La BBC se demandait pourquoi autant de politiciens anglais parlent de « national interest ». (Analysis, BBC 4.)
Je pense que le Français emploierait plutôt « intérêt général ». Ce qui, pour une fois, est plus habile. Car le royaume uni est fait de quatre nations. L’intérêt de l’une n’est pas toujours celui de l’autre.
En tous cas, l’intérêt général s’oppose à l’intérêt personnel. Le succès actuel du premier tient peut-être à ce que même en un temps libéral, il n’est pas bon de parler du premier. Ensuite, l’intérêt général est une question de long terme, par opposition à court terme. Et l’intérêt général pourrait aussi opposer ce qui est à l’utopie. Une idée utile. Car on est tenté de critiquer les partis politiques, par exemple, alors que sans eux, il n’y a pas de démocratie. L’intérêt général n’est pas compatible avec la révolution ?
Mais qu’est-ce que l’intérêt général ? J’ai eu une curieuse idée. Elle vient d’un croisement entre les idées de Kurt Lewin et de Chester Barnard. Et si, pour le déterminer, il fallait écouter la population et tirer des ses idées un projet qui ne sombre pas dans la facilité de ce que l’on nomme « populisme », mais qui l’enthousiasme ? Une sorte d’oeuvre d’art qui tient autant de la personnalité de l’artiste que du matériau qu’il utilise ?