Génial plancton

Formidable plancton. Il émet le gros de l’oxygène que nous consommons, et dont nous sommes faits. Les forêts, en moyenne, n’émettraient presque rien.

Mais le plancton n’est pas une espèce, c’est plutôt une niche écologique, de petits êtres qui se déplacent avec les courants. D’ailleurs, on peut naître plancton, et devenir poisson.

Comme d’habitude, on se demande quel sera l’effet du réchauffement climatique sur le plancton. Comme d’habitude, il me semble que la réponse n’est pas claire. Pour une raison simple : le propre de la complexité rend illusoire toute prévision.

Ce qui signifie que l’on ne peut qu’agir selon ses convictions, et non selon les préceptes d’une science prétendument infaillible.

(In our time de la BBC, et wikipedia.)

Intelligence artistique

On est toujours puni par là où l’on a pêché.

J’ai voulu utiliser l’intelligence artificielle pour créer la couverture de mon prochain livre. J’ai donc utilisé deux sites conseillés pour cet usage.

Damnation ! L’exercice ne fait que confirmer une de mes idées reçues. L’IA révèle les préjugés de ses créateurs. C’est à la fois l’esthétique de la « boule à neige » et de l’esbroufe à deux balles, autrement dit toute la culture américaine.

Impossible de lui demander de créer un sauteur à la perche qui soit autre chose qu’un conquérant des étoiles. Et, pour lui, le « style Gauguin », c’est Tahiti ! Quant à van Gogh, c’est une caricature de nuit étoilée. J’ai alors tenté « France : potentiel ignoré ». Il m’a dessiné un personnage en béret basque portant une baguette !

Duplicité

Dans un précédent billet, je disais que j’étais double. En fait, je retrouve ce que dit Edgar Schein en ce qui concerne les sociétés.

Lorsque l’on observe un groupe de personnes, on constate qu’il y a des différences frappantes entre ce qu’elles disent et ce qu’elles font. (C’est une technique de base de conduite du changement.)

La raison en est que les deux sont dirigés par des mécanismes différents. Nos actes sont inspirés par des règles inconscientes qui proviennent de notre « culture » (au sens anthropologique). Ce que nous disons obéit à d’autres règles, en quelques-sortes celles, purement formelles, du forum.

C’est ce que l’on voit aujourd’hui. L’écologie a gagné le discours, mais nos vies démentent nos paroles. Et les politiques publiques sont en plein changement d’orientation. (Dernièrement, le parti travailliste anglais a renoncé à ses promesses écologistes : il a probablement compris que le vote du Britannique obéissait à d’autres impératifs culturels.)

Le paradoxe de l’affaire est que tout n’est que logique. Un ami, grand écologiste, passe son existence dans sa voiture. Et son rêve est de remonter l’Amérique latine en moto, avec quelques amis et un véhicule de soutien. La dernière fois qu’il a évalué ses émissions de CO2, il était à bien plus de 5 fois les normes désirées. Sa justification ? Il a consacré sa vie à la cause, et il aime la nature : ce qu’il montre en parcourant les Andes en moto.

Isambard Kingdom Brunel

A écouter la BBC, on découvre des gens curieux. Isambard Kingdom Brunel est une gloire de l’ère victorienne. C’est à lui que l’Angleterre doit d’avoir adopté une seule et unique heure. Jusque-là, chacun voyait midi à sa porte.

En effet, Brunel a été l’artisan du chemin de fer moderne. Les trains ont imposé leurs horaires, et ceux-ci la réglementation des horloges.

Brunel n’a pas inventé que des trains, il a aussi créé des navires révolutionnaires, des ponts et des tunnels. Comme son père avant lui, c’était un aventurier. Ses idées étaient nouvelles, et non testées. Et elles ne tournaient pas toujours bien. Et ils ont ruiné bien des investisseurs. Et son père s’est retrouvé en prison pour dettes. (Dont il s’est tiré par le chantage : il a annoncé que les USA voulaient le recruter…)

En fait, comme le nom l’indique, ils étaient français. (Même « Isambard » serait un prénom français !) Ecouter la BBC, c’est aussi découvrir à quel point l’Angleterre s’est nourrie des erreurs de la France. Car Marc Brunel, le père, était un royaliste, qui avait fuit la révolution. Avant lui les Huguenots auraient apporté l’art des horloges, qui a fait la puissance de la marine anglaise. C’est aussi comme cela que les USA ont connu la prospérité : ils ont attiré ce que l’Europe, qui ne pensait qu’à s’égorger, avait de mieux.

(Source : wikipedia anglais.)

Pourquoi fais-je ce que je fais ?

A un âge avancé, alors que bien de mes anciens collègues jouissent d’une retraite anticipée après une carrière de placard, je me suis donné la mission de comprendre ce qui ne va pas en France. D’où un travail de tous les instants d’autant plus épuisant que le mal du pays est que l’on ne peut compter sur personne ! Et que ce que la nation a de meilleur semble anesthésié, sans plus aucun instinct de survie.

Comme excuse, je dis que mon père s’est engagé dans la résistance, qu’il a risqué sa vie et probablement bousillé sa carrière alors que personne ne lui demandait rien. Que suis-je en comparaison ? Je ne joue pas ma vie.

Mais, au moins, il était emmené par un mouvement de fond, même s’il était minoritaire et que la dénonciation faisait rage. Alors que je lutte contre le flot. Il n’y a que des coups à prendre. D’ailleurs ce n’est même pas un bon service à rendre à la nation : il n’y a rien de mieux qu’une crise pour secouer l’inertie intellectuelle.

