Inégalité des sexes

Dans mon enfance, j’étais persuadé que la femme était supérieure à l’homme.

Je viens d’un milieu que l’on dit pauvre. Et, dans ce monde, les femmes étaient les mieux éduquées. Elles dirigeaient la maison. Elles géraient la boutique, quand le mari était artisan. L’homme s’enorgueillissait de son courage, de sa force physique. Un rien Trump : grande gueule qui n’a peur de rien. Quand il était parvenu à se faire une place, il bâtissait une famille. Cela ressemble à ce que font les Libanais : l’homme part faire fortune à l’étranger, dans des emplois dont personne ne veut, et s’il y parvient, il revient dans son pays chercher une épouse.

En famille, l’homme de mes souvenirs jouait les matamores, mais, en fait, sa famille était sa raison d’être. Ce qui n’était pas le cas de son épouse. Il mourrait généralement à l’âge de la retraite, elle menait alors une longue vie calme et heureuse.

C’était une société maternaliste. A l’image de ce que je perçois des sociétés musulmanes modernes.

Le paradoxe de la situation est que ces femmes avaient conscience qu’elles avaient des capacités intellectuelles qui méritaient beaucoup mieux et qu’elles reportaient leur ambition sur leur fils !

Cela a-t-il changé ? Lorsque l’on regarde le baccalauréat et tous les types d’études qui donnent les meilleurs métiers, à l’exception de celles qui demandent des concours violents (ingénieurs), ou mènent à des métiers inconfortables (médecine de ville, ingénieur), les femmes dominent. Différence génétique ? La tête et les jambes ?

(Qu’a changé le féminisme moderne ? La femme n’aime peut-être pas plus sa fille que par le passé, mais elle veut profiter de la gloire de son vivant ?)

Recette du succès

Imitez ceux qui réussissent ! Voilà ce que dit, depuis toujours, la revue ou le best seller de management américains. Quelque temps plus tard l’entreprise admirée disparaît. On n’en parle plus.

Qui croit ce genre de balivernes ? Probablement les lecteurs de Harvard Business Review. Lorsque l’on considère le Musk ou Trump, lui pense que la fin justifie les moyens. Il se lance comme un fou derrière la dernière idée qui lui a frappé le cerveau, et quand « ça résiste » de trop, qu’il a épuisé tout le catalogue des coups bas, il bifurque. C’est la mouche contre la vitre. Ou peut-être un type de mouche particulier : qui n’est bien que dans la bagarre. Seule conviction : je suis le meilleur.

Martin Seligman a raison : la véritable recette du succès, c’est l’optimisme ? (Selon sa définition.)

Trumpocène

Le Financial Times semble avoir lu mon billet concernant la stratégie en avenir incertain. Un de ses titres, le 27 :

Managing uncertainty in the Trump age
Multinationals need to dust off the pandemic playbook to cope with disruption

Trump n’est pas l’hirondelle qui a fait l’incertitude, mais il a le mérite de nous mettre en face de sa réalité. Tout ce que nous croyons acquis peut claquer.

En particulier nos PME, avec leur dirigeant seul dans leur bureau, « nez sur le guidon », et leurs marges nulles sont condamnées à un changement radical…

A défaut d’anthropocène, nous sommes entrés dans le trumpocène.

Perfide Albion

Hier, j’entendais la BBC dire que les « utilities » (services publics généralement privés) se livraient à la pratique du « back billing » particulièrement perverse.

Les dites institutions répondaient que le « back billing » représentait une faible proportion des plaintes reçues.

J’ai pensé que seul un esprit issu de la haute éducation anglaise pouvait faire une telle réponse : un Français aurait pensé que cela signifie qu’elles reçoivent des masses de réclamations.

Gaza

M.Trump fait une sortie dont il a le secret et obtient le résultat escompté : il est à la une des journaux.

Comment souvent, ce qu’il dit n’est pas totalement idiot. Il serait bien de reconstruire Gaza, comme on l’a fait de l’Europe en 45. Et transformer Gaza en « riviera » doit avoir quelque-chose d’évident pour un promoteur immobilier.

Quant à la méthode proposée, celle utilisée par ma mairie pour transformer une friche industrielle en « marina », comme souvent, elle ne semble ni faire l’unanimité ni avoir quelque chance de réussir.

(En fait, le problème est plus complexe qu’une simple aide à la reconstruction : ceux qui veulent y participer doivent aussi s’assurer qu’ils vont en retirer un minimum de reconnaissance. « Faire le bien » n’est pas suffisant. N’est-ce pas la leçon que l’Occident devrait retirer du résultat de ses bonnes actions ?)

Chaos

Une suite d’erreurs médicales m’a rendu misérable durant dix ans. Pourtant, à l’origine, il n’y avait rien. Et à la fin, c’est moi qui semble avoir trouvé la solution. Mais, au milieu, qu’incompétence, arrogance et contradictions. Chaque médecin dénonce les autres, ce qui est rassurant, et croit qu’il doit impressionner son patient par sa morgue. Tous semblent être dirigés par leur ordinateur. Pour ma part le doute me rassure et je suis peu admiratif de quelqu’un qui ne fait qu’utiliser du matériel. Je ferais aussi bien que lui, à sa place.

En fait, notre société est à l’image de la médecine. Rien ne marche plus correctement.

Mais, il n’y a pas de coupables ou de victimes. Mes amis, au fond, sont très heureux d’insulter leurs médecins, leurs banquiers ou leurs artisans. Et, parfois, de faire leur travail.

Que veut Trump ?

M.Trump fait la une.

Mais la montagne n’accouche-t-elle pas d’une souris ? Il menace les nations de droits de douanes extraordinaires, puis il les retire quand les dites nations ont fait quelque geste symbolique, et annoncé des mesures de rétorsion ciblées. (Cela ressemble à la manière dont Nicolas Sarkozy à mené ses changements : jeu du réformateur réformé ?)

J’ai noté, petit-à-petit, que le regard que l’on portait sur M.Trump avait changé. On le prend désormais au sérieux.

Mais a-t-il changé ?

Principe de vie

Je me fais avoir à tous les coups. Les promesses n’engagent que ce qui les entendent, dit-on. Eh bien c’est mon cas. Et mes interlocuteurs ont bien peu de suivi dans leurs propos. Au bout d’un moment, je commence à percevoir quelque chose de désagréable. Ils ne sont pas cohérents.

Mais voilà, la victime est souvent coupable : mon cerveau est paresseux, il a tendance à prendre ce qu’on lui dit pour argent content, et, surtout, à oublier immédiatement d’où lui vient ses certitudes. D’ailleurs tout notre enseignement vise à nous inculquer ce biais : le bonne élève est celui qui absorbe ce qu’on lui dit, sans le moindre esprit critique, car la critique fait perdre du temps.

En fait, je me demande si chaque homme n’obéit pas à un principe. Pour ma part, j’ai toujours cru à une sorte de recherche collective de la « vérité » (quel que soit ce que signifie ce mot). Pour moi, la gloire personnelle n’a aucun sens. Cela n’est pas nécessairement un bien, d’ailleurs : ma responsabilité en est allégée. Mais je ne peux pas faire autrement. Pour le reste, je pense que ce qui domine actuellement la société est l’individualisme. Son principe est d’avoir le dernier mot. Donc de manipuler le discours en fonction de son intérêt du moment. Ce qu’on a fini par appeler sophistique.

Pizza d’Amazon 

Des beaux esprits nous expliquent à longueur de billets que M.Bezos dit que dès qu’une équipe a besoin de plus d’une pizza, elle est trop grande. Mais qu’attend notre administration pour appliquer ce principe ? (Je note qu’il me faut une pizza pour moi tout seul…)

Or, je lis que le mal d’Amazon est sa bureaucratie ! (Ce que confirme un ami qui en a démissionné il y a quelque temps, extrêmement frustré justement pour cette raison.)

Amazon is laying off dozens of people in its communications department, the latest culling of the corporate workforce amid executives’ efforts to cut costs and reduce bureaucracy

Bloomberg (@bloomberg.com) 2025-01-29T19:41:26.412Z

L’enseignement que j’en tire ne concerne pas Amazon. Il s’agit du phénomène « fausse nouvelle ». Il est beaucoup plus répandu qu’on ne le pense. Par manque de rigueur intellectuelle et d’esprit critique, nous sommes tous en danger d’en être coupables.  

Schadenfreude

Celui qui suit ce blog doit soupçonner que je me réjouis de la débâcle des « climato-enthousiastes ».

Non que je ne pense pas que l’homme réchauffe le climat. Je crois même que nous faisons face à des problèmes bien plus graves. Celui-ci n’est qu’une diversion.

Mais ils représentent tout ce que je hais. Pire qu’un maccarthysme de gauche : le totalitarisme. Et la négation de la rigueur scientifique et de la démocratie. Et ils sont « chiants ». C’est ce que le moralisme fait de pire.

Comment a agi le « microcosme » qui en était le coeur ? Par « l’influence », par la manipulation des esprits, par la terreur. Il a prétendu qu’il y avait un « consensus scientifique », alors que la science n’est que recherche, donc doute. Manipulateur de mots, il a inventé « l’anthropocène ». Et même « gauche ». Car qu’avait-il de gauche, ce groupe d’ultra-privilégiés qui hait ses semblables ? Mouvement de Tartuffe, il terrorisait la société par la censure morale, la « cancel culture », et niait la réalité des maux de son prochain, tout en faisant le contraire de ce qu’il prônait. Il aurait été intéressant de lui demander un « reporting écologique », qu’il imposait aux entreprises.

Mais il y a bien pire que ce microcosme : la masse bêlante des « suiveurs » qui le singeait. Et dont une partie retourne sa veste. La banalité du mal.

Bien sûr, il n’y a rien de neuf. C’est l’inquisition catholique, Les possédés de Dostoievsky, L’homme révolté de Camus. La folie de l’utopie qui saisit l’intellect pur. Pourrait-on l’éviter ? Ou, avons-nous besoin, de temps à autre, de nous rappeler de son existence ?