L’homme qui valait des milliards

Dans mon enfance, il y avait un feuilleton qui s’appelait « l’homme qui valait trois milliards ». Apparemment, c’était des anciens milliards, car le titre original serait « six millions de dollars ». Histoire d’un astronaute réduit en pièces, après un atterrissage raté, et qui est reconstruit avec l’état de l’art du progrès. (Il ne valait pas cher, à l’époque.)

En fait, c’est une escroquerie. Nous sommes à des années-lumières de savoir produire des matériaux aussi performants que ceux qui constituent notre corps. C’est d’ailleurs une des raisons de l’intérêt que l’on porte au biomimétisme.

Mais, le plus étonnant est que, comme les animaux, nous sommes faits de beaucoup de choses qui ne semblent pas avoir une utilité évidente, comme, par exemple, le menton. Ou même les cils et les sourcils.

Je me demande si tout cela ne s’explique pas par « l’esthétique », un mot que l’on utilise lorsque la raison est à genoux. Une sorte de génération d’idées aléatoires, dont certaines plaisent au peuple, on ne sait pas pourquoi, et qui ont pour caractéristique d’avoir des effets sociaux. Le paon a de belles plumes, ou l’homme un menton, non parce que cela trahit des gènes efficaces, mais parce que cela produit des rites qui soudent le groupe ? Ou encore que la vie est création, et que la création est un effet heureux du hasard ?

(Réflexions venues de The body : a guide for occupants, de la BBC.)

Warren Buffett

Un Christophe Faurie milliardaire ressemblerait probablement à Warren Buffett, ai-je pensé. Il n’est pas intéressé par l’argent, mais seulement par son métier. La valeur de son fonds, qui aurait augmenté de 20% en moyenne par an, ne fait que refléter la qualité de son travail. Et Warren Buffett est dans sa 94ème année…

Sa méthode ? Ne jamais vendre et ne pas distribuer de dividendes. Car cela signifie payer des impôts. Et investir dans ce que l’on aime, et que l’on consomme. La marque est une garantie. Et acheter lorsque tout le monde perd de vue la valeur réelle de l’affaire (ce qu’il a fait lors de deux crises mondiales). Peut-être aussi un mélange habile d’investissements. Il possède, notamment, une assurance. Or l’assurance produit beaucoup de « cash ». « Cash » qu’il faut placer en attendant que l’on en ait besoin pour dédommager un assuré. Et qui lui permet d’investir.

C’est l’anti spéculateur. Peut-être son exemple est-il la preuve que les marchés financiers ont un minimum de rationalité ? Warren Buffett, prix Nobel ?

(Renseignements venus de Good, Bad Billionaires de la BBC.Sinon, une vie calme consacrée à son métier, avec pour seule originalité un ménage à trois voulu par sa première épouse, qui avait besoin de temps pour s’occuper de sa propre carrière. )

Le salaire de la peur

Le président Trump va-t-il abandonner l’Europe à son triste sort ? On s’inquiète.

Et si l’Europe avait tout à gagner à devenir une puissance militaire ? Les dépenses d’armement tirent l’économie de manière prévisible, la stabilisent, et favorisent l’innovation. Il me semble que l’on disait cela après guerre. C’est une forme de relance keynésienne. Un mécanisme qui défie le bon sens.

Une Europe puissante, qui ferait bloc, ne pourrait-elle pas devenir l’équivalent des USA ?

(En outre, elle aurait aussi les moyens de ses bonnes intentions.)

François Bayrou

L’autre jour, François Bayrou manifestait bruyamment son mécontentement. Il exigeait un plus grand nombre de ministres de son parti au gouvernement. J’avais oublié qu’il existait.

Et pourtant, j’ai vérifié : il est bien commissaire au plan. Mais qu’y a-t-il fait ? Rien ?

Et pourtant, c’est le plus beau poste qui soit ! Comme le disent les Japonais et les théories du management, la richesse est en bas de la pyramide, c’est là que tout se fait. S’il s’était donné la peine de sortir de chez lui, il aurait peut-être pu comprendre ce qui n’allait pas dans le pays, mais aussi son « potentiel ignoré ». Et il aurait pu proposer à notre président les moyens d’une belle stratégie glorieuse et enthousiasmante, réconciliante et « antichiante ».

Décidément, qu’il est confortable d’être une victime ?

Age du capitaine

L’autre jour, la BBC avait organisé en urgence une émission (Americast) traitant de la sénilité du président des USA.

Il faut dire que les démocrates ont trouvé habile, pour juger d’une affaire qui concernait M.Biden, de faire appel à un homme de l’administration Trump, qu’ils avaient licencié lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir. (La sénilité serait-elle contagieuse ?)

