Passionnante histoire d’un naufrage (The Wager by David Grann, BBC 4). 1740, une petite escadre part faire la guerre aux Espagnols. Mais le Wager, navire de ravitaillement, s’échoue sur une île au large de la Patagonie. Elle est inhospitalière et les conditions de vie sont effroyables. Il en résulte une mutinerie. Une poignée de personnes se tirera d’affaires. L’histoire est racontée à partir des notes prises par deux des protagonistes du drame, le chef des mutins, et le grand père du poète Byron, qui deviendra par la suite vice-amiral.
Autres temps, autres moeurs. Il n’y avait pas besoin de naufrage pour mourir en mer. Les équipages étaient victimes de tous les maux de la terre, à commencer par le scorbut. A peine parti, on faisait passer quelques dizaines de corps par dessus bord, chaque jour. Mais cela paraissait normal. D’ailleurs, même les naufrages n’avaient probablement rien de surprenant. Et les gens de l’époque avaient certainement une débrouillardise que l’on a perdue : ils étaient capables de rafistoler une coquille de noix et, avec, de traverser les mers les plus méchantes du monde. Et, en plus, sans moyens de se repérer. Et en crevant de faim.
Si l’on vivait encore dans de telles conditions, on serait partis à la conquête des étoiles ? Malheureusement, ce n’est plus le cas, Elon Musk ? (Et puis, c’est peut-être plus difficile de réparer une fusée qu’un voilier ?)
(Je me suis demandé d’où venait le nom « wager », qui signifie « pari ». Peut-on appeler un bateau « pari » ? En fait, il s’agit du nom d’un amiral, dit wikipedia.)