Horizon anglais

Grand scandale anglais. Fin 90, la poste anglaise achète un système d’information qui doit équiper ses « sous postiers ». Dans leurs fonctions, il y avait des transactions financières. L’ordinateur se trompait, créait des déficits, qu’ils devaient combler. Résultat : suicide, prison…

La justice s’était emparée de l’affaire. Mais elle est extraordinairement lente. Une série télévisée a ému l’opinion. Ce qui a amené le gouvernement à légiférer, pour dédommager en urgence les victimes.

Comme souvent, l’histoire est plus complexe qu’on ne le dit. Les fameux « sous-postiers » remontent à l’ère victorienne. Depuis un siècle on les soupçonnait de détourner des fonds. Et l’on a cru que le logiciel les prenait la main dans le sac… Biais de confirmation. (Informations de la BBC, jeudi matin.)

Cette affaire pose aussi une question fondamentale. Pourquoi la justice de nos démocraties est-elle aussi lente ? Embouteillée par trop de nobles principes ? Ce qui sert l’intérêt du malfrat ? Ce qui donne, à l’opinion, si facilement influençable, un pouvoir de dernier recours ?

Prénom original

Je hais mon prénom. Il est d’un commun !

Ma mère a toujours, malheureusement dans ce cas, anticipé les modes.

Serais-je victime du changement ? Car, en son temps, on restait dans son coin. Localement, j’aurais pu avoir un prénom raisonnablement original. Elle n’avait pas prévu la « globalisation ».

Orient mystérieux

D’abord, les services secrets israéliens ont été surpris par le Hamas. Ensuite, Israël semble avoir choisi la méthode Poutine pour régler les problèmes de la région. Les otages ne comptent pas. Et on liquide l’ennemi. Y compris, peut-être bien, le Hezbollah. Et, pour le moment, il n’y a pas de réactions. Lien de cause à effet : les services secrets israéliens avaient-ils correctement perçu que leurs adversaires étaient faibles ?

(Toujours tactique poutinienne : les médias occidentaux vont-ils finir par se lasser ?)

En tous cas, cela va à l’envers de ce que préconisait un précédent billet : une prise en main internationale de la région, pour trouver à ses tensions une solution définitivement pacifique.

Résistance au changement

La « bagnole » et le pavillon, deux vaches sacrées qu’il sera difficile de détrôner.

Environnement : changer les modes de vie ? Pas si simple…

Comme le disait l’article précédent, on découvre que les mesures envisagées pour réussir la « transition climatique » sont incompatibles avec ce qui compte le plus pour nous. En fait, il y a probablement un consensus au sein des populations mondiales : la transition climatique, c’est pour les autres.

On constate aussi que ceux qui contribuent le plus aux émissions de CO2 sont les pays riches, et les riches des pays riches. Or, ce sont aussi eux qui sont les plus fervents promoteurs du changement !

Homéostasie ? Toute tentative de changement détruit ses causes ?

Le carbone et le pauvre

Insulating a house, cooking more meat-free meals, and buying an electric vehicle: these low-carbon behaviours don’t come cheap. Researchers say that in order to achieve net zero, we need to ensure that people on all income brackets can feasibly adopt low-carbon behaviours.

Article

Tout ceci semble évident. De même l’étude constate que les gens riches contribuent beaucoup plus au réchauffement climatique que les pauvres, et donc que leur participation à la transition climatique devrait en tenir compte.

Comment se fait-il que l’on découvre ces évidences si tard ? Histoire habituelle du changement ? D’abord, on rêve, puis on rencontre la réalité ?

(Mais si le rêveur assume le coût du changement, cela va-t-il doucher son ardeur ?)

Kim Kardashian

Autre milliardaire de Good, bad billionnaire.

La particularité de Kim Kardashian est de donner en spectacle sa vie privée.

Curieux phénomène, je ne sais pas s’il a été étudié par le sociologue ou le psychologue : un grand nombre de gens vivent « par procuration ». C’est la fameuse question des « influenceurs » et des « suiveurs ». Elle a probablement existé de tous temps, mais elle n’a jamais été aussi évidente que depuis l’avènement des réseaux sociaux. Certaines personnes s’identifient à d’autres. Elles se nourrissent de leur vie. Elles ne semblent pas bien finies. Elles n’ont pas « d’identité » ?

Mais être un influenceur, c’est un métier. Kim Kardashian l’a appris des personnes célèbres qu’elle fréquentait, du fait des relations de sa famille. Bizarrement aussi, pour un pays puritain, une des figures obligée sont les « sextapes » : diffuser ses ébats amoureux sur les réseaux sociaux. Et prélever des droits sur les ventes.

Le modèle économique du « people » est d’utiliser sa notoriété pour vendre les produits de ses clients, et les siens propres. C’est comme cela que l’on fait fortune. C’est un phénomène que n’ont pas compris nos « médias » : la leçon de morale ne fait pas vendre.

