Betting the farm

Je lisais que M.Trump empile les condamnations. En partie parce qu’il passe son temps à insulter la justice. Et ses avocats feraient de la surenchère.

Il fait ce qu’il a toujours fait : il joue son avenir sur un pari. Mais les paris n’ont plus les conséquences qu’ils eurent aux temps glorieux des Robber Barons : s’il perd, comme d’habitude, il se mettra en faillite (ses affaires auraient déjà connu 6 faillites – voir wikipedia) ; ce qui lui permettra de vivre tranquillement.

Curieuse histoire, quand on y réfléchit bien. Car il prétend devenir président d’un pays dont il dénonce les valeurs mêmes. Avoir tenté un coup d’Etat est presque un pêché véniel en comparaison de l’attaque de la justice à laquelle il se livre : aux USA, elle est l’âme de la nation.

A moins qu’au dessus de la loi, il y ait Dieu, et son jugement ? Façon moyen-âge ?

Para bellum

Buy American?  It may sound crazy, but one option for Germany to go nuclear is to simply ask Uncle Sam if he’ll sell some. Like Russia, the U.S. stockpile numbers about 6,000, but Washington agreed with Moscow that both sides would only keep about 1,500 activated. If Germany acquired about 1,000 nukes with its larger European allies, the Continent would have it’s own deterrent, Terhalle argues. 

Politico Berlin Bulletin de vendredi

Qui l’eut dit ? Effet Trump. L’Allemagne envisage sérieusement de s’équiper de missiles nucléaires.

Son idée est que le seul moyen de se garantir d’une attaque de M.Poutine est le nucléaire. Elle ne peut plus compter sur la protection de l’OTAN.

Alexeï Navalny

Décès d’Alexeï Navalny. On dénonce M.Poutine.

Que pouvait-on attendre d’autre ? N’est-il pas curieux, au contraire, que M.Navalny n’ait pas été exécuté plus tôt ?

Il est certainement dangereux de « diaboliser » les hommes et les régimes. Tous semblent obéir à des règles. Même la mafia a son code de l’honneur. Et probablement aussi M.Trump.

Ce sont à la fois leur force, et leur faiblesse.

Super Trump

Qu’il est grand le pouvoir de Trump ! Qu’il murmure et les élus républicains l’exaucent.

Mais aussi les gouvernants européens. Il leur a dit que s’ils ne dépensaient pas 2% de leur PIB à la préparation de la guerre, il demanderait à son pote Poutine de les envahir. Eh bien, ils s’émeuvent, envisagent sérieusement d’obtempérer, et nomment un chef de guerre commun, polonais de surcroît.

Trump, ceinture noire de changement ?

France uniforme

School uniforms linked to exercise levels
Dr Mairead Ryan (Faculty of Education and the MRC Epidemiology Unit) found that in most countries where uniform-wearing is the norm in schools, fewer children are meeting recommended exercise levels. While fewer girls than boys reach these levels in general, the gap between them also widens in countries where most schools mandate uniforms.

Lettre d’information de l’Université de Cambridge de vendredi

En France, on parle d’uniforme. Curieux. Cela ne semble pas dans notre tradition. Certes, dans mon enfance, on portait « la blouse ». Mais c’était pour ne pas se salir, je crois. je soupçonne que 68 a eu la peau de la blouse pour les raisons qu’évoque l’étude de Cambridge : elle entrave gravement la liberté de mouvement.

Le changement serait-il une histoire de balanciers ? (En tous cas, fort peu de réflexion ?)

Guerre économique

L’UE envisage de nommer un commissaire à la guerre. Ce serait un Polonais. Il devrait son poste à l’action combinée de MM.Poutine et Trump.

What it wouldn’t be: A geopolitical role that could overshadow national defense prerogatives, particularly on nuclear weapons.

What it could be: An industrial policy role geared toward shared needs on ammunition and deploying EU investments into arms development programs spread out over several countries. 

Politico.eu d’hier

Comme je le disais, c’est de nouveau une question de politique industrielle. Et l’armement, à condition qu’on ne l’utilise pas, est la meilleure des politiques industrielles. Du moins on n’a rien trouvé de mieux. (J.K. Galbraith espérait qu’il serait remplacé par la conquête des étoiles, mais il n’a pas été entendu.)

Il semblerait que les « fous du marché » aient tort : ce n’est pas la concurrence qui fait la fortune des nations, mais une forme de planification étatique, qui rend l’avenir prévisible.

Le charme des extrêmes

On dit que le FN doit son succès à François Mitterrand. En fait, on sous-estime l’utilité des extrémistes.

Car, il semble bien de faire l’exact opposé de l’extrémisme. Ce qui est une autre forme d’extrémisme ! On peut ainsi faire le « mal » en toute bonne conscience.

