Trump la menace

M.Trump semble avoir le vent en poupe. Serait-ce le résultat d’un phénomène qu’aime tant ce blog : « l’énantiodromie » ? En l’attaquant, les démocrates ont pensé l’abattre, alors qu’il lui ont fourni ce qu’il aime le plus : une scène de concert ? Il est en représentation permanente.

Le plus surprenant est que M.Biden ne semble pas aimé. J’avais lu pourtant qu’il existait une sorte de théorème de la politique : si vous présidez un pays en croissance, vous êtes réélu.

En fait, le problème n’est peut être pas tant Trump et Biden, que le désert de la politique américaine. Il est probable que personne ne ferait mieux qu’eux.

Qu’est-il arrivé ? Comment expliquer une telle perte de contact avec les aspirations de l’électeur ?

L’aveugle et le paralytique

M.Biden fait l’objet d’une enquête. On aurait retrouvé chez lui des documents secrets.

Hier, j’entendais que ceux qui avaient chargé de l’enquête le disculpaient mais faisaient remarquer ses trous de mémoire.

Le procureur spécial Robert Hur, chargé d’enquêter sur des documents classifiés indûment détenus durant des années par le démocrate, a décidé de ne pas l’inculper. Pour justifier sa décision, il explique n’avoir pas réuni suffisamment d’éléments. Et pointe aussi la mémoire défaillante du président américain, candidat à sa réélection.

Le Monde

Les USA et la démocratie, d’une manière générale, sont sujets à de curieux phénomènes. Ils nous donnent, bien souvent (presque toujours ?), le choix entre la peste et le choléra.

(Ce qui rend fort une démocratie n’est pas son gouvernement, mais elle-même ? La définition de démocratie : gouvernement par le peuple ?)

Intelligence spéculative

Big tech strives to satisfy investor hunger for AI profits

Financial Times de samedi

Depuis quelque temps, je lis que la valeur de l’action Microsoft croit vigoureusement. Explication : le bruit de l’intelligence artificielle.

On s’est interrogé sur la rationalité du marché financier. Il semble qu’elle soit là. De temps à autre émerge un mot, « intelligence artificielle » par exemple. Il n’a aucune signification, sinon qu’il y a de l’argent à gagner, façon ruée vers l’or. Il faut être présent au bon moment, mais pas trop longtemps. Car la bulle finit rapidement par éclater.

Un métier à inventer ? Ou du moins à faire sortir de l’artisanat ? Souffleur de bulle ?

Gnosticisme

Découverte récente : le Gnosticisme. Un courant de pensée des début du christianisme. En ces temps, il y avait de multiples évangiles. La religion chrétienne aurait pu aller dans beaucoup de directions. Pourquoi a-t-elle choisi celle qu’elle a empruntée ?

Le Gnosticisme a quelque-chose de séduisant. Par certains côtés, il ressemble à mon expérience. Il dit que nous naissons dans un monde corrompu. Mais que nous sommes à l’image du vrai dieu, et que nous pouvons nous « éveiller ». Eveil par la « connaissance » (gnose). Cela fait aussi penser au Bouddhisme et aux Lumières.

Pour le reste, cela ne semble pas trop de notre temps : il s’agit de s’extraire du monde matériel, pour ne plus être qu’esprit.

La fabrique de la crise

Dans ma jeunesse, on parlait sans cesse de crise. J’ai vécu dans la crise. Curieusement, nous traversons une crise, mais nous n’en parlons pas.

Jadis on disait, aussi, que la crise était financière. C’était le sujet d’étude des meilleurs économistes. Le sujet a été oublié.

En examinant notre situation (voir billets sur l’Espagne et Israël), je me demande si la crise est réellement économique. Si le mécanisme à l’oeuvre n’est pas le suivant. La crise rappelle à l’individu qu’il existe autre chose que son intérêt personnel. Qu’il n’est rien sans la société, sans l’autre. C’est un appel à la « vertu », selon le mot de Montesquieu. La société peut réagir de multiples façons à la crise, partir à la conquête du monde, comme l’Allemagne en 40, se déchirer, comme la France avant guerre, trouver une nouvelle raison d’être pacifique, comme le monde, après guerre… Entre crises, les instincts animaux de l’individualisme ont libre cours, jusqu’à ce qu’ils montent les uns contre les autres, et provoquent une crise.

D’un autre côté ces instincts animaux ont certainement une utilité. Quand un pays en manque, il finit par se replier sur lui-même, et disparaître, comme la Chine, de temps à autre.

