Une psychologue me disait qu’elle avait eu peur qu’un de ses patients se suicide. la vie dudit patient était un désastre. Il avait perdu énormément de poids et venait de divorcer. En s’entretenant avec lui, il est apparu que, cadre à haut potentiel, il venait de prendre l’emploi rêvé et que, pour la première fois de sa vie, il était en échec. Il allait certainement se faire licencier. Qu’allait-il dire à ses parents ? Une fois qu’il a eu exprimé sa pensée, il a pris conscience de sa stupidité. Et sa vie a radicalement changé.
Nous sommes la proie d’idées stupides. Prendre conscience que je suis peut-être malade, me fait, par exemple, comprendre pourquoi j’ai une humeur suicidaire.
Montaigne dit à peu près ceci dans un de ses célèbres passages. Cependant, je pense qu’il en tire une conclusion fausse. Car l’idée que nous avons de Montaigne est celle de quelqu’un de droit dans la tourmente, quelqu’un qui avait des principes intangibles. Ce sont eux qui sont à l’origine des Essais, étude de la nature humaine sans précédent.
Des bénéfices de notre humeur changeante ? En nous secouant, elle nous fait sortir du sillon trop bien tracé, et enrichit notre expérience ? C’est elle qui nous propulse en avant ? Les gens heureux n’ont pas d’histoire ?