Ministère de l’économie

Les agences de notation contraignent la France à faire des économies. De la souveraineté ?

Selon la Tribune (Tribune de la semaine du 25 février), le Ministre des finances envisage quelques mesures habiles, susceptibles de ne pas être comprises par le peuple : conservation des impôts de production, désindexation des retraites, transfert des dépenses de la sécurité sociale sur les mutuelles (impôt masqué), réduction de la prise en charge du chômage, et prélèvement sur le programme France 2030. Idée inusable : frapper les investissements.

D’autres idées ? Une étude chiffre le coût de la complexité administrative à 3,94% du PIB (article.) En la ramenant au niveau des autres nations (quasi nul), on gagnerait environ 100Md€ par an.

Cette étude est-elle bien sérieuse ? En tous cas, il y a de quoi s’interroger sur les constantes du comportement de nos gouvernements depuis l’ancien régime : incurie et lâcheté ?

L’homo en Europe

Pourquoi les espèces anciennes d’hominidés sont elles arrivées si tardivement en Europe, se demandait Carbone 14, du 17 février (France culture).

Cela ne tiendrait-il pas à ce qu’il y a eu deux temps dans l’histoire de l’homme ? Dans un premier, il était une espèce comme une autre, qui se déplaçait au gré des événements, avec le reste de son écosystème. Puis il a inventé l’agriculture et l’élevage et a fixé son écosystème, une bonne fois. Plus exactement, il l’a emmené avec lui.

Idiot ?

L’Etat le plus bête du monde ?

Samedi, Affaires étrangères de France Culture s’inquiétait pour l’Europe.

La Russie a dix fois plus d’obus que l’Ukraine. Cette dernière ne pourra pas tenir. Et le président Trump lui imposera une défaite. Ensuite M.Poutine s’en prendra aux pays baltes. L’Europe devra envoyer des troupes qu’elle n’a pas. Ce sera Munich, et elle ne sera plus rien.

Une fois de plus, la France est glorieuse. M.Breton avait promis à l’Ukraine de l’armement. Pas question de l’acheter à l’étranger. Eh bien la France n’est pas capable de produire 40.000 obus par an. (Il en faudrait un million.) Et pour une bonne raison : l’Etat ne paie pas ses fournisseurs !

Mais quand est-ce que notre élite, au QI extraordinaire, comprendra qu’avant de nous donner des leçons elle doit mettre son administration en ordre ?

Grande faillite

Il y a quelques années a commencé la mode du micro entrepreneur. Chaque année, des centaines de milliers de personnes se lancent dans l’entrepreneuriat. Et font faillite.

Pourquoi ? Elles n’ont pas la moindre idée de ce que signifie une entreprise. Particulièrement en France, qui est un enfer administratif. Ce sont des illuminées. Elles pensent que l’entrepreneuriat c’est la liberté, semble-t-il. Et elles sont victimes d’un massif lavage de cerveau. A la fois des entreprises (licenciement sans douleur), de l’Etat et de Pôle emploi (elles sortent des chiffres du chômage), du GAFA, qui leur fait croire que vendre c’est abreuver les réseaux sociaux de fautes d’orthographe, et de toutes les idées socialement avancées des influenceurs de la morale bien pensante.

Le plus surprenant est qu’elles ne sont pas les seules à se bercer d’illusions. Je mène une étude auprès des « start-up industrielles ». J’ai même publié plusieurs rapports à leur sujet. Eh bien, avec le recul, un petit recul de quelques mois, je suis surpris par le nombre de faillites de celles qui paraissaient les mieux installées. J’imagine qu’elles doivent incriminer les investisseurs, qui ne croient pas en elles. Seulement, lorsque l’on se penche sur leur histoire, on découvre qu’il y avait un vice dans leur modèle économique, une « erreur de débutant ». Au contraire, c’est grâce à la générosité des financements publics qu’elles sont allées aussi loin en dépit d’un handicap rédhibitoire.

Morale ? L’homme est bien peu régi par la raison. Il est le fruit des idées du moment.

Le Stakhanov du blog

On m’a traité de stakhanoviste du blog. Et cela parce que je publie plusieurs articles par jour.

Erreur. Cela me prend peu de temps, un bout de matinée. En tous cas, beaucoup moins que de faire un véritable article. Mes billets sont des brèves. La complexité croit exponentiellement avec la taille. Il faut une vie pour écrire un livre, par exemple. Alors que ce blog doit avoir atteint la taille d’une encyclopédie, ou presque.

