Spiritualisme

M.Trump est le rêve de l’intellectuel devenu réalité. En effet, ce dernier dénonce la main invisible de la raison s’abattant sur la société. Or M.Trump, c’est l’arbitraire au pouvoir. D’ailleurs, les nouveaux hommes forts qui dominent notre monde sont des hommes de foi. Ils croient, avant tout, à leur étoile et à la dernière idée qui leur a percuté le crâne.

Qu’est-ce que la raison ? peut-on se demander. C’est le contraire de la foi. Paradoxalement, c’est donc le doute. Que sais-je ? dit Montaigne. Voilà qui est inattendu. Car, le doute n’est-ce pas la négation de l’action ?

La caractéristique de l’homme est de chercher des lois à tout ce qu’il rencontre, en particulier aux phénomènes naturels ou aux comportements de ses semblables. (Il paraît que cela se voit dès l’enfance : quand l’enfant joue, il invente des règles.) Ces lois ont eu un certain succès, c’est la science actuelle. Mais elles sont aussi un échec : dès qu’on veut en faire des absolus, on rencontre l’absurde. Et si la raison était cette démarche de recherche permanente de « raisons », sachant qu’elles ne seront jamais satisfaisantes ? Et si c’était la démarche, et pas son résultat, qui comptait ?

Bulle artificielle

Il y a quelque temps, je lisais que NVidia investissait 100md$ dans Openai.

Or, Openai, c’est 7 ou 8% du chiffre d’affaires de NVidia. Et, pour atteindre la puissance de calcul qu’il vise, il lui faut des dizaines de fois ce qu’il possède déjà en termes de processeurs (voire plus).

NVidia financerait-il son marché pour montrer à ses investisseurs, qui lui accordent une valeur de 4000 md$, qu’il existe ?

Autre exemple :

AI coding start-ups reap $7.5bn wave of investment
Sequoia, NEA and Nvidia invest $50mn in Factory in bet software engineering will be critical application for the tech

Financial Times du 25 septembre

Sartre et l’intelligence artificielle

Sartre aurait expliqué le nazisme par l’homosexualité. (Entendre par là que les Nazis auraient été des sous-hommes ?) Serait-ce une blague ? me suis-je demandé en entendant cela d’une ancienne émission.

Eh bien non. Une enquête montre que c’est une théorie qui a connu les faveurs de l’après-guerre.

A chaque fois qu’une mode apparaissait, Sartre en devenait l’expert ? Il fut successivement homophobe, existentialiste, communiste… Il serait aujourd’hui expert en intelligence artificielle ?

Aventures en Argentine

On n’entend pas parler de l’Argentine. Peut-être que cela va changer. Car, après de premiers succès, son dirigeant est en difficultés.

Quand on vit dans une maison de verre, on ne lance pas de pierre, dit-on. C’est l’erreur qu’il semble avoir commise. Sa politique était risquée, la situation du pays fragile. Il a laissé s’installer le chaos politique. Ce qui a paniqué les marchés. Et amené M.Trump à voler à sa rescousse, « quoi qu’il en coûte ». (Article du Financial Times.)

Avec M.Trump, les promesses n’engagent que ceux qui les croient, direz-vous. En tous cas, lui qui voulait ramener les USA à un superbe isolement, risque de le laisser engagé dans de nouveaux Vietnam. M.Trump sait-il bien choisir ses alliés ?

Pouvoir de la science

Les observations de Claude Lévi-Strauss (billet précédent) me rappellent une autre réflexion :

La science est un moyen de pouvoir. Régulièrement, dans son histoire, celui qui la possédait l’opposait aux coutumes ancestrales, et même aux constats. Par exemple, l’élite de la science française du 19ème siècle a combiné ses talents pour montrer que les chaudières qui explosaient ne pouvaient pas le faire. La cause de l’accident était donc humaine.

Je me demande s’il n’y a pas, au moins dans une partie de la population, une haine de l’espèce humaine. Grâce à la science elle pense pouvoir se passer de ses semblables. N’est-ce pas ce à quoi l’on assiste avec l’Intelligence artificielle ?

Justice

Que pensez-vous de l’affaire Sarkozy ? me demande-ton. Rien. Pour se faire une véritable opinion, il faudrait procéder comme un juge. Et encore, ce ne serait qu’une opinion.

Ce que je constate est qu’une fois de plus beaucoup accusent la justice en se comportant bien plus mal que ce qu’ils lui reprochent. Ils jugent sans preuve et sans fondements, à charge et sans décharge. Or, attaquer la justice est extrêmement grave. Car sans justice la seule loi qui demeure est celle de la jungle.

Que la justice puisse se tromper est manifeste. Lorsque j’écoute la BBC il est régulièrement question d’erreurs judiciaires extrêmement graves. De personnes qui ont passé une vie en prison alors qu’elles étaient innocentes. L’affaire Loiseau dont parlait récemment ce blog fut aussi une erreur judiciaire. Mais, jusqu’ici, personne ne mettait en cause la justice.

D’ailleurs que serait une justice juste ? Celle de M.Poutine ou de M.Trump ?

Mimétisme

Claude Lévi-Strauss raconte que le chef d’une tribu qu’il étudiait s’était mis à l’imiter : il dessinait des lignes sur du papier et faisait semblant de les lire.

Cela m’a rappelé que je faisais de même quand j’étais tout petit, avant même d’entrer en maternelle. Ce qui m’amènerait peut-être à une autre interprétation que la sienne, qui, me semble-t-il, était que le chef y voyait un moyen de faire croire à son peuple qu’il « partageait les secrets du Blanc ». (Matinée de l’inactuel – Tristes tropiques 1977, France culture.)

Folklore américain

Trump n’aurait rien d’extraordinaire. Son action s’inscrirait dans un désir de repli sur soi des USA, propre à leur culture et à leur histoire, et qui s’est amorcé il y a déjà quelque temps. Voilà ce que j’ai entendu dans l’émission de Christine Ockrent (France Culture), il y a une semaine.

Ce qui n’est pas loin d’être ce que je pense.

Même le fait de trahir ses alliés pourrait avoir des fondations culturelles. Ce blog explique comment certains entrepreneurs américains ont fait de belles affaires en considérant que l’engagement de payer une retraite n’était qu’une dette comme une autre. Il suffisait de mettre l’entreprise en faillite pour ne plus avoir à l’acquitter.

Le patrimoine génétique de l’Américain aurait-il été codé pour transformer celui qui lui fait confiance en dindon bon à plumer ?

Vengeance et ressentiment

Nietzsche aurait fait la distinction entre vengeance et ressentiment. (Les chemins de la philosophie, France culture.) La différence entre l’un et l’autre est le passage à l’action.

Je me demande si le ressentiment ne vient pas d’une impuissance à obtenir ce que l’on désire, à être ce que la société nous donne en exemple. Plutôt que de l’affronter, on cherche un bouc émissaire. Un responsable de notre malheur.

Mais le ressentiment n’est pas totalement impuissant, comme semble le dire Nietzsche. Quand il est exploité par un agitateur adroit, il peut devenir Terreur.

M.Trump et nos partis extrêmes ne seraient-ils pas mus par le ressentiment ?

Raison du populisme

Une étude universitaire (article du Financial Times) semble donner raison à l’observation ordinaire : les partis politiques traditionnels ont fait le lit de l’extrémisme.

Comme souvent, le phénomène est plus subtil que ce que l’on tend à penser. Il s’agit bien d’une question d’immigration et d’incivilité impunie. Mais non par haine de l’immigré ou de petitesse peureuse, mais parce que la population y voit une désagrégation de la société (l’immigré intégré est accepté sans difficultés) peut être voulue par des partis traditionnels, au mois insensibles au sort de leurs électeurs.

Le seul pays étant parvenu à aligner population et politiques est le Danemark. Et on n’y voit pas d’extrémistes.