Grand sujet d’article depuis quelques temps : M.Trump reçoit un avion en cadeau. USA one devient Qatar one.
Cela illustre probablement les limites de notre intellect. Car, que peut-on en conclure ? Ce mec est une farce ? Mais que vont produire ses agissements ? Personne ne s’en inquiète.
En tous cas, cela en dit peut être long sur l’état des USA. Car Boeing, en dépit de surcoûts massifs, semblait incapable de livrer l’avion présidentiel. D’où l’ire de Trump. Les USA sont-ils devenus des nains industriels et techniques ? Le GAFA ne serait-il qu’un écran de fumée ?
(Une question : le cadeau semble un vieux Boeing 747. Or, l’avion présidentiel est supposé invulnérable, en particulier aux tirs de missiles. Qui va s’occuper de ces travaux et combien vont-ils coûter ?)
Privat d’Anglemont, une découverte (France Culture.) C’est un « bourgeois bohème ». Fils de famille, martiniquaise, il abandonne ses études de médecine pour la vie d’artiste. Il est l’ami de Baudelaire dont il a probablement signé des poèmes (que Baudelaire a reniés par la suite).
Son oeuvre tiendrait en une description du Paris d’avant Haussmann. Le Paris des misérables, dont beaucoup étaient sis derrière le collège de France. Curieusement, certains pauvres parvenaient à faire fortune en exploitant « génialement » la misère de leurs contemporains. Réel esprit d’entreprise ? Au fond la France d’alors était l’Inde d’aujourd’hui ?
Mais que la vie d’artiste était triste ! Privat d’Anglemenont (son nom était Danglemont, Privat étant un prénom) a vécu dans la misère, est devenu alcoolique et est mort prématurément. Mais il semble avoir était sympathique : ses amis ne l’ont jamais abandonné.
Donald Trump says $175bn ‘Golden Dome’ will be completed during his term Tax and budget bill being debated in Congress includes $25bn for the project
Financial Times du 20 mai
Trump espère protéger les USA des missiles, comme n’a pas totalement réussi à le faire Israël.
Il semble de plus en plus que son rêve, et probablement celui du peuple américain – la tendance datant de longtemps, est d’acquérir un Lebensraum (le Groenland, le Canada) et de s’isoler complètement du reste du monde. A la chute de l’URSS, le consensus de Washington avait décidé d’imposer au monde le capitalisme américain. Il s’en était suivi la « globalisation ». Le retour de balancier est complet.
Maintenant, quel peut-être l’effet géopolitique d’un « golden dome » ? Qu’une nation prétende pouvoir impunément frapper les autres ? Qu’est-ce cela peut les pousser à faire ?
D’ailleurs, le golden dome, parviendra-t-il à arrêter les radiations d’une explosion nucléaire, comme le fit, au temps de Tchernobyl, la frontière française ? Décidément, les Américains auraient bien tort de se replier sur leur île : ils ont tant à apprendre de nous !
Il aurait été l’inventeur de la presse écrite. Le premier grand patron de presse. Il a réduit par deux le prix du journal, en compensant le manque à gagner par la publicité rémunérée en fonction de la taille du lectorat. Il aurait été à l’origine du succès du feuilleton, malheureusement perdu, et, plus ou moins, de la presse féminine.
Est-il véritablement un inventeur ? Comme Bill Gates en un autre temps, il semble surtout avoir tiré parti des évolutions de la société et de la technique. Le démiurge n’existe pas, il n’y a que des personnes qui savent profiter des événements ?
Etrange, il y a lean et lean. Le lean initial, dont il est question ici, et le lean « occidental », qui est l’opposé du lean initial. Le lean occidental a pour but d’exploiter l’homme, ou d’en faire un chômeur, le lean initial est construit pour l’homme, autour de lui. Le lean initial est économe de la nature, c’est le contraire pour le lean occidental. Maigre en consommation de ressources naturelles contre hommes maigres.
Voilà un curieux phénomène, dont il est souvent question dans ce blog. La propension de notre société à faire dire aux mots l’exact opposé de leur sens.
D’où cela vient-il ? Thucydide semble l’associer aux périodes d’individualisme forcené. Soudainement, l’homme devient un loup pour l’homme et le langage, une arme.
Forme de perversion narcissique ? L’homme utilise ce qui devrait servir la société (et lui ensuite) à son profit ?
Cette complexité ne serait pas chaos, mais « organisation » de plus en plus sophistiquée, se caractérisant par des « fonctions ». Chaque niveau de complexité se construisant à partir du précédent. L’occasion faisant le larron.
Mystérieux.
En des temps où l’on s’interroge sur la durabilité de notre croissance, faut-il chercher l’inspiration dans ces recherches ?
On a demandé à un ami s’il fallait mourir pour Dantzig. Qui est l’auteur de cette phrase ? nous sommes-nous demandé. Eh bien, c’est Marcel Déat, un collaborateur fameux.
Ascenseur social républicain. Normalien issu d’un milieu pauvre. Il rejoint immédiatement l’armée en 14. Fait toute la guerre et termine capitaine. Agrégé de philosophie ensuite.
Homme de gauche au pédigrée impeccable, il est repéré par Lucien Herr et Léon Blum. En outre anti anti-sémites. Mais les horreurs de la guerre l’ont rendu farouchement pacifiste. Petit à petit, il est attiré par Hitler, non par Pétain.
J’ai aussi regardé la fiche de Charles Spinasse, un autre colaborateur, issu aussi de la SFIO. Il avait quasiment le même CV.
