On nous cache la vérité !

Le think tank libéral espagnol Instituto Juan De Mariana vient de publier son tableau de bord des performances économiques des 27 pays de l’Union européenne pour la période 2019-2023. Il mesure cinq variables clés : la croissance du PIB, la réduction du taux de chômage, la maîtrise de la dette publique, l’évolution du revenu disponible des ménages et la modération de la pression fiscale. La France arrive en 21ème position sur 27. Un classement qui contredit les discours lénifiants, pour ne pas dire mensongers, de nos dirigeants sur la « puissance » de notre pays.

Article

L’article donne le tableau dont il tire ses conclusions. Les premiers de son classement sont : Irlande, Croatie, Pologne, Danemark, Malte, Bulgarie, Chypre, Grèce, Hongrie, Slovénie. L’Allemagne est 24ème.

Mais qui a lu ce tableau ? Mécanisme de la théorie du complot ? Placé dans certaines conditions l’homme ne pense plus ? Il ne voit plus que ce qui nourrit ses préjugés ?

(En l’alimentant habilement, on peut l’amener à la folie destructrice ? En tous cas, il serait intéressant de comprendre ce qui peut nous prédisposer à un tel état de crédulité.)

Mitterrand et de Gaulle

En lisant la rubrique nécrologique de Wikipedia, j’ai appris la disparition de l’amiral de Gaulle et de Frédéric Mitterrand. Wikipedia m’a aussi appris que l’amiral avait été un aviateur et que Frédéric Mitterrand avait commencé dans le ciné club.

Ils m’ont laissé peu de souvenirs. Sinon, qu’à une époque, je croisais souvent Frédéric Mitterrand, et que j’ai rencontré le plus jeune fils de l’amiral, qui m’avait frappé par sa petite taille.

A un moment, de mauvaises langues, sans doute, disaient que Philippe de Gaulle était promu à chaque fois que l’on voulait honorer son père. En tous cas, je me suis demandé si ce n’est pas leur nom qui a fait leur carrière, à défaut de leur bonheur.

Ivre de puissance

Nuclear industry strains to meet demands of power-hungry data
AI and crypto are driving soaring usage that next-wave technology may struggle to meet

Financial Times du 21 mars

Un ami écologiste me dit que le véritable problème de notre société, c’est l’énergie. Elle en veut toujours plus.

Un paradoxe est qu’elle en consomme toujours plus pour des applications toujours plus anecdotiques, et, apparemment, toujours plus « vertes » et bien pensantes…

(Je demeure convaincu qu’en attendant un hypothétique changement de comportement, il s’ouvre un énorme marché pour la réduction de la consommation d’énergie du secteur numérique. Avis aux amateurs.)

Sénégal

Affaires étrangères de France culture parlait des élections au Sénégal (16 mars).

Je n’en retiens pas grand chose, sinon que le Sénégal, comme la plupart des pays d’Afrique sub saharienne, me donne l’impression d’une mouche contre une vitre.

Autre point curieux, pour moi : la haine de la France.

Bien sûr, on me dit que l’ancienne Afrique francophone est manipulée par la Chine, la Russie et la Turquie. On me dit aussi que la France fut une puissance coloniale et que c’est très laid. Mais l’Angleterre fut encore plus coloniale et est aimée de ses colonisés, qui, d’ailleurs, la dirigent. De plus, comme l’écrit Graham Greene : la France considérait ses colonies comme « la France ».

Amour trahi ? Une de mes théories est que de Gaulle a été très déçu qu’elle ne lui soit pas reconnaissante. Alors, il l’a abandonnée, sachant que, seule, elle ne pourrait se tirer d’affaire. Il avait certainement raison, mais il ignorait que la France aurait ensuite à vivre avec elle. Dommage que, lui qui était si croyant, ait oublié la charité chrétienne ? Elle peut rapporter beaucoup ?

Respect

Ce qui me surprend est le respect de l’Angleterre pour nos philosophes. On y étudie encore les Sartre, Foucault et autres Derrida.

Chez nous, un philosophe en remplace un autre, chez les Anglais, celui qui a connu une heure de gloire est éternel ?

Différence de culture ? Nous sommes ivres d’absolu ? Nous croyons à la « solution finale » ? Une illusion en remplace une autre ? L’Anglais est pragmatique. Il apprécie l’apport que l’un ou l’autre a fait à la culture générale ?

Vingt mille lieues

On va prospecter les fonds marins à la recherche de métaux rares, disait la BBC. On en a besoin pour les smartphones et les éoliennes. Qu’en est-il ?

Exploitation des fonds sous-marins : « nous avons besoin de métaux pour la transition énergétique »

Sud Ouest du 2 février

Mieux : c’est l’impeccable Norvège, qui donne le coup d’envoi :

La Norvège lance la prospection minière de ses fonds marins
Le Parlement norvégien a donné son feu vert à l’exploration scientifