Brexin ?

56% des Anglais seraient favorables à un retour dans l’UE. Qu’est-ce qui peut les empêcher de revenir ? Une émission de la BBC.

Escroquerie. Il ressort de l’émission que c’est le cadet des soucis de l’Anglais. Il pense avoir fait une erreur, mais il a d’autres sujets de préoccupation.

Mais l’émission n’était pas totalement perdue. J’en retiens que Mme Thatcher avait obtenu un rabais massif. Elle ne payait qu’un tiers de ce qu’elle devait ! Décidément, les Anglais avaient su tirer les ficelles de l’UE, et la traire. C’est peut-être ce qui a perdu Lord Cameron. Il a cru que tout lui était permis. Je continue à penser que le Brexit a sauvé l’UE. (Elle a encore beaucoup de chances de crever, mais, avec les Anglais à bord, sont trépas était certain.)

On apprend aussi que ce que l’Angleterre n’aimait pas dans l’UE, c’était la liberté de circulation. Elle veut maîtriser son immigration. Ce qui est surprenant puisque l’immigration nette est actuellement de plus d’un pourcent de la population. Là aussi cela semble confirmer un de mes biais : l’Anglais aime son empire, mais pas le continent.

L’homme et l’artifice

Powerpoint a une fonction illustration automatique (« concepteur de création »). Comme le correcteur orthographique, c’est l’intelligence artificielle mise à la disposition du petit peuple. C’est amusant à utiliser, une fois que l’on a compris les règles du jeu.

En effet, c’est d’une insigne stupidité. Pour une raison qu’il reste à expliquer, l’illustration est une sorte d’exact envers de ce que dit le texte qu’elle est supposée traduire. Pour obtenir quelque-chose d’intéressant, il faut se réduire à un seul mot. Ou jouer de l’effet de surprise. Surtout, le système a fort peu de mémoire. Ce qui rend compliqué l’essai erreur. Du coup, il faut apprendre à jouer, au contraire, sur cette caractéristique : on peut obtenir des effets curieux, en faisant perdre au système ses souvenirs. Ensuite, comme tout ce que fait Microsoft, cela ressortit au sens de l’esthétique de Bill Gates. Comme le disent les traités d’anthropologie : la marque du fondateur sur une culture d’entreprise est indélébile.

De l’effet du marketing sur l’esprit de nos dirigeants ?

Trumpisme

Les démocrates américains votent Trump. Avec lui c’est l’avenir de la démocratie qui se joue. Slogan simple et efficace. (Nouvelles de la BBC, hier.)

Et surtout, cela doit forcer leur extrême gauche à entrer dans le rang ? Car, c’est bien plus là que se trouve le danger que chez M.Trump ?

Apparemment, la situation de l’Américain se serait améliorée sous M.Biden, mais l’amélioration ne lui serait pas attribuée. Que trouve l’Américain à M.Trump ? Vengeance ? Rancoeur tellement forte que rien ne peut l’atténuer ? Peut-être serait-il bien de s’interroger sur ce qui en a été la cause ?

Jacques Delors

Je me souviens d’une habitante du seizième qui se lamentait de l’élection de François Mitterrand et de sa bande d’incultes, même pas polytechniciens. Parmi lesquels Messieurs Delors et Beregovoy.

Qui était Jacques Delors ? Surprise : un Gaulliste ! Il était passé au PS mais, apparemment, sans changer d’opinion. C’était surtout un syndicaliste chrétien. Et il a nationalisé. Mais il a été l’homme de l’Europe. Il n’était pas le candidat de Mitterrand, mais le seul acceptable par le reste de l’Europe. Et, avant de prendre son poste, il a eu l’idée de faire un bilan de la situation. Il a découvert que l’Union européenne menaçait de ne pas se relever des coups que lui avait portés Mme Thatcher. Qu’elle avait besoin d’un projet.

Pourquoi n’est-il pas ensuite devenu président de la France, alors qu’il était favori ? Parce qu’il a eu peur du PS, qui avait amorcé le virage qui en a probablement fait ce qu’il est peut-être aujourd’hui. (Plus rien ?)

(il avait la) crainte de se retrouver prisonnier d’un Parti socialiste français qui, après les années Mitterrand, basculait à gauche (Henri Emmanuelli était devenu premier secrétaire en 1994) et dans lequel le catholique progressiste et pragmatique qu’il n’avait jamais cessé d’être ne se reconnaissait pas. Ce n’est pas un hasard s’il a été sensible au concept allemand d’« économie sociale de marché ».

Article de Telos.

Modèle de pensée

La même personne peut se voir comme un rebelle réussi ou un carriériste raté. Ce qui fait notre bonheur ou notre malheur est la façon inconsciente dont nous « modélisons » le monde, semble-t-il.

De cette perspective découle notre action. Et cette action nous renforce dans nos croyances. Vicieuses ou vertueuses. Voilà ce que dit Martin Seligman. Ce qu’il est facile de vérifier dans sa vie quotidienne.

Le changement, en grande partie, est donc un changement de perspective. Par exemple, nous pensons, avec Darwin, que nous descendons de l’animal. Il semblerait que certaines cultures croient, au contraire, que les animaux descendent de nous. Cela change tout dans leur rapport à la nature. Notre science physique, autre exemple, part du principe, manifestement faux, que l’univers est fait « d’individus », atomes, étoiles, etc. Que donnerait une autre modélisation ?