Ma raison n’arrive pas à me comprendre. Pascal a à la fois raison et tort de dire que « le coeur a des raisons que la raison ne comprend pas ». En fait, nous sommes doubles. Nous avons l’impression que nous « sommes » notre raison, alors que la raison est un appendice aux capacités ridicules monté sur ce qui est finalement notre être réel ?

Politique et association

L’association est supposée être bâtie sur le modèle de la démocratie.

En fait, il n’en est rien. En effet son conseil d’administration n’est pas payé, et il n’a donc généralement pas beaucoup de temps à consacrer à l’association. Si bien que c’est son personnel salarié qui la dirige.

Notre République paye, et même fort bien, son gouvernement.

Réformons l’ESS ?

Guerre des sexes

Nouveauté. Les hommes et les femmes des nouvelles générations n’auraient pas du tout les mêmes opinions politiques. Ce serait un phénomène mondial.

La femme aurait des idées socialement avancées, et l’homme tendrait au populisme. Pour reprendre la terminologie des journaux.

Voilà ce que disait une émission de la BBC, qui se demandait ce que cela allait provoquer, sachant que l’on ne change pas d’idées en vieillissant.

Une partie de l’explication avancée faisait appel à l’anthropologie. On pense comme son milieu. Or, les femmes font désormais beaucoup plus d’études que les hommes.

Ce qui signifie aussi, et ce serait flagrant en Corée en particulier, que les hommes considèrent désormais qu’ils sont victimes de discriminations.

La « lutte pour l’égalité » masquerait-elle une « lutte pour la domination » ?

La mutinerie du Wager

Passionnante histoire d’un naufrage (The Wager by David Grann, BBC 4). 1740, une petite escadre part faire la guerre aux Espagnols. Mais le Wager, navire de ravitaillement, s’échoue sur une île au large de la Patagonie. Elle est inhospitalière et les conditions de vie sont effroyables. Il en résulte une mutinerie. Une poignée de personnes se tirera d’affaires. L’histoire est racontée à partir des notes prises par deux des protagonistes du drame, le chef des mutins, et le grand père du poète Byron, qui deviendra par la suite vice-amiral.

Autres temps, autres moeurs. Il n’y avait pas besoin de naufrage pour mourir en mer. Les équipages étaient victimes de tous les maux de la terre, à commencer par le scorbut. A peine parti, on faisait passer quelques dizaines de corps par dessus bord, chaque jour. Mais cela paraissait normal. D’ailleurs, même les naufrages n’avaient probablement rien de surprenant. Et les gens de l’époque avaient certainement une débrouillardise que l’on a perdue : ils étaient capables de rafistoler une coquille de noix et, avec, de traverser les mers les plus méchantes du monde. Et, en plus, sans moyens de se repérer. Et en crevant de faim.

Si l’on vivait encore dans de telles conditions, on serait partis à la conquête des étoiles ? Malheureusement, ce n’est plus le cas, Elon Musk ? (Et puis, c’est peut-être plus difficile de réparer une fusée qu’un voilier ?)

(Je me suis demandé d’où venait le nom « wager », qui signifie « pari ». Peut-on appeler un bateau « pari » ? En fait, il s’agit du nom d’un amiral, dit wikipedia.)

Hormones

A l’école, on n’apprend rien, parce que l’Education nationale croit nous instruire par la terreur. Et ensuite, on n’apprend pas mieux, parce que l’on ne fait pas l’effort nécessaire pour cela. C’est ce à quoi j’ai pensé en écoutant une émission sur les « hormones ». Je n’avais pas compris que c’était ce qui permettait au corps d’assurer ses mécanismes « homéostatiques ». (In our time, de la BBC.)

J’ai aussi pris conscience que nous vivons dans un milieu ultra toxique : nos mécanismes physiologiques sont bouleversés par la pollution. En particulier, les micro plastiques pénètrent le bébé dans le ventre de sa mère. Nous serons bientôt emballés de l’intérieur. Quel peut en être de la conséquence ? A quoi ressembleront nos descendants ?

Ce qui m’a rappelé ce que j’ai pensé lorsque j’ai vu les militants du climat prendre de la vitesse. C’était un sous problème de la question dite des « limites à la croissance ». Et les auteurs de l’étude qui a débouché sur cette idée pensaient que tant que l’on attaquerait les symptômes, on ne ferait qu’empirer le mal. On avait besoin d’un traitement systémique du sujet. Aurait-on progressé ? Ou reculé ?

(Si l’environnement que nous avons créé tue ou rend débile l’humanité, elle n’émettra plus de dioxyde de carbone, et le problème du réchauffement climatique aura été résolu, sans rien faire.)

Paisible Anglais

Qui parle encore de Sartre, Foucault ou Derrida ? Les universitaires anglais. Ils ont le respect des idées.

D’ailleurs, ils l’ont aussi de nous, les Français. Ce qui peut surprendre, vues nos rivalités. Mais, en les écoutant, je pense que nous faisons partie de leur histoire. Si nous n’existions pas, il faudrait nous inventer.

En comparaison, nous paraissons des fous-furieux. Chez nous tout est bruit et fureur, autodafé et excommunication.

Comment un peuple aussi paisible que l’anglais peut-il avoir eu une telle histoire ? Peut-être le propre des démocraties, ou du libéralisme ? On y opère une division des tâches. Il y a la conscience d’un côté et la fin qui justifie le moyen, de l’autre. Le second nourrit la première, qui, à son tour, attire les proies pour le premier ? Mais sans que le connivence soit officielle, car « la société n’existe pas », comme le disait Mme Thatcher ?