Mais être riche a un prix. Les évolutions physiques de Kim Kardashian sont surprenantes, si l’on en croit les photos que l’on trouve sur internet : d’une gentille petite fille, la chirurgie a fait un produit de consommation standard.

Aviation 2.0

Boeing perd ses boulons. Et cela après une série d’accidents. Décidément le 737 a bien des malheurs. Et ses clients sont, finalement, très accommodants.

Esprit numérique ? L’aviation fait tester ses produits par le marché ?

Un des best sellers de ce blog est « Boeing, entreprise de service ». Emmenés par ENRON, ceux qui nous dirigeaient ont été convaincus que les entreprises devaient être organisées selon les lois du marché. En fait, elles devaient être des places de marché. De la concurrence sanglante entre sous-traitants germerait l’innovation. C’est ainsi que les constructeurs automobiles se sont débarrassés de leur métier d’équipementier. Boeing était allé tellement loin dans cette direction que l’on s’est demandé, un moment, s’il parviendrait encore à construire des avions.

Un phénomène mériterait d’être étudié : c’est la latitude du dirigeant à faire des paris fous, et sa propension à prendre des vessies pour des lanternes (« management fad », en anglais). Mal de la démocratie : l’intelligence collective ?

Boeing, entreprise de services

Régime de santé

La « Tribune de la semaine » de La Tribune se demandait, samedi dernier, si le gouvernement allait « à droite toute ».

Cela n’a pas beaucoup de sens, si l’on ne se demande pas, au préalable, d’où il part.

En fait, une question qu’aurait pu poser Aristote est : quel est le régime qui convient à la France ? Le consensus parmi les politiques, ce dernier demi-siècle, semble avoir été que c’était le régime américain. Un temps, cela a semblé être vrai. M.Sarkozy est allé jusqu’à nommer son parti « Les républicains ». Puis (au moment où la gauche allait s’appeler « les démocrates » ?) les électeurs ont réduit les deux partis à quasiment rien, et élu un parti centriste.

On peut se demander si, comme le pensait de Gaulle, ce n’est pas la bonne formule. En tous cas, qu’elle soit celle des radicaux ou des gaullistes, c’est celle qui jusqu’ici a le mieux marché. (Ce que demande le Français à ses gouvernants ce n’est pas d’être des idéologues, mais des syndics de copropriété ?)

La difficulté qu’elle semble présenter est qu’elle demande un dirigeant qui ait le sens de l’intérêt général, alors que, pour une raison qui reste à expliquer, le monde politique est propice à l’irresponsabilité et au pire machiavélisme à courte vue.

Conquête du marché

L’exploration spatiale n’est plus ce qu’elle était. Après celle des Russes, c’est maintenant la mission lunaire des USA qui échoue.

Mais surprise. L’échec vient d’un sous-traitant ! La NASA passe des commandes à de « jeunes entreprises » (des start-up ?). La fiabilité ne compte plus. Vu le prix, elle peut se permettre quelques échecs. C’est seulement en faisant ce genre d’économies qu’elle aura les moyens d’envoyer des hommes sur la lune. Fini le temps où l’Amérique investissait une partie de son PIB dans la conquête spatiale. (Nouvelles de la BBC de mardi.)

La NASA semble surtout l’héritière de Mme Thatcher et de M.Reagan. Un temps on a cru que l’Etat, c’était le mal. Et que s’il avait un rôle, c’était de faire jouer les lois du marché, à savoir la concurrence. Ce qui avait un grand avantage : c’était bien plus simple que de faire son travail.

Paradis artificiel

Peut-on prédire le degré de sévérité d’une dépression, distinguer dépression unipolaire et bipolaire et enfin réaliser un suivi de l’apathie ?

(des universitaires) cherchent à modéliser une variété dans un espace de faible dimension qui représenterait au mieux l’espace des émotions.

Cette modélisation doit se faire de façon faiblement supervisée : il faut que cette variété « sorte » des données et ne soit pas contrainte par des représentations à priori. Les données d’entrée sont les expressions du visage, la prosodie de la voix et les phrases prononcées par les personnes.  

Annonce d’une conférence

Autrement dit, on met dans la machine ce qu’un individu interprète, d’ordinaire, et on attend à ce qu’elle nous trouve des idées que l’on n’avait pas eues.

Ma première rencontre avec l’IA ressemblait à cela. C’était en 1984. On m’a parlé d’une machine à innover. Elle avait déjà trouvé quelque-chose comme un Klaxon qui faisait un appel de phares, je crois. C’était un début, qui montrait que l’on était sur la bonne voie.

Ce que l’IA a de formidablement séduisant, c’est qu’elle vous promet de penser pour vous.