Puissant Iran

Curieux : des pays comme l’Iran ou la Corée du nord semblent faméliques, et pourtant, ils font jeu égal avec les USA. La jadis formidable URSS n’est, même, rien sans eux.

Mais, au fond, c’est, peut-être, justement, le même phénomène que celui qui rendit si redoutable l’URSS ? Un château de cartes tenues ensemble par une peur viscérale de l’autre ? Ce qui l’amène à créer une élite de combattants extrêmement efficaces. Et ce d’autant que la plupart des armes modernes ne demandent pas beaucoup plus de talents que ceux du « bricoleur professionnel » ?

Quant à l’Occident, il est surtout préoccupé de soi ? Du coup, son armée n’est que le cadet de ses soucis. Il lui consacre l’équivalent du pourboire du milliardaire et ses laissés pour compte ?

Vertus démocratiques

Les ventes de véhicules électriques au particulier sont en baisse, disait la BBC, ce matin. Globalement, les ventes sont portées par les achats des entreprises.

On découvre qu’il est beaucoup plus facile de faire obtempérer le « grand capital » que l’individu.

Peut-être est-ce pour cela que l’on a inventé la démocratie ? Si l’on avait dû voter pour un grand plan européen de transition climatique, peut-être que nos élus auraient pris la peine de consulter au préalable la population pour savoir comment rendre les mesures acceptables ?

Leçon de conduite du changement ?

PS. Après avoir écrit cet article, j’ai lu ceci dans la Tribune :

En Allemagne, l’attrait pour les voitures électriques diminue depuis plusieurs mois. Un mouvement amplifié par l’arrêt des subventions depuis décembre. Une tendance baissière qui se diffuse jusque dans les discours des constructeurs.

Moyen Attal

Gabriel Attal oriente sa politique vers les classes moyennes pour contrer le RN

Le Monde du 31 janvier

Voilà qui est original. Le gouvernement découvre qu’il doit « orienter » sa politique vers la majorité. Et ce qui lui fait prendre conscience de cela, c’est que cette majorité est tentée par un extrémisme sans lien apparent avec son statut intermédiaire.

Jusque-là, on parlait plutôt de minorités. Ce qui était aussi original. Car, le projet républicain était l’intégration : qu’il n’y ait pas de minorité. Que tout le monde profite de la prospérité commune.

A moins que ceci n’ait froissé les intérêts d’une minorité particulière ? Celle que l’on nomme les « oligarques » ? Et qui, en faisant de son intérêt un universel, a réalisé un effet qui le renforçait : diviser pour régner ?

Paisible Espagne

La récente élection en Espagne est donc bien plus qu’un simple passage de témoin entre deux législatures. C’est un intranquille changement d’époque qui, en voulant enfin refermer des plaies douloureuses, vise à parachever la réconciliation entamée par la transition de 1978.

L’Espagne et l’amnistie

Que se passe-t-il en Espagne ? On a entendu dire que, pour occuper le pouvoir, le parti socialiste a promis l’amnistie aux indépendantistes catalans. Et depuis ?

Pas grand’ chose : on s’interroge sur la constitutionnalité de la dite amnistie. Il y a du pour, et du contre.

L’article pense que l’Espagne a emprunté la voie de la sagesse. En tous cas, je constate que, comme beaucoup d’autres Etats, s’y sont développées des forces centrifuges. Avons-nous vécu un temps de laisser-faire où les mécanismes de cohésion sociale se sont relâchés ?

Avec philosophie

Sur le tard, je me suis intéressé à la philosophie.

Drôle de chose que la philosophie. Notre société considère les étudiants de philosophie comme des égarés, alors que le diplômé de philosophie est révéré, comme une autorité. La cohérence n’est pas le propre de l’homme.

Philosophie, art de la sagesse ? Les philosophes sont incompréhensibles et se critiquent les uns les autres. D’ailleurs, si on les adore, qui les lit ? Quelle influence ont-ils sur la vie de la plupart d’entre-nous ? (Heureusement ?)

Et, parlent-ils de nous ou d’eux-mêmes, êtres élevés hors sol ? Et si leurs théories complexes n’étaient qu’une rationalisation de la façon dont ils aimeraient que la société les laisse vivre ? Et si, derrière toute leur abstraction, si séduisante pour le néophyte, il n’y avait que des réalités banales ?

Toutes ces réflexions m’ont amené à un paradoxe. L’erreur philosophique est productive. Elle offre un excellent exercice à l’esprit. L’exercice de la critique « constructive ». Celui de la liberté ?