Je découvre, 40 ans après, l’affaire Loiseau. (Arrêt sur image – Police : L’affaire Loiseau ou les dessous de la « PP », 1994, rediffusé par France culture Et le dossier noir de la police des polices.)
Un inspecteur de police est accusé à tort par sa hiérarchie, qui invente des preuves contre lui. Il sera gracié par le président Mitterrand mais jamais innocenté. Les coupables ne seront jamais punis.
Dans une émission, il était dit que, pour réduire le coût de la police, on lui fait utiliser des indicateurs, ce qui la conduit à se compromettre, et, aussi, à se payer en nature, en quelque-sorte.
Si je comprends bien, suite à une faute qui a coûté des vies, les policiers ont demandé que le responsable soit sanctionné. Pour ouvrir un contre-feu, la direction de la préfecture de police a voulu leur rappeler leur propre culpabilité. Manque de chance, dans le lot des accusés, se trouve un innocent. Il a voulu se défendre. Il a fallu s’en débarrasser. (Peut-être même, quelque peu machiavéliquement, s’en prendre à un innocent permettait de détourner l’attention des syndicats de policiers.)
Il y a beaucoup d’éléments curieux dans cette histoire. Tout d’abord, elle ressemble étrangement à l’affaire Dreyfus. Pour protéger une institution, on accuse un innocent. Ensuite, comme dit dans un précédent billet, cet innocent, convaincu qu’il va être lavé de tous soupçons, n’a pas le comportement que l’on attend d’un innocent. Finalement, il y a beaucoup de coupables dans cette affaire, la police aussi bien que la justice. D’ailleurs, sans la bavure et la fronde initiale, aurait-on parlé de policiers corrompus ?
Il était aussi dit qu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser des oeufs. Ce type d’affaire est peut-être une pathologie naturelle du système policier. Le tout est de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment ?