Dangereuse médecine

Je discutais un jour avec un ponte de Sanofi, qui me disait que l’on détectait les maladies de plus en plus tôt, mais que la durée de vie après détection ne croissait pas. J’en ai déduit que le diagnostic tuait le patient. Il ne m’a pas démenti.

Il se trouve qu’une émission de la BBC semblait me donner raison. Le diagnostic peut avoir beaucoup d’effets graves, en particulier déclencher d’effroyables maladies psychologiques. Dans d’autres cas, des gens peuvent se faire charcuter pour éviter une maladie qu’ils n’auraient jamais eue. Sans compter qu’un simple mal-être peut lui aussi être diagnostiqué comme une affection sérieuse, et faire basculer la vie de la personne concernée.

Ce qui fait beaucoup de dommages, laissait entendre l’émission, est que le médecin a autant besoin de se rassurer en faisant un diagnostic que le « malade » d’être fixé sur son cas. Et notre médecine n’est plus que celle du spécialiste. De spécialiste en spécialiste, on multiplie les maladies.

Je suis persuadé depuis bien longtemps qu’il serait utile de se pencher sur les effets pervers de la pratique médicale.

Tristan Bernard

Tristan Bernard fut une gloire d’avant guerre. Il est renommé pour son esprit, et ses mots croisés.

France Culture exhumait une émission qui lui était consacrée. On entendait quelques scènes de ses pièces. Pas désagréable, mais sans grand intérêt.

Au fond, l’art est aussi un produit ? Il répond à un besoin de la société de son temps ?

Ensemble

Le travail que je mène avec les interpreneurs m’a fait découvrir la France de l’intérieur, la France des petits.

Les petits cafés qui n’ont plus de clients, les petits maires qui n’ont plus de pouvoir et crèvent sous la botte de l’Etat, le petit entrepreneur que personne n’aime, etc. C’est un monde de grande déploration. L’Etat, ses députés, son administration et son gouvernement nagent dans l’illusion, et dépensent l’argent public dans des projets somptuaires en enfermant le simple mortel dans un univers de plus en plus kafkaïen. Après cela comment l’Etat peut-il parler de crise budgétaire ?

Mais, j’ai fait un constat : le mal de ces petits n’est pas le Jacobinisme parisien, mais l’individualisme. L’expérience montre que dès que quelques citoyens se réunissent et inventent un « beau projet », tout change. On découvre que l’Etat, ses élus et son service public sont extrêmement bienveillants et serviables

Prenons le cas du petit maire. Son pouvoir économique a été donné à l’intercommunalité. Certes, mais l’intercommunalité a la bonne dimension, celle du bassin de vie, pour agir et créer des projets économiques. Qu’attend le petit maire pour en profiter ?

Et le cabaretier ? Pourquoi ne comprend-il pas que le salut n’est pas dans la subvention mais dans la clientèle et qu’il doit trouver le moyen de relancer l’activité économique de son territoire, pour créer des emplois et faire revenir des jeunes, pour le rendre « attractif » ? Que les entreprises locales s’unissent et développent ensemble leur patrimoine économique collectif et tout changera. Or, quel meilleur lieu pour ce faire que le bistrot du coin ?

Que le petit entrepreneur participe à un tel projet et tout le monde l’aimera. Et, par dessus le marché, il sortira définitivement de sa condition de « capitaliste pauvre ».

Banal Trump

Trump lutte avec la justice. Décidément, cet homme est dangereux ?

Pas du tout, c’est un usage américain, si j’en crois la BBC. Les juges font la politique du parti auquel ils appartiennent. Déjà le président Biden s’en prenait violemment à la justice, qui lui mettait des bâtons dans les roues.

Plus cela va et plus je me demande si le président Trump n’est pas un « président normal ». L’équivalent culturel de François Hollande. Par exemple, les intérêts matériels des USA ont toujours été de puissants mobiles d’intervention dans d’autres pays (ne disait-on pas que la guerre d’Irak avait été faite pour son pétrole ?). Combien de coups d’Etat les USA n’ont-ils pas faits ? Combien de coups tordus n’ont-ils pas tentés ?

Peut-être est-il simplement plus honnête que les autres : contrairement à eux, il ne cache pas ses intentions ?

Banal capitalisme ?

En réfléchissant au capitalisme, je me dis que Marx était bien plus un dramaturge romantique qu’un scientifique. Ce qui, d’ailleurs, est la caractéristique de bien des philosophes modernes. Ce sont des virtuoses de la parole, qui voient le mal partout.

Le capitalisme me semble être ce que Durkheim appelait un « fait social ». L’invention de la monnaie a eu l’effet imprévu de créer le concept de « capital ». Celui qui possède ce « capital », quelle qu’en soit la raison, tend à en faire un moyen de domination. « Naturellement », il réduit son prochain à l’état de prolétaire.