Et cela va même très loin, jusqu’à une quasi connivence explicite : je lisais récemment dans un article de wikipedia que nazis et communistes avaient longtemps travaillé main dans la main à la destruction de la démocratie allemande d’avant guerre. L’ennemi des extrêmes, c’est le « milieu », la prudence et le sens des responsabilités ?

Les effets imprévus du changement

Discussion avec un dirigeant de pôle de compétivité. Il constate que la réforme des régions (universellement critiquée !) a produit le chacun pour soi. Chaque région est repliée sur elle-même. Elle voit l’autre comme une ennemie. Or la France est petite, elle a besoin de joindre ses forces !

Il constate aussi que, depuis quelques années, tout est devenu extraordinairement compliqué avec l’administration, qui semble se nourrir de ses dysfonctionnements. Elle n’est plus que paperasses et discussions sans fin.

Inquiétant. Effet imprévu des réformes libérales ? Ont-elles commis l’erreur signalée par Tocqueville : elles ont ouvert la boîte de Pandore de nos vices culturels ? La France éternelle est décrite comme une multitude de petites chapelles tenues ensemble par un pouvoir central fort. Tuer ce pouvoir produit un repli communautaire ?

Quant au comportement de l’administration, je me suis rappelé une histoire racontée par un anthropologue qui avait étudié une usine : elle était si robotisée que ses personnels n’avaient presque rien à faire. Si bien qu’ils prenaient des risques stupides pour prouver leur utilité. Et si le fonctionnaire, qui, lui aussi, n’a rien à faire, voulait justifier son poste ?

Les idées de Platon

J’ai eu une illumination. En lisant La philosophie des Lumières d’Ernst Cassirer, j’ai eu l’idée de la raison d’être des idées de Platon.

Ce qui m’a frappé en me penchant sur la philosophie, c’est qu’elle utilise des concepts qu’elle ne définit pas. Or, ces concepts sont insaisissables.

D’où le coup de génie de « l’idée ». Platon dit : certes j’aurais bien du mal à vous expliquer ce qu’est la justice, mais il y a quelque part dans les limbes l’idée de justice. Mon propos est un peu approximatif, mais il est globalement juste.

Mais ce n’est pas le plus intéressant. Car les Lumières et lui combattent la loi du plus fort. Ils lui opposent « l’idée » : puisqu’il y a une idée immanente de justice, la loi du plus fort n’a pas lieu d’être. Ne peut-on faire autre chose que de leur donner le paradis sans confession ?

Seulement, ce raisonnement est un sophisme ! La société n’obéit pas à la loi du plus fort. Elle établit, au contraire, des équilibres. Et lorsque l’on veut les bousculer, on provoque une révolte. Platon conduit à une autre forme d’asservissement que la force. Il asservit l’esprit de l’homme à un raisonnement fondé sur une idée erronée. Ce qui a pour conséquence de remettre les clés du pouvoir, comme par hasard, au philosophe. Comme il est dit dans La république. L’idée est la mère de l’aliénation ? L’arme de destruction massive de la « volonté de puissance » de l’intellectuel ?

(Le procédé de Platon est celui que dénonce Aristote. Platon oppose à la force l’extrême inverse, qui est une autre forme de perversion. Le bon chemin est le « juste milieu » entre les deux.)

Le Français tel qu’en lui-même ?

Je me suis lancé dans une sorte d’étude anthropologique de la France. Qu’en déduis-je ?

Un fait curieux. Le Français semble emprunt d’un contentement de soi que rien ne peut ébranler. Il peut commettre toutes les erreurs possibles, s’affirmer incapable de faire quoi que ce soit de pratique, de résoudre une équation élémentaire s’il se dit mathématicien, sans que la haute opinion qu’il a de lui-même soit ébranlée.

Il est tellement content de soi, qu’il n’a envie de rien. En conséquence de quoi, rien n’a de valeur pour lui, puisqu’il ne voit pas ce qu’il peut en tirer. En revanche, en grand seigneur, il est généreux de sa personne. Il peut beaucoup donner, mais il n’a pas « d’autonomie ». Sans stimulation, il est immobile. C’est un spectateur incapable d’être acteur.

Mais, comme dans un portrait à la Saint Simon, celui-ci n’est que contradictions. Le Français peut se lancer dans de grandes aventures, mais des aventures à la don Quichotte. Et quand il est parti, il est quasiment impossible de lui faire entendre raison. Quand on est conduit par Ciel, on n’a pas besoin de lumière.

Autre fait surprenant : on a vécu un demi-siècle de politique libérale, mais, au lieu de déchaîner nos esprits animaux comme elle l’espérait certainement, elle semble avoir retiré toute énergie vitale à la population. Même les immigrés qui, ailleurs, sont un moteur d’appoint, semblent abattus, chez nous.

(PS. Ce n’est pas en voyant les défauts d’une situation que l’on peut la faire changer !)