Trump et l’Amérique

J’ai lu que la constitution américaine avait été conçue pour le cas Trump et ses « executive orders ». L’obsession des pères fondateurs de cette constitution était la dictature. Elle est bâtie en réaction aux monarchies européennes. Et elle est inspirée des travaux de Montesquieu.

Ce qui est surprenant est, me semble-t-il, que l’on ne l’entend pas dire.

Va-t-elle résister ? Si c’est une véritable constitution, inscrite dans l’inconscient collectif, elle devrait le faire par sa nature même. Cette nature est constituée des institutions, les juges et les Etats, en particulier, mais surtout de l’action collective mue, donc, par l’inconscient individuel.

Intéressante expérience ?

Mrs Dalloway

Le talent de Virginia Woolf est de créer des personnages auxquels je crois.

Une journée dans la vie de Mrs Dalloway, grande bourgeoise anglaise. Une vie exclusivement consacrée au loisir. Certes, certains de ses proches ont une occupation professionnelle. Son mari est un homme politique, par exemple. Mais leurs revenus ne viennent pas de là.

Un traumatisme a rendu fou l’un des personnages. Le drame de cette génération, c’est la guerre de 14.

Pour le reste, autre temps, autre moeurs. Même s’il demeure de grands écarts de conditions, aujourd’hui, les hommes se considèrent désormais comme des égaux.

(Une rediffusion de la BBC.)

C’est Thatcher qu’on assassine

Le parti conservateur anglais dénonce les négociations qui se tiennent entre l’UE et l’Angleterre. Et le Brexit ? dit-il.

Ce qui me surprend est l’incohérence de nos gouvernants, anglais ou autres. Car, ce que revendique le conservateur, par exemple le refus de la liberté de circulation, est la négation de l’héritage de Thatcher, son dieu.

D’ailleurs, celui-ci est totalement démantelé, ses « quangos » sont attaqués, et les nationalisations vont bon train, mais personne ne le note. De même que personne ne s’est étonné de l’ire britannique contre la cour européenne des droits de l’homme, alors que les droits de l’homme sont une invention anglaise.

Mais cette incohérence n’est-elle pas perçue ? Ne nourrit-elle pas les désillusions populaires et le vote extrême ?

Françoise Hardy

Il y a déjà quelque temps, France musique parlait de Françoise Hardy.

Lointains souvenirs. Curieusement, pour moi, Françoise Hardy fut le nom de deux personnes. La première, aux cheveux longs, vivait en un temps où la France avait des stars qui rivalisaient avec celles des Anglo-saxons. (Dernières heures d’une France oubliée, la France grande puissance, dont la culture rayonnait sur le monde ? De Gaulle la portait-il à bouts de bras ?) J’associe la seconde, des années 70, aux cheveux courts, à une affligeante France en noir et blanc.

Quant à son oeuvre ? Tout le monde ne parvient pas à devenir une vedette. Il n’y a pas besoin de prétendre à l’immortalité pour mériter le respect.

Dessous de l’artifice

Dans un précédent billet, je prétendais que si l’intelligence artificielle passait à côté du sens profond des choses cela tenait à ce qu’elle se nourrissait d’un discours ambiant d’une grande médiocrité.

Réponse d’un éminent spécialiste de la question :

Oui ce que tu dis  est vrai,  ça va même assez loin, car on nourrit par  accumulation les bases de données sur lesquelles s’appuient  des logiciels de types intelligence artificielle générative qui pompent dans wikipedia, google, les courriers mail la substantifique moelle de leur pseudo savoirs etc. En effet le biais vient du fait d’informations déduites de jugements  pauvres et d’analyses parcellaires faites par des gens qui ne raisonnent plus  par eux-mêmes mais confient leurs  raisonnements  aux systèmes d’IA automatisés (exemple Chat GPT ). Par ailleurs les modèles d’IA génératives s’appuient souvent sur des sources qui elles mêmes véhiculent des biais cognitifs  intrinsèques et qui par conséquent pérennisent et surtout propagent les erreurs de raisonnement (c’est en partie le cas  de Wikipedia et ses biais attestés, vis-à-vis de ChatGPT pour laquelle tout Wikipedia est la source de confiance.) 

Un deuxième  point apparait de façon concrète dans  les entreprises, c’est la confiance aveugle  de certaines d’entre-elles vis-à-vis du pouvoir supposé de l’IA dans certains contextes. Un exemple frappant est le cas de l’entreprise suédoise KLARNA  qui de près ou de loin a été victime du syndrome que tu as décrit dans ton mémo : je cite:

« L’IA gagne et prend de plus en plus de place, et ce, dans une grande variété de secteurs. Mais l’humain n’a pas encore dit son dernier mot et la fintech suédoise Klarna vient de s’en rendre compte : après avoir stoppé ses embauches l’an passé pour favoriser l’adoption de l’IA, la société fait aujourd’hui machine arrière. La raison ? Ses clients seraient de plus en plus mécontents de ses services. 

Foules

Surprenants discours de Hitler. Pas tant par sa gesticulation que par la clameur effrayante des foules qu’ils suscitaient. (Enregistrements d’époque entendus chez France culture.)

On a oublié cet étrange phénomène aujourd’hui. Quoi que Trump et ses fidèles n’en soient peut être pas loin. Qu’est-ce qui peut expliquer qu’un individu se fonde dans une foule et entre en communion avec un « leader charismatique » ?

