Jean-Jacques Pauvert

Un autre inconnu. Jean-Jacques Pauvert. Un éditeur rendu célèbre par la publication de Sade, en un temps où cela ne se faisait pas.

Jusque-là, je trouvais que France Culture accordait trop d’importance aux éditeurs. Encore des pistonnés ? En écoutant celui-ci, j’ai pensé que je me trompais. Les éditeurs d’antan n’avaient rien à voir avec leurs avatars modernes. C’était des passionnés et des esthètes. Ils faisaient oeuvre de missionnaire.

Jean-Jacques Pauvert, un éditeur en liberté.

Aimer la bombe

La bombe atomique, une rétrospective de France culture (une émission de la série).

Que nous ayons une force de « dissuasion nucléaire » résulte d’une sorte de putsch. J’ai découvert, en effet, que, au moment où elle a été décidée, tous les partis politiques, et probablement aussi l’opinion, étaient opposés à cette idée.

Leurs arguments étaient fort rationnels : coût de l’opération, amitié indéfectible des Américains, refus de la prolifération nucléaire, etc.

Je pense aussi que l’atome est extrêmement dangereux, et peut-être bien plus qu’on ne le dit. Mais, il y a des moments où le militantisme n’est plus de mise. La société a changé, il n’est plus possible de s’opposer au mouvement. Il faut faire avec. « Nous devons prendre le changement par la main, ou soyez sûrs qu’il nous prendra par la gorge » disait Churchill.

(Pour autant, en démocratie, il est extrêmement dangereux de créer des précédents non démocratiques. Avoir raison n’est pas une bonne raison. Ce qui est vrai pour de Gaulle comme pour Roosevelt, d’ailleurs.)

Paul Bénichou

Découverte de Paul Bénichou. Ce Juif algérien est le produit classique de l’ascenseur scolaire français du début du siècle. Repéré pour ses talents, il est propulsé à Normale sup. Il y devient surréaliste (une aristocratie, qui considérait la société avec condescendance).

Spécialiste de littérature française et ibérique. Il semble avoir étudié Baudelaire pour une raison qui m’intéresse : qu’est-ce qui peu expliquer la naissance de l’intellectuel déprimé ? (Autrement dit le Bobo, invention qui nous est due.)

Son idée serait que la religion a perdu toute crédibilité au temps des Lumières. Une élite intellectuelle a surgi, à sa place. Mais les illusions se sont dissipées. Le romantisme est apparu, en réaction. L’intellectuel a conservé ses prétentions à l’autorité morale, mais il a perdu son optimisme triomphant. Le philosophe des Lumières a cédé la place au poète, qui se complaît dans les ténèbres ?

Le bon plaisir, de France culture.

(Paradoxalement, la fiche wikipedia anglaise de Paul Bénichou est infiniment plus sérieuse que son équivalent français.)

Prestige

Une des découvertes de ce blog aura été le président Giscard d’Estaing et son influence.

A son arrivée, il avait suscité l’espoir, semble-t-il me souvenir. Il était jeune et polytechnicien, ce que l’ascenseur social républicain avait fait de mieux. Puis l’espoir est devenu haine hystérique. On disait, et cela semble confirmé, qu’il se croyait la réincarnation de Louis XV. L’homme était devenu ridicule.

En fait, il semblerait qu’il nous ait beaucoup plus transformés que nous le pensions. Il se serait cru, aussi, l’incarnation du cool John Kennedy. Ce fut un « choc systémique ». Il a mis au placard le modèle gaulliste, pour faire entrer la France dans l’ère américaine, dont elle n’est pas sortie depuis.

En particulier, disait un précédent billet, il semble avoir enterré le projet « de prestige ». A-t-il eu raison ?

Il devait le trouver coûteux. Mais, dans certains cas, ne peut-il se révéler utile ? Que la France ait une bombe atomique paraît actuellement plutôt une bonne idée à beaucoup. Il en est probablement de même d’Airbus.

Mais l’intérêt du projet de prestige est peut-être ailleurs ? Mieux qu’une équipe sportive, il soude la nation ? Sans point de repère, il est possible que l’on en soit réduit à se replier sur sa communauté, pour peu que l’on en ait une ? Forces centrifuges ?

Yves Rocard

Les hasards de wikipedia m’amènent à la fiche d’Yves Rocard, le père du premier-ministre. Je savais qu’il avait été, aussi, le père de notre bombe atomique, mais pas qu’il s’était intéressé aux extra-terrestres, et aux baguettes de coudrier.

J’ai appris, qu’après guerre, il avait fait son marché parmi les savants nazis. Il est passé après les Américains, mais il a fait quelques prises. Le savant nazi était alors une denrée recherchée. J’ai lu, ainsi, que l’Allemagne hitlérienne possédait une « pile atomique ».