Ces malades qui nous gouvernent ? Mais est-ce rassurant de savoir que M.Trump pourrait à nouveau diriger l’Amérique ? Et que dire de la plupart des prétendants à la présidence de notre république qui ne font qu’arpenter les plateaux télévisés ? Et, même, Napoléon, que l’on dit génial : il faisait tuer chaque année un pour cent de la population française, et, pour faire bonne mesure, un nombre au moins équivalent d’Européens ?

La constitution des USA s’est inspirée des idées de Montesquieu pour retirer au pouvoir central la capacité de devenir une dictature. Sage mesure ? Et des mérites de la sénilité du capitaine ?

Tout, tout de suite

On me parle de gens qui « veulent tout tout de suite », qui font de tout une question de vie ou de mort. Par exemple de la transition climatique. Et qui ne sont pas loin d’être malades de leurs échecs. Ce qui rend difficile la vie de leurs proches, de surcroît.

La solution à leur mal me semble être de comprendre la nature du changement. Ou, plutôt, la nature du monde. Le monde est « complexe », au sens d’Edgar Morin. Ce qui signifie que le changement ne peut se faire en un claquement de doigts (ce que semble avoir oublié Edgar Morin).

Pourquoi est-il complexe ? Parce que le monde est fait de beaucoup d’hommes qui ont leurs propres problèmes. Tous ont un rôle important dans la marche de l’humanité. Et s’ils ne décident pas d’adopter le changement, il ne se fera pas.

Pour le réussir, il faut donc commencer par les comprendre. Et c’est en travaillant avec eux que l’on peut avoir l’idée d’un projet qui va mettre en marche la société.

Pathologie de l’individualisme ? L’enfer, ce n’est pas l’autre, comme le pensent ces gens. Au contraire. Ils doivent se réconcilier avec l’humanité. Aime et fais ce que tu veux ! Une bonne nouvelle.

Prêche et désert

L’autre jour, un présentateur des nouvelles de la BBC insistait bien lourdement sur le fait que la température était 1,5° plus haute qu’il y a quelques temps. Monsieur Hollande dirait que le réchauffement climatique, c’est maintenant.

Ce qui m’a rappelé les propos d’une militante du climat, déconcertée par le fait que personne ne semble être au courant de ses dangers, alors que l’on n’arrête pas d’en parler.

Et si c’était, justement, parce que l’on en parle tant que l’on n’écoute plus ? Plus on en parle, moins le message est pris au sérieux ?

Après tout, on nous a raconté beaucoup de choses. Dans ma jeunesse, par exemple, on ne parlait que des vertus du progrès technique et scientifique. Un temps on a dénoncé la science, puis, récemment, le scientifique est devenu figure d’autorité. On a parlé de l’union libre, puis, les mêmes, du mariage pour tous. Et je ne vous parle pas des bénéfices d’internet, qui sont devenus terreur millénariste. Et ainsi de suite. Résultat, bien compréhensible : « cause toujours, tu m’intéresses » ?

(Au sujet de la science, j’entendais Foucault parler de la folie : la prétendue autorité de la science qualifie l’homme de fou, et l’enferme. Et je pensais aux disciples modernes de Foucault, qui s’affirment scientifiques, donc figures d’autorité, devant nous dicter notre conduite.)

Trump la menace

M.Trump semble avoir le vent en poupe. Serait-ce le résultat d’un phénomène qu’aime tant ce blog : « l’énantiodromie » ? En l’attaquant, les démocrates ont pensé l’abattre, alors qu’il lui ont fourni ce qu’il aime le plus : une scène de concert ? Il est en représentation permanente.

Le plus surprenant est que M.Biden ne semble pas aimé. J’avais lu pourtant qu’il existait une sorte de théorème de la politique : si vous présidez un pays en croissance, vous êtes réélu.

En fait, le problème n’est peut être pas tant Trump et Biden, que le désert de la politique américaine. Il est probable que personne ne ferait mieux qu’eux.

Qu’est-il arrivé ? Comment expliquer une telle perte de contact avec les aspirations de l’électeur ?

L’aveugle et le paralytique

M.Biden fait l’objet d’une enquête. On aurait retrouvé chez lui des documents secrets.

Hier, j’entendais que ceux qui avaient chargé de l’enquête le disculpaient mais faisaient remarquer ses trous de mémoire.

Le procureur spécial Robert Hur, chargé d’enquêter sur des documents classifiés indûment détenus durant des années par le démocrate, a décidé de ne pas l’inculper. Pour justifier sa décision, il explique n’avoir pas réuni suffisamment d’éléments. Et pointe aussi la mémoire défaillante du président américain, candidat à sa réélection.

Le Monde

Les USA et la démocratie, d’une manière générale, sont sujets à de curieux phénomènes. Ils nous donnent, bien souvent (presque toujours ?), le choix entre la peste et le choléra.

(Ce qui rend fort une démocratie n’est pas son gouvernement, mais elle-même ? La définition de démocratie : gouvernement par le peuple ?)