Ma découverte de Martin Seligman résulte du hasard. A une époque, j’ai beaucoup écrit à des universitaires américains. Ils ne semblaient pas comprendre ce que je leur disais. Ils m’orientaient vers un autre auteur, sans rapport avec ma question. Curieusement s’était une révélation, de celles qui changent une vie ! Effets heureux du hasard ! Ce qui a été le cas de Martin Seligman.
Martin Seligman est un des psychologues qui ont marqué leur temps. Il aurait d’ailleurs pu être prix Nobel, comme Kahneman : il a fait des prévisions qui ont été vérifiées.
Son travail porte sur l’optimisme et le pessimisme. Il montre que l’optimisme est, partout, lié au succès, bien plus que les capacités qui devraient l’expliquer (par exemple les capacités intellectuelles, pour l’école). L’optimisme, c’est être stimulé par le revers ! Il montre surtout que le pessimisme et l’optimisme sont « appris ».
En testant ses travaux autour de moi, en particulier, un temps, sur mes élèves, j’ai découvert la complexité du phénomène. En effet, j’observe que l’interprétation de l’événement fait l’objet d’algorithmes très curieux, et très idiots. Ils vont au delà d’un simple « je vais réussir », ou « je n’y arriverai pas ». Par exemple, face à une question (il faut que je fasse de l’exercice), notre esprit produit une solution unique (marcher) qui suscite la paralysie (il pleut), alors qu’il y avait d’autres possibilités.
D’où la question : notre société ne serait-elle que codage ? Elle apprend à certains à croire qu’ils ne peuvent que réussir (exemple de Roosevelt), et à d’autres « l’impuissance » ?