Je discutais un jour avec un ponte de Sanofi, qui me disait que l’on détectait les maladies de plus en plus tôt, mais que la durée de vie après détection ne croissait pas. J’en ai déduit que le diagnostic tuait le patient. Il ne m’a pas démenti.
Il se trouve qu’une émission de la BBC semblait me donner raison. Le diagnostic peut avoir beaucoup d’effets graves, en particulier déclencher d’effroyables maladies psychologiques. Dans d’autres cas, des gens peuvent se faire charcuter pour éviter une maladie qu’ils n’auraient jamais eue. Sans compter qu’un simple mal-être peut lui aussi être diagnostiqué comme une affection sérieuse, et faire basculer la vie de la personne concernée.
Ce qui fait beaucoup de dommages, laissait entendre l’émission, est que le médecin a autant besoin de se rassurer en faisant un diagnostic que le « malade » d’être fixé sur son cas. Et notre médecine n’est plus que celle du spécialiste. De spécialiste en spécialiste, on multiplie les maladies.
Je suis persuadé depuis bien longtemps qu’il serait utile de se pencher sur les effets pervers de la pratique médicale.