Je me demande si cela ne tient pas à la question de la démocratie et de l’individualisme. L’individu est un « pervers narcissique » : il utilise ce qu’il peut pour imposer sa volonté. Or, notre société est « structurée », ce n’est pas une anarchie. En conséquence, il se sert de sa position sociale. Et on aboutit à la lutte des classes.

Comme on le voit aujourd’hui, ce qui empêche ce système de s’effondrer est la menace extérieure. Peut-être aussi, comme le pensaient les Lumières, que toute structure sociale est dangereuse. Ou incompatible avec le principe de liberté individuelle. Notre avenir : des Schtroumpfs en réseau ?

X inconnu

D’où vient X, qu’aime tant Elon Musk ?

X, c’est l’inconnue des équations. Selon l’émission de la BBC qui se posait la question, l’idée remonterait à Descartes. Il utilisait x, y et z, seulement son imprimeur avait beaucoup d’x, mais peu d’y et de z, qui ne sont pas courants en français.

(En fait, on écrivait en latin à l’époque, ai-je pensé. Mais cela ne changerait rien, d’après mon enquête, y et z seraient aussi rares en latin, ayant été ajoutés par Cicéron pour pouvoir utiliser des mots grecs.)

Selon wikipedia français, peu chauvin, l’origine serait arabe.

Sébastopol

Et si les Anglais étaient nos amis, finalement ? Jean-Noël Jeanneney parlait de Sébastopol (France Culture). Ce fut la première fois depuis la guerre de cent-ans que nous avons combattu avec l’Angleterre. Et, depuis, nous avons toujours été alliés.

Nous retrouverions-nous dans les moments de grands dangers ?

Drôle de guerre. Déjà, il s’agissait d’arrêter l’envahissante Russie, qui voulait mettre en pièces l’empire ottoman. L’Angleterre s’est battue pour des raisons économiques, et la France, pour la gloire : la Russie la menaçait de lui voler sa mission de défenseur des lieux saints ! Bizarrement, ayant constaté que ses alliés habituels, la Prusse et l’Autriche, n’étaient pas venus à son secours, la Russie, après sa défaite, a décidé de se rapprocher de la France et de l’Angleterre.

Responsabilité sociale des entreprises

La loi dite « OMNIBUS » a retiré au « pacte vert européen » l’essentiel de sa substance. En particulier l’obligation de produire un rapport de « durabilité » dit « CSRD » ne s’étend plus qu’à un petit nombre d’institutions, qui pour la plupart l’avaient déjà fait. Pour les autres, il a été remplacé par une procédure simplifiée, volontaire.

En fait, il n’est pas certain que cela change grand chose. Depuis le début le « pacte vert » joue sur le levier financier : si vous ne pouvez pas faire la preuve de votre « vertu », vous n’avez pas de financement. Les banques imposent cette règle. Et les grandes entreprises font de même avec toute leur chaîne de fournisseurs.

Le changement est ailleurs. Il concerne la perception que nous avons de cette information « extrafinancière ». Aujourd’hui elle souffre de son association avec un courant idéologique qui s’est fait beaucoup d’ennemis. Or, il s’agit réellement d’un travail, vital, concernant la « durabilité » de l’entreprise, au sens propre du terme. Il la force à envisager, ce qu’elle ne fait jamais, l’avenir et la solidité de son modèle économique. Alors, elle découvre, comme disent certains, que « 80% de sa valeur n’est pas dans son bilan ». Bref, elle doit faire, pour la première fois, un travail de stratégie, sur les risques et les opportunités, les forces et les faiblesses, et sur le plan d’action qui doit en résulter.

C’est aussi un changement massif pour l’expert comptable. Au lieu de se contenter de « regarder dans le rétroviseur », ce qu’on lui reproche et qui a peu d’intérêt, il doit aider l’entreprise à se projeter dans l’avenir. Avec tout ce que cela signifie de provisions et autres conseils de bonne gestion.

Jouer Musk

L’autre jour, je lisais que l’ex Twitter avait levé un milliard de dollars. Il doit perdre de l’argent. L’investissement était fait à la valeur d’achat de Twitter (44md$). Jusqu’ici, on n’en donnait pas plus de dix milliards.

Pyramide de Madoff ? Ses victimes se seraient doutées qu’il faisait un mauvais coup. Ceux qui parient sur Musk croient au casse du millénaire ?

Le risque d’échec est grand. Mais c’est vrai de tout investissement spéculatif. Et l’investisseur digne de ce nom vend ses actions lorsque la décrue s’amorce.

Cela en dit long sur les valeurs et le civisme des USA, pays de fondamentalistes. Molière avait raison : le fondamentaliste est un Tartuffe ?