Grand scandale anglais. Fin 90, la poste anglaise achète un système d’information qui doit équiper ses « sous postiers ». Dans leurs fonctions, il y avait des transactions financières. L’ordinateur se trompait, créait des déficits, qu’ils devaient combler. Résultat : suicide, prison…
La justice s’était emparée de l’affaire. Mais elle est extraordinairement lente. Une série télévisée a ému l’opinion. Ce qui a amené le gouvernement à légiférer, pour dédommager en urgence les victimes.
Comme souvent, l’histoire est plus complexe qu’on ne le dit. Les fameux « sous-postiers » remontent à l’ère victorienne. Depuis un siècle on les soupçonnait de détourner des fonds. Et l’on a cru que le logiciel les prenait la main dans le sac… Biais de confirmation. (Informations de la BBC, jeudi matin.)
Cette affaire pose aussi une question fondamentale. Pourquoi la justice de nos démocraties est-elle aussi lente ? Embouteillée par trop de nobles principes ? Ce qui sert l’intérêt du malfrat ? Ce qui donne, à l’opinion, si facilement influençable, un pouvoir de dernier recours ?