Série d’interviews de résistants, dans les années 60 (France culture). Témoignages pour l’histoire.
Réussi ? Ce n’est pas simple de comprendre ce qui s’est passé. Les « témoins » parlent à demi-mot. Difficile de saisir le sens caché lorsque l’on n’est pas un initié.
En tous cas, ce qui est frappant est à quel point il est peu question de De Gaulle. Il était loin de la France ? (Et quelle était sa légitimité ? Il s’était auto proclamé chef de la France. Qui m’aime me suive.)
Un sujet auquel on ne pense pas. Le terrorisme. Fallait-il harceler l’Allemand, quitte à subir des représailles, ou se réserver pour la lutte finale ? Et un argument : si l’on ne s’entraîne pas, on ne sera pas prêts.
Un second argument : les Américains prenaient peu de risques, pour éviter une guérilla urbaine allemande, ils rasaient les villes avant de s’y engager. Il était donc préférable de les libérer, avec les moyens du crû.
Un autre sujet : la peur de la subversion communiste. De Gaulle aurait appelé à l’insurrection populaire, avant de prendre conscience que ce serait celle des ouvriers, dont on avait peur qu’ils soient la cinquième colonne de Staline. Pour autant, ils étaient une force formidable : ils étaient nombreux et entraînés à la lutte des classes. Les Allemands ont hérité du combat entre l’ouvrier et le patron.
La France résistante a vécu entre la menace du Charybde américain, qui voulait en faire un vassal décérébré, et celle du Scylla soviétique.