Et si l’on jugeait les modélisations non par leur apparente ressemblance à la réalité, mais par leurs conséquences ?

Bonne guerre ?

Un journaliste automobile me disait que la question de la voiture électrique avait été abordée « n’importe comment ». Par exemple, une étude aurait montré que dans 9 cas sur 10, le câble de chargement d’une voiture hybride de flotte d’entreprise n’était pas utilisé. Si bien que le moteur charge la batterie. Et que la consommation d’essence est de 30% supérieure à celle d’un véhicule ordinaire.

Lorsque les USA ont décidé de gagner la guerre, ils ont conçu un plan méthodique pour écraser leurs adversaires. Peut-être faudrait-il se souvenir de cette leçon ?

Taiwan

Taiwan : prochaine guerre mondiale ?

Apparemment, le Chine n’aurait pas choisi la stratégie de M.Poutine, mais celle des Américains. Elle veut asphyxier Taiwan, en rendant le droit chinois extra-territorial, et en sanctionnant quelques individus néfastes. (Affaires étrangères, de France culture.)

On nous rebat les oreilles de l’histoire de génies auxquels nous devrions tout, alors que l’homme apprend essentiellement par l’imitation ? La mode est autant politique que vestimentaire ? « Validation sociale » dirait la psychologie ?

Les voies du changement

Les discussions actuelles concernant la transition climatique sont typiques de la façon dont on envisage le changement.

  • D’un côté, il y a les partisans de « l’écologie punitive ». Le peuple doit se sacrifier.
  • De l’autre, au contraire, il est dit qu’il n’y a pas de changement. Laisser faire.

Curieusement, jamais il n’est question de « changer tous ensemble »… Société d’individus dans laquelle il est inconcevable qu’il puisse exister un « lien social » ?

Mystérieux intellectuel

Fitzgerald disait qu’il avait vécu à l’âge du Jazz, j’ai l’impression que notre âge a été celui des intellectuels. Une des découvertes de ce blog aura été « l’intellectuel ». Eternel sujet d’interrogation, depuis.

En quoi je diffère de Michel Winock, qui estime, au contraire, que les intellectuels ont disparu. A moins qu’il n’ait raison ? L’élite intellectuelle issue de l’affaire Dreyfus a été remplacée par un phénomène de masse ? Nous prétendons tous être des autorités de l’esprit ? En tous cas, ceux qui se revendiquent le plus de ce qualificatif présentent pas mal de paradoxes.

Ils semblent aspirer à faire le bien universel, alors que, de plus en plus, ils sont universellement haïs. En s’érigeant en autorité morale, ils condamnent les peuples auxquels ils appartiennent, alors que ceux qu’ils prétendent défendre rejettent, à coups d’attentats le cas échéant, les valeurs qu’ils promeuvent !

Ce qu’on leur reproche surtout est leur « langue fourchue ». Ils prônent un idéal éthéré, alors qu’ils s’enrichissent au détriment de leurs semblables. Ou encore, me disait une personne qui appartient à une famille d’enseignants militants, ils se battent pour la mixité alors qu’ils font des pieds et des mains pour que leurs enfants n’aillent pas dans des écoles fréquentées par les immigrés… (Pas par haine des immigrés, mais parce que leur niveau scolaire est nul.)

Une émission que citait ce blog se demandait si, aux USA, ce n’était pas la crainte de la submersion du Blanc (moteur bien plus puissant que le prétendu « racisme » du col bleu) qui expliquait les croisades de « l’extrême gauche » privilégiée.

Et si c’était ce type de peur qui possédait tous les « intellectuels » de la terre ? Et si, M.Dostoievski, il suffisait de les rassurer sur leur sort pour ôter à nos « possédés » leurs idées révolutionnaires ?

Céline

Il n’y a pas que la BBC qui sache raconter des enquêtes. L’émission Une histoire particulière de France culture est partie à la recherche des papiers de Céline.

Quand Céline fuit l’épuration, il laisse derrière lui les ouvrages auxquels il travaillait. Il dira ensuite qu’on les lui a volés. Depuis, on les cherche. Et on vient de les retrouver.

France culture a fait de l’Agatha Christie. Tout du long de l’émission, l’auditeur était sur une fausse piste. Car, après avoir cru découvrir un trésor, ce dernier comprend que ce travail n’avait aucune valeur pour Céline. Après guerre Céline se voulait une victime. Il avait tout oublié de son passé. Il était une oie blanche persécutée par la société. Or, coup de pied de l’âne, son appartement est confié à un résistant modèle. Un humble devenu héros. Et que celui-ci contacte Céline, à son retour en France, pour lui rendre ses documents. Mais comment être une victime, quand un homme qui serait justifié de vous expédier au peloton d’exécution, vous rend votre bien ?

Epilogue : les papiers sans valeur semblent avoir fait la fortune de Gallimard, et, j’imagine, des ayants-droits. Ce qui n’était que justice ?

(Je me suis toujours demandé pourquoi on avait une telle estime pour Céline. J’ai trouvé séduisante sa révolte d’après première guerre. Mais n’était-ce pas une posture ? On dit qu’il était une célébrité. Et son oeuvre d’après guerre, quant à elle, est abjecte. Quant à son style, ce n’est que mécanique.)