Il est dommage qu’un tabou pèse sur l’avant guerre. Que l’on en soit resté à une explication manichéenne des événements. Et que l’on ne s’interroge pas sur la complexité de l’âme humaine.
Le combat de la rhétorique contre la philosophie. Curieux dialogue. Socrate n’y est pas à son avantage, me semble-t-il.
Pour une fois, il est obligé de parler. Ses interlocuteurs refusent son ordinaire questionnement, qu’ils jugent manipulation. Et contrairement à la réputation qu’on lui a faite depuis, Socrate montre ici qu’il n’est pas l’homme du doute. Il a des certitudes inébranlables.
Il révèle une pensée étonnamment simpliste. Bonheur équivaut à justice. Conséquence : si je suis injuste, j’ai intérêt à être puni. Il ne définit pas justice, sinon, vaguement, comme se conformer aux lois de la cité. (Pas plus qu’il ne définit bonheur, mais bonheur étant égal à justice, ce n’est pas nécessaire.) Le rôle de l’homme d’Etat est de réformer le peuple, de le rendre juste. Tous ceux que l’on considère comme de grands hommes d’Etat, encore aujourd’hui, ont échoué.
La rhétorique, par contraste, est l’art de caresser dans le sens du poil. En particulier de courtiser le peuple, incarnation des instincts animaux.
Ses interlocuteurs parlent peu. Il est possible qu’ils soient convaincus d’avoir raison, mais de ne pouvoir qu’être victimes de la logique perverse de Socrate. « Vérité alternative » avant la lettre ? Effectivement, lorsqu’ils essaient de défendre la rhétorique, ils tombent dans le piège de Socrate, que l’on nomme « framing » aujourd’hui : ils veulent montrer que la rhétorique obéit à sa définition de la morale.
L’un d’entre eux, Calliclès, présente une opinion à la Nietzsche : à l’envers de la théorie de Socrate, le faible asservit le fort. La rhétorique est un moyen de faire triompher ce qu’il y a de beau et grand dans l’humanité. On retrouve ici une opinion commune chez les Anglo-saxons, qui nous reprochent, d’ailleurs, notre « égalitarisme ».
Il y est aussi dit que la philosophie est un bon exercice de formation de l’esprit, pour l’adolescent, mais attention à ne pas la prendre pour une fin en soin. L’homme adulte doit vivre dans la réalité, qui est complexité.
Ce texte présente des surprises. On pourrait s’attendre à ce que Platon fasse l’apologie de Socrate. Or, il n’en donne pas une image très favorable, et les arguments de ses adversaires n’ont rien de risible. Et ils dénoncent, justement selon moi, les pratiques de questionnement exaspérantes de Socrate. Que veux-tu me faire dire ?
Il existe aussi une similarité curieuse entre la pensée de Socrate et celle de nos intellectuels. Dans les deux cas, ce sont des moralistes obsessionnels, et ils considèrent que le peuple est l’incarnation du mal, leur rôle étant de le guider. La philosophie serait-elle une pathologie de l’intellect ou de l’éducation ?
Quel fut le rôle du pacte germano-soviétique dans le déclenchement de la guerre de 40 ? On ne sait pas le dire. Mais il a pris l’Occident par surprise. Il a alors compris que la guerre était inévitable.
Se replacer dans la tête des gens de l’époque est utile. En ce temps, on surestimait l’Allemagne et sous-estimait l’URSS. L’Allemagne faisait l’admiration de tous. Au moment où l’on croyait que le capitalisme était condamné, il renaissait de ses cendres. Quant à l’URSS, elle semblait fragile, et les purges de son état major ne disaient rien qui vaille de la force de son armée.
Comme le pensait de Gaulle, et contrairement à ce que beaucoup croyaient, l’URSS ne voulait pas tant la révolution mondiale que rompre l’encerclement dont elle se croyait victime, obsession des tsars et de M.Poutine.
Le pacte germano-soviétique a été rendu possible par l’échec des négociations entre l’URSS, la France et l’Angleterre, méfiants, mais aussi par le fait qu’Allemands et Russes avaient été exclus du traité de Versailles. Ils avaient tout à gagner à se rapprocher.
Les Allemands comptaient bien attaquer l’URSS et ils avaient lu correctement l’histoire de Napoléon. Mais ils ont surestimé leur capacité à rejeter les Russes dans les steppes de l’Asie centrale.
Quant à la France, elle n’a pas compris à temps qu’elle avait des moyens militaires supérieurs à ceux de l’Allemagne et elle n’a pas réussi à inverser le pacifisme qui la paralysait.
Enseignement ? Des dangers de l’aveuglement. Il tient pour beaucoup à ce que le pouvoir est entre les mains d’individus qui sont débordés par des tâches prosaïques. Comme, d’ailleurs, le remarquait de Gaulle, après une rencontre avec Blum.
Aristote innove, il parle de l’être, il cherche à le comprendre. Pour cela, il étudie le verbe être. Sans savoir que, s’il joue un rôle central dans les langues indo-européennes, c’est une exception.
Pour ce faire, il utilise un raisonnement sophistiqué, allant même jusqu’à dire, avec le plus grand aplomb, que tout ne peut se démontrer, qu’il y a des évidences.
Exemple de ce que les psychologues appellent « jeu sans fin » ? Aristote, avec la plupart des philosophes, a pris le moyen, le langage, pour une fin ?