Si l’on ajoute à la manne nazie l’apport des expatriés juifs qui possédaient probablement l’essentiel de la culture et de la science allemande, on ne peut dire que : ce que l’Allemagne a pu apporter au monde est étonnant. Elle a été un extraordinaire creuset d’inventions.

Mais cela fut une malédiction ? A moins qu’elle n’ait été condamnée dès le départ : le stimulant de sa créativité ayant été sa volonté de puissance ?

Mystère Trump

Je retrouve un ancien billet. Il date du premier Trump. On apprend, qu’à cette époque, il arrose le citoyen et le chômeur de subventions !

Après cela, on comprend que l’électeur modeste l’ait aimé. Mais c’est aussi bon pour l’entreprise, puisque cela donne au marché du pouvoir d’achat. (A condition qu’il achète des produits américains…)

Il ne semble pas avoir adopté ce type de mesure cette fois. Peut-être n’a-t-elle pas été efficace ? (Vus les montants dont il est question, tout ne doit pas avoir été perdu – sans quoi le déficit américain devrait être bien pire qu’il n’est ?)

En tous cas, cela montre probablement la faiblesse (paresse ?) de nos analystes. Personne n’a essayé de comprendre quelle était la ligne que suivait Trump. Auraient-ils adopté la ligne démocrate : la diabolisation de Trump ?

La semaine de Trump

Trump ne se lasse pas de faire l’actualité. L’autre jour, il en avait contre le patron d’Intel. Nouvelle foucade ? Eh bien, il semble que ledit patron ait été un acteur important de l’industrie chinoise du processeur.

Le problème avec Trump c’est qu’une partie de ce qu’il dit est juste. Ce qui explique peut-être qu’il ait si peu d’opposants ?

En cela, il paraît ressembler à Talleyrand. Talleyrand ne faisait qu’exploiter l’hypocrisie de la société.

Magdalénien

Le Magdalénien fut le dernier acte de la préhistoire. On le sous-estime. Il s’y serait fait des inventions, comme celle de l’aiguille, qui ont changé le cours de l’histoire, ou, qui sait ? l’ont rendue possible. En comparaison, nos inventions modernes ne pèseraient pas si lourd que ça…

Curieusement, le Magdalénien aurait été occidental. Il aurait préparé la civilisation, orientale, dont on ferait, à tort, un peu trop de cas. Les historiens ne connaissent pas la préhistoire.

Voilà ce que j’ai retenu des propos de Louis-René Nougier.

True crime

La BBC m’a fait découvrir « True crime ». L’Anglais est fasciné par l’affaire sordide, particulièrement si elle est vraie, me suis-je dit. C’est devenu un genre. J’ai trouvé les premières enquêtes intéressantes. La fiction est bien pâle par rapport à la réalité ! (En particulier, parce que, dans la réalité, le mystère est impénétrable et le doute permanent.) Mais aussi que le filon s’épuise vite. (Va-t-on être contraint de faire appel à quelque tueur à gage ?)

Et voilà la surprise : en regardant les menus de l’application de Radio France, je vois : True crime ! On n’a même pas fait appel à un Québécois pour traduire le mot (on aurait trouvé : « documentaire criminel » – les « dossiers du crime » ou « dossiers criminels » ne seraient pas mal non plus).

Paresse intellectuelle : le véritable crime ?

Déficit américain (suite)

Lors de la première présidence Trump, j’avais entendu qu’il était ridicule. En fait, il menait déjà la politique actuelle. Et, elle n’a rien d’idiot. Il parle le même langage que les économistes distingués. Seulement, il n’aboutit pas aux mêmes conclusions qu’eux.

D’un nouvel article sur le sujet, je comprends ceci :

Bretton Woods avait pour principe la convertibilité en or du dollar. Le pays ne pouvait alors être en déficit, les pays créditeurs pouvant demander de l’or, plutôt que des dollars. Lorsque le pays est entré en déficit sous Nixon (l’article ne dit pas pourquoi, mais je crois que la cause était le Vietnam), il a supprimé la convertibilité. Le dollar est devenu monnaie de réserve. Ce qui encourageait l’étranger à acheter ses titres et donc à financer ses déficits. Le pays n’aurait pas résisté à la tentation.

Des mérites de la vertu ?

L’article répond aussi à une question que je me posais. L’économiste n’aurait-il pas condamné l’industrie ? Eh bien oui. Il croit que « structurellement » elle va disparaître, comme l’agriculture ! Et, n’ayant pas peur du ridicule, il prend l’Angleterre comme exemple. Comme si qui que ce soit voulait ressembler à l’Angleterre !