Toute la difficulté de l’exercice est de me souvenir de ce qui m’a frappé durant la semaine. En vieillissant, l’esprit devient paresseux. Biden remplace Stakhanov.

Du français

Ecrire, c’est s’interroger sur le français. Je me penche sur le Grevisse et son bon usage. Ancienne édition.

Le français est une curieuse chose. On en est très fier. On a une académie. Alors qu’il est issu de l’argot infâme d’une sorte de lie de l’humanité (celui des troupes d’occupation de la Gaule) et qu’il est fait, en outre, essentiellement de mots importés de l’étranger. Et même de mots un temps français, mais qui nous sont revenus avec un sens différent de celui qu’il avait initialement (tenez et tennis ont la même origine, aussi bien que tonnelle (tuyau) et tunnel). Si bien qu’avec une même racine, on peut produire beaucoup de choses. Sans compter qu’on ne se prive pas de lui ajouter des pré ou postpositions (épouvantail = épouvante + « ail » : instrument) et de lui retirer des morceaux (accord est issu d’accorder). Ce qui me fait me demander si les bases du français ne sont pas plus pauvres qu’on ne le prétend.

Je lis aussi que l’argot moderne a fourni des mots tout à fait respectables : cambrioleur, maquiller, matois, narquois.

A cela s’ajoute des règles qui sont devenues incompréhensibles. Par exemple, on dit « quelque temps ». Parce que temps est « le temps », et, surtout que « quelque » a une acception que l’on n’utilise plus : « un certain ». Aujourd’hui on pourrait entendre « temps » comme « époques », comme dans « les temps modernes », et donc mettre « quelques » au pluriel, une forme qui lui est devenue naturelle.

Je m’interrogeais aussi sur l’art de la virgule. Il correspond pour beaucoup au « complément circonstanciel » (« s’il est en tête de phrase et s’il a une certaine étendue »). Je dois avouer que je n’ai toujours pas compris exactement ce qu’est ce complément qui peut être beaucoup de choses. (Je soupçonne que la forme ordinaire de la phrase est « sujet, verbe, compléments », et que le « complément circonstanciel inversé » est ce qui, éventuellement, précède le sujet. En revanche, s’il est court, comme « ici », il échapperait à la virgule.)

Je constate surtout que notre esprit déduit des règles de ce qu’il voit, et que ces règles peuvent être différentes de celles qui prévalaient jusque-là. Quant à la virgule, je la voyais comme une pause du discours.

Le français est-il adapté à notre société, peu éduquée pour cause de « massification » ? Faut-il s’occuper de l’adapter avant que les forces sociales anarchiques n’en fassent mauvais usage et n’en éliminent ce qu’il avait d’utile ?

Taylor Swift

Quand je demande à Google traduction ce qu’il pense de swift taylor, il répond « tailleur rapide ». L’habitude du jeu de mot fait avec le nom d’un enfant ne s’est pas perdue aux USA ?

En tous cas, j’ai découvert Taylor Swift grâce au Financial Times. Il s’émerveille de sa fortune.

Taylor Swift n’est pas une chanteuse, mais un produit. D’ailleurs elle-même ne ressemble pas un être humain, mais à une grande poupée phosphorescente.

La BBC lui consacrait une émission (Good, bad billionaire). Il n’en ressort pas beaucoup plus que ce que j’ai dit. Elle a commencé sa carrière, comme souvent aux USA, avec son adolescence. Elle a eu un fort soutien de ses parents, par ailleurs très aisés. Sa fortune vient de sa capacité à écrire des chansons et à être parvenue à prendre une grande partie des revenus générés par sa production. Et à se faire de la publicité. Elle a beaucoup utilisé ses boy-friends pour cela.

Après la femme-objet, la femme-produit ? Toute la culture de l’Amérique ?

Génial plancton

Formidable plancton. Il émet le gros de l’oxygène que nous consommons, et dont nous sommes faits. Les forêts, en moyenne, n’émettraient presque rien.

Mais le plancton n’est pas une espèce, c’est plutôt une niche écologique, de petits êtres qui se déplacent avec les courants. D’ailleurs, on peut naître plancton, et devenir poisson.

Comme d’habitude, on se demande quel sera l’effet du réchauffement climatique sur le plancton. Comme d’habitude, il me semble que la réponse n’est pas claire. Pour une raison simple : le propre de la complexité rend illusoire toute prévision.

Ce qui signifie que l’on ne peut qu’agir selon ses convictions, et non selon les préceptes d’une science prétendument infaillible.

(In our time de la BBC, et wikipedia.)