit ce que vous avez envie d’entendre ?

(Nos gouvernants utiliseraient-ils chatGPT ?)

Colonisation

Pourquoi la France est-elle aussi haïe ? Passé colonial ? Mais l’Angleterre a été un bien plus grand colonisateur et son « diviser pour régner » a laissé le monde a feu et à sang. Et que dire du Portugal, de l’Espagne et de la Hollande, qui nous avaient précédés ? Pourtant leurs colonisés ont de la tendresse pour eux. Alors que la France est haïe même par ceux qu’elle n’a pas colonisés !

Sans compter que la France s’est voulue généreuse pour ses colonies. Comme le disait Graham Greene, en se gaussant, les colonies de la France étaient « la France » !

En lisant Michelet, je me suis demandé si le problème n’était pas là. La France s’est crue le Messie. Curieux héritage du catholicisme ? Comme nos « climato-enthousiastes » actuels, elle avait une mission civilisatrice. Elle oeuvrait pour l’intérêt général.

Le véritable colonisateur n’asservit pas tant le corps qu’il nie notre libre arbitre ?

Le talent est à l’intérieur ?

Un curieux changement s’est produit de mon vivant.

Jadis le dirigeant avait un rôle relativement secondaire. C’était une sorte de gentil organisateur, pas très malin et admiré.

Le véritable héros était à l’intérieur de l’entreprise, il apportait son génie à la résolution de problèmes complexes et à la création de nouveaux produits.

Les talents de nos polytechniciens et de nos normaliens ne seraient-ils pas mieux employés ainsi que dans des fonctions bureaucratiques, politiques ou de direction générale ?

Les dessous de l’artificiel

Un « grand universitaire », spécialiste de l’analyse de données, me fait un commentaire utile quant aux dessous des techniques à la mode :

Ton article court mais percutant pose effectivement le problème clef de la fiabilité de l’apprentissage des LLM (Large language Models) type ChatGPT (IA. Générative) (même  dans ses dernières versions payantes, mais qui sont largement  les plus performantes). En effet comme tu le signales il faut beaucoup (voire trop ?) de données pour étalonner correctement un LLM dans sa phase apprentissage (des billions de documents et des  « fact sheets »  en énormes  « data repositories ») d’une part, et d’autre part des étiqueteurs  humains (qui se comptent par dizaines de milliers dans des pays comme le Kenya, le Nigéria, l’Inde etc.) pour corriger et affiner les données brutes de catégorisation afin de valider la cohérence les documents stockés. Actions auxquelles bien sûr il faut rajouter la précision et la qualité des questions, qui dépendent elles-mêmes de la qualité des « prompts », ces scénarios décrivant le contexte des questions à poser aux modèles pour préciser et améliorer la qualité des réponses de l’outil d’IA et de son modèle latent.
C’est ainsi que ChatGPT d’OpenAI a eu quelques jolis succès quand il est sorti, par effet de surprise et gains de temps constatés chez ceux qui l’ont utilisé au départ. Ce succès repose sur l’investissement monstrueux et très coûteux consenti en stockage de gigantesques masses de données et en petites mains nombreuses associées à la catégorisation des documents, et également en temps passé à réaliser le travail global d’intégration des différents composants des modèles. Ce n’est pas le cas de tout le monde, par exemple le cas de GEMINI de Google est moins «successfull » que celui de OpenAI, ils sont en train de l’affiner et de l’améliorer, ce qui prouve d’ailleurs qu’il faut beaucoup travailler au départ sur l’architecture du processus. 
En fait nombreux sont ceux qui ont été agréablement surpris  par les performances de ChatGPT sur des questionnements (chats)  généralistes, mais il semble qu’il y ait eu un début de prudence voire un début de doute auprès des experts qui l’utilisent en tant que processus de travail, ils ont eu du mal à être tout à fait convaincus, et après l’effet de surprise, semblent plus nuancés vis à vis d’une adoption inconditionnelle (biais cognitifs d’une part, hallucinations inexpliquées d’autre part). Mais une autre tendance se fait jour actuellement, après l’engouement des premiers mois, c’est la question que se posent  des entreprises de grande taille qui, surfant sur  la vague de fond  (un peu marketing) de la mode IA, s’aperçoivent que la partie « prompting » (c’est-à-dire la préparation du cadre  contextuel pour mutualiser l’usage de l’IA Générative  à une grande partie des cadres en interne) prend beaucoup plus de temps qu’ils ne l’avaient  estimé. D’ailleurs des entreprises comme Databricks (produit Azure) ou Snowflake, parmi d’autres, se positionnent  comme préparateurs et stockeurs de données en vue de les aider dans l’utilisation industrielle des modèles d’IA, également sur le  choix des données essentielles, etc.
Le second problème concerne le volume des données à échanger, à stocker, à valider, même dans un contexte spécialisé, afin de garantir une rapide adaptation contextuelle des modèles d’IA Générative et la connexion avec les outils de gestion « as usual » des processus internes. L’ensemble complexe des ressources  à mettre en jeu par les créateurs de modèles  type OPenAI (: apprentissage, stockage, checking par des étiqueteurs, utilisation de prompts dédiés par les utilisateurs) nécessitent des investissements lourds, des consommations énergétiques croissant exponentiellement, des machines de traitement aux processeurs parallèles type Nvidia, et beaucoup de temps, bref des efforts que peu pourront maintenir sur le long terme et c’est là que les outils à prévalence mathématiques d’aide aux choix où des optimisations mathématisées ad hoc pourront être clef. C’est le cas du chinois DeepSeek, très attendu des experts  (que tu signales dans ton post) et qui a introduit à l’intérieur de leur modèle d’IA des composantes mathématiques d’optimisation et de clustering pour automatiser certains types de traitements (disent-ils). Ils se distinguent des Américains qui privilégient la force brute plutôt  que de nouvelles approches de décomposition des problèmes et un certain raffinement méthodologique. 

