Dans mon enfance, il y avait un feuilleton qui s’appelait « l’homme qui valait trois milliards ». Apparemment, c’était des anciens milliards, car le titre original serait « six millions de dollars ». Histoire d’un astronaute réduit en pièces, après un atterrissage raté, et qui est reconstruit avec l’état de l’art du progrès. (Il ne valait pas cher, à l’époque.)
En fait, c’est une escroquerie. Nous sommes à des années-lumières de savoir produire des matériaux aussi performants que ceux qui constituent notre corps. C’est d’ailleurs une des raisons de l’intérêt que l’on porte au biomimétisme.
Mais, le plus étonnant est que, comme les animaux, nous sommes faits de beaucoup de choses qui ne semblent pas avoir une utilité évidente, comme, par exemple, le menton. Ou même les cils et les sourcils.
Je me demande si tout cela ne s’explique pas par « l’esthétique », un mot que l’on utilise lorsque la raison est à genoux. Une sorte de génération d’idées aléatoires, dont certaines plaisent au peuple, on ne sait pas pourquoi, et qui ont pour caractéristique d’avoir des effets sociaux. Le paon a de belles plumes, ou l’homme un menton, non parce que cela trahit des gènes efficaces, mais parce que cela produit des rites qui soudent le groupe ? Ou encore que la vie est création, et que la création est un effet heureux du hasard ?
(Réflexions venues de The body : a guide for occupants, de la BBC.)