Circonstances qui poussent à l’exaspération, au désespoir, à la soif de vengeance ?

Leçon pour tout gouvernant ? Un gouvernement doit être à l’écoute de son peuple, il ne doit pas, par sa surdité, le réduire aux extrêmes. Et un bon moyen de l’y pousser est de croire Platon et d’être convaincu de « faire le bien » ?

Prénom

Popularité des prénoms. Les prénoms subissent des effets de mode. En 1900, quasiment un garçon sur 4 était baptisé Jean, depuis il y a toujours des prénoms favoris, mais ils ont de moins en moins de porteurs.

Il serait intéressant de savoir à quoi cela est dû. J’ai cru entendre dire que, jadis, le prénom de l’enfant était celui du parrain. Ensuite, on a désiré un « beau » prénom. L’originalité semble aussi entrer en compte.

C’est peut-être la question de l’originalité qui est la plus curieuse. Car beaucoup de gens semblent penser la même chose en même temps. Je soupçonne que ce n’est pas une question d’influence directe, mais plutôt de conditions similaires. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

A noter qu’il y a aussi des « pics isolés », dit l’étude citée plus haut. Des personnalités frappent les esprits. Le dernier en date, au moment de l’enquête, était « Elon »…

Platon

On ne le dit pas, mais Platon avait un talent fou. Il est surprenant à quel point ses dialogues sont vivants. (Talent du traducteur ?) Je suis un contemporain de Socrate, et j’ai envie de l’assassiner.

Platon illustre le propre de la philosophie : elle pose des questions fondamentales. Mais au lieu de s’y arrêter, elle prétend qu’elles ont des solutions. Et ces solutions sont totalitaires, par définition même du terme. Elles dénient à l’homme le droit de penser.

Quels sont les sujets de Gorgias ?

La politique, pour commencer. Il est dit que le peuple est mauvais par nature et que l’homme politique ne cherche qu’à le séduire. Voilà le fameux « populisme » dont on nous rebat les oreilles. Comme l’écrit aussi Aristote, le peuple doit être éduqué. Mais, le peuple, c’est nous !

Lorsque l’on considère la politique de nos gouvernements, depuis un demi siècle, on ne peut que constater que tout en se lamentant de l’arriération du peuple, ils font tout pour l’encourager dans ce sens. Ils lui donnent ce qu’il ne demande même pas ! Le peuple comme mal, une prédiction auto réalisatrice ? Et si, au contraire, ils cherchaient à comprendre le peuple ? A mener ce que Kurt Lewin nommait un « changement planifié » ?

La rhétorique ensuite. Platon en fait une flatterie des plus bas instincts (ceux du peuple !). Mais l’observation commune montre que nous ne savons pas parler. Socrate en donne l’exemple : il roule ses interlocuteurs dans la farine. Il ne cherche pas à comprendre ce qu’ils avaient du mal à exprimer. Il les ridiculise. Or, il arrive que nous ayons des idées justes. D’ailleurs, c’est peut-être toujours le cas. La rhétorique est la technique qui permet de s’exprimer, au sens premier du terme, de parvenir à formuler ses sentiments, par nature inconscients, impalpables. Mais aussi d’éviter de tomber dans les pièges des manipulateurs. Et il faut peut-être plus d’une vie pour cela.

(Remarque. Mon dictionnaire d’ordinateur oppose totalitarisme à démocratie. Je l’entends au sens du CNRTL : « Qui rend ou tente de rendre compte de la totalité des éléments d’un phénomène, qui englobe ou tente d’englober la totalité des éléments d’un ensemble. »)

Supplice chinois

Si Trump n’existait pas, il faudrait l’inventer ? Sans lui le monde est terne.

Christine Ockrent lui consacrait, samedi, une nouvelle émission. Elle s’interrogeait sur la situation en Asie.

Je retiens que la Chine ne va peut être pas bien économiquement, mais qu’elle flairerait une occasion. Sa stratégie jouerait sur la psychologie de ses adversaires, plus que sur la force. Elle cherche à faire craquer les nerfs de Taiwan, et soupçonne que Trump pourrait être amené à lâcher l’île.

Ce blog a beaucoup étudié « l’influence », la manipulation des esprits. Ce fut longtemps l’apanage de la « soft power » américaine. Les régimes dirigistes vont-ils lui rendre la monnaie de sa pièce ? En tous cas, en ce qui nous concerne, nous Européens, rien ne change ?

Donald vole

Grand sujet d’article depuis quelques temps : M.Trump reçoit un avion en cadeau. USA one devient Qatar one.

Cela illustre probablement les limites de notre intellect. Car, que peut-on en conclure ? Ce mec est une farce ? Mais que vont produire ses agissements ? Personne ne s’en inquiète.

En tous cas, cela en dit peut être long sur l’état des USA. Car Boeing, en dépit de surcoûts massifs, semblait incapable de livrer l’avion présidentiel. D’où l’ire de Trump. Les USA sont-ils devenus des nains industriels et techniques ? Le GAFA ne serait-il qu’un écran de fumée ?

(Une question : le cadeau semble un vieux Boeing 747. Or, l’avion présidentiel est supposé invulnérable, en particulier aux tirs de missiles. Qui va s’occuper de ces travaux et combien vont-ils coûter ?)