Anti woke

La ligne de M.Trump est finalement simple, lis-je : c’est « anti woke ».

Tout ce qui, de près ou de loin, rappelle les idées de ce mouvement est révoqué systématiquement. Le mouvement woke est le fait d’un petit groupe de « gosses de riches ». Seulement, il paraît avoir mis l’ensemble des démocrates dans le même sac.

Un genre de nettoyage ethnique. Le plus curieux est, lorsque l’on se souvient de la « cancel culture » et de la capacité de ce mouvement à imposer ses idées à la société, que M.Trump ne rencontre apparemment aucune opposition, mais, plutôt, un grand soulagement.

Target becomes latest big US company to end diversity initiatives
Retailer’s decision comes days after Trump restricted similar programmes within the federal government

Financial Times, 24 janvier

Guerre des talents

Un temps, on parlait de « guerre des talents ». Les talents étaient rares. Il fallait les payer chers. manifestement Elon Musk, vue sa fortune, est celui d’entre nous qui a le plus de talent.

Comment souvent, je me demande si l’on ne se trouve pas dans une situation dans laquelle le mot est juste, mais pas son interprétation.

J’étudie le savoir-faire de nos petites entreprises. Je découvre qu’il répond à des problèmes nouveaux, mondiaux, dont personne n’a idée, et que, si nous étions capables de passer de l’artisanat local à la production en série globale, le sort du pays serait changé.

Le talent est partout, il faut le réveiller ! Voilà la véritale guerre des talents !

(En fait, l’autre les avait anesthésiés.)

Zizanie

On m’a dit, il y a déjà pas mal de temps, que les jeunes pensaient que les vieux étaient des dangers publics. Ils leur auraient laissé une terre invivable. Le jeune peut donc se laisser aller à sa totale inexpérience avec la meilleure des bonnes consciences !

Curieusement cette idée leur a été donnée par des vieux.

Nous avons vécu, et vivons encore, un temps où de beaux sentiments montent les enfants contre les parents, les femmes contre les hommes, les étrangers contre les nationaux… Décidément, l’enfer est pavé de bonnes intentions ?

Reagan et Trump

Reagan et Trump se ressembleraient-ils ? Question posée par une émission de la BBC.

Tous les deux ont en commun d’établir des records d’âge. Mais Reagan était un optimiste et il prônait le libéralisme économique, alors que Trump est tout le contraire.

Peut-être, en fait, ce qui les rapproche doit être cherché ailleurs. Ne seraient-ils pas élus en « réaction à » ? Et en réaction à des phénomènes qui sont similaires ?

Reagan, c’était l’après Vietnam, l’intellectuel contestataire dominant l’opinion, mais aussi la crise de l’économie américaine, sous les coups de boutoir du Japon triomphant. Trump, c’est le wokism et la Chine.

Les USA oscillent entre l’auto destruction, l’auto critique moralisante et la corde que l’Amérique des affaires vend pour se faire pendre, et le contentement de soi béat ?