Syndrome post Trump

Finalement, j’avais bien vu : Trump est un « stress test ». C’est une attaque virale contre le monde et la ville. Un anti Pape.

C’est peut-être surtout une exercice de changement que devrait étudier le scientifique. C’est le fameux « black swan » de Nassim Taleb. Le propre de la vie est des chocs hyper violents, mais rares.

Sans être scientifique, on peut noter que le choc est :

  • un révélateur, paradoxalement. D’un seul coup, on comprend ce qui compte pour soi. La nature des êtres humains et des nations apparaît. Il y a ceux qui se battent, les collaborateurs de la première heure, ceux qui se couchent… Curieusement, le succès change de camp.
  • un destructeur de fragilités. Tout ce qui n’était pas solidement implanté dans l’inconscient collectif est balayé.

Le danger du choc est un reste d’individualisme. On se regroupe pour défendre des intérêts communs, mais on abandonne une partie méritante de l’humanité, qui n’a pas les moyens de se raccrocher au gros de la troupe. Au fond, M.Trump teste notre attachement aux droits de l’homme ?

L’homme a-t-il un avenir ?

Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ? Les rêves du féminisme semblent exaucés. En Angleterre, au moins, l’homme est défait, la femme triomphe. Cela commence dès le premier jour de l’école : elle le surclasse de la tête et des épaules. On parle de « crise des jeunes hommes ». (Une émission de la BBC.)

La cause première en serait l’explosion de la cellule familiale. Dans un cas sur deux, l’enfant grandirait sans père. Or, l’enfant mâle aurait besoin d’un modèle. Du coup, il tombe sous l’emprise des médias sociaux, qui ne veulent pas son bien.

Seul désagrément pour la femme : cet homme nouveau lui en voudrait, parfois, à mort. Il va falloir l’enfermer ?

(Je lisais un article de wikipedia qui expliquait que « Californie » signifierait quelque-chose comme « état des Amazones ». Notre avenir ?)

Napoléon

En écoutant la BBC, j’en suis venu à reconsidérer mon jugement de Napoléon.

En fait, il était le plus fort. S’il a été défait par les Russes, chez eux, et par Wellington, à Waterloo, c’est parce qu’ils se savaient faibles. Ils ont fait preuve d’humilité et ont appris des leçons qu’il leur a données. Les Russes ne l’ont pas affronté, et Wellington a été un meilleur Napoléon que Napoléon (et a eu de la chance). Il s’est fait prendre au piège de ce que j’appelle le manque « d’in quiétude ». Peut-être aussi s’était-il empâté. Il n’avait plus ses réflexes de jeune homme.

Une leçon ?

On en veut à la civilisation ?

Elon Musk licencie les fonctionnaires américains, mais, en même temps, leur demande de lui passer commande. Comme en Ukraine : la bourse ou la vie ?

Donald Trump’s commerce secretary touted Elon Musk’s Starlink to federal officials in charge of a $42bn rural broadband programme, raising new questions about the billionaire White House adviser’s conflicts of interest. 

Howard Lutnick this month told civil servants to increase use of satellite connectivity — over fibre-optic cable — and singled out Musk’s provider, Starlink.

The conversation is the latest example of how Musk, who gave more than $250mn to Trump’s 2024 presidential campaign, could benefit from his influential role

Financial Times, 18 mars.

En France on parlerait de détournement de bien social. Dans les pays nordiques un élu doit démissionner lorsque l’on découvre qu’il a payé une sucette avec sa carte de crédit publique. Aux USA, on nage en pleine folie. Mais cela ne semble inquiéter personne. Décidément ils en sont restés au Far West ? Entre Poutine et eux, c’est la civilisation que l’on assassine ?

A bas l’école !

M.Trump et ses électeurs en voudraient à l’école. Ils veulent l’abattre. Apparemment, ils auraient peu de chances d’y parvenir, d’après les nouvelles de la BBC, hier.

Quelle est la cause de leur ire ? Le fameux « wokism ».

Je me suis aussi demandé pourquoi certaines idées avaient autant de poids, et d’autres pas du tout. Il me semble que cela tient à l’école. Comme toute société d’être humains, elle a une culture (au sens anthropologique) qui lui est propre. Et elle diffuse ses opinions à tous ceux qui en font partie : enseignants, intellectuels, journalistes. Et ce sont eux qui ont la haute main sur le discours officiel.

Mao, lui aussi, a cherché à la réformer, en expédiant les intellectuels aux champs. Mais il n’a pas réussi. Ce n’était probablement pas le bon moyen de mener le changement…

(Article de la BBC.)

Bicyclette à Montréal

Souvenir d’une visite de Montréal au début des années 90.

A l’époque j’envisageais de m’y installer. Mais, j’étais plus tenté par les quartiers anglais que français. Une question d’esthétique. Les canadiens français vivaient dans des sortes d’habitations troglodytiques dont ils changeaient chaque année. Au fond, ils ont conservé leur statut de colonisés.

Ce qui devait me mettre à part des deux populations canadiennes, c’était mon amour de la marche. En me promenant le long du canal Lachine, j’ai constaté que je marchais sur une piste cyclable. Il n’y avait pas de place pour le piéton.

Curieusement, la prise de pouvoir du monde par le Bobo anglo-saxon s’est faite à bicyclette. La bicyclette était le symbole du bien, du progrès, alors que la marche et la voiture étaient le mal, le passé honni. D’ailleurs, comme le Bobo a dû finir par trouver que pédaler était fatigant, il a inventé le moteur électrique…

Chanteurs russes

On a oublié qu’un temps, il y eut des dissidents en Union soviétique⁸. Ils avaient beaucoup de courage, et de talent. Et ils finirent par avoir le dernier mot. Une ancienne émission de France culture parlait de trois chanteurs qui furent des gloires de cette résistance.

Ces gens posaient, avant l’heure, un défi à l’intelligence artificielle. En effet, ils ne laissaient pas de traces. Leurs chansons étaient apprises par coeur. Et leurs mots semblaient innocents. Il n’y avait que ceux à qui elles étaient destinées qui les comprenaient.

Drôle d’époque, « la moitié du pays était à la fois ou victime ou criminelle ». Car la délation marchait grand train. Comme en France, pendant la guerre. Nature humaine ?

Mais voilà, l’histoire n’était pas écrite. Et l’on est reparti à zéro.

Commerçant

Que font-ils dans ce métier ? Certains commerçants semblent toujours de mauvaise humeur. Je n’achète pas chez eux.

Je retrouve ce que j’avais constaté au temps où je faisais des études de marché : la personnalité du commerçant est le principal facteur explicatif de la prospérité d’une affaire. Le véritable commerçant est un « optimiste », au sens psychologique du terme : son métier est très difficile, mais il n’est pas affecté par ce qu’il a de déplaisant. Au contraire, même.

On naît commerçant, on ne le devient pas. Je pense que c’est vrai pour tout. Tout au plus peut on affirmer sa personnalité au cours de sa vie, et prendre conscience de la réalité de ses talents.

D’ailleurs, c’est un test que j’utilise pour découvrir les forces d’une personne : qu’est-ce qui vous enchante, alors que cela rend fou le reste du monde ?

Robert Desnos

J’ai découvert deux ou trois poèmes gentiment absurdes de Robert Desnos qui me plaisaient bien.

Pour faire ma barbe
Je veux un blaireau,
Graine de rhubarbe,
Graine de poireau.

Par mes poils de barbe !
S’écrie le blaireau,
Graine de rhubarbe,
Graine de poireau,

Tu feras ta barbe
Avec un poireau,
Graine de rhubarbe,
T’auras pas ma peau.

Il me semblait l’archétype du poète bohème, ayant, comme il se doit, fini son existence dans un camps de concentration allemand.

Ce qui m’a fait écouter une émission que lui consacrait France Culture. Ses amis parlaient de lui. Et je fus déçu. D’une part, j’ai trouvé sa poésie conventionnelle. D’autre part, j’ai découvert que c’était un publicitaire prospère et qui menait, avec ses amis, grand train y compris pendant la guerre. Alors que je pensais que la privation était le régime général.

Il a été effectivement déporté, mais peut-être moins pour faits de résistance que du fait d’une dénonciation calomnieuse. Ce qui semble avoir été de règle, à l’époque.

Et il n’est pas mort dans un camps, mais, du typhus, plusieurs mois après en être sorti.

Greed and fear

Ce qui me surprend est que qui que ce soit se fie à Trump. Il semble avoir un QI de serin et changer d’avis de manière aléatoire. S’attacher à lui me semble la promesse d’être grillé instantanément et définitivement.

Pourtant, beaucoup d’investisseurs ne partagent pas mon point de vue :

Investors seek to profit from Russia as Trump pursues rapprochement

Hedge funds and brokers eye the country’s corporate bonds and the rouble

Financial Times, 17 mars 2025

La finance est un jeu à haut risque, et à court terme, pour tête vide ?