Centralisé, spécialisé et hautement technologique, le maintien de l’ordre à la française vit, selon Sebastian Roché et François Rabaté, dans la conviction qu’il repose sur un modèle supérieur à celui des autres États démocratiques pour affronter les nouveaux types de manifestations sur l’espace public.
Article de Télos
Une recension d’un livre discutant du traitement de la manifestation par la police.
J’entends beaucoup critiquer la police, et je me demandais ce qu’il en était. Il ressort de l’ouvrage que, contrairement aux pratiques étrangères, la police française est spécialisée, très bien équipée, et tend à répondre à la violence avec plus de violence. Ce qui est fâcheux, car, aux cours des ans, les manifestations sont de moins en moins violentes.
Ce serait apparemment mieux ailleurs. Ce dont je doute, en écoutant ce que l’on dit de la police anglaise.
Il ressort aussi de l’article que les conditions des manifestations ont changé. Elles ne sont plus encadrées par des « organisations », syndicats ou autres (qui avaient leurs propres services de maintien de l’ordre).
Et si, me suis-je demandé, la police n’était ni le problème ni la solution ? Et s’il y avait ici une question de responsabilité collective ? Notre société ne laisse-t-elle pas à la police le soin de régler des questions qu’elle est trop lâche pour regarder en face ? En plus en se permettant de la critiquer ?
Pas étonnant, dans ses conditions, que la police s’isole du reste de la société, avec le sentiment d’être incomprise, et de ne pouvoir compter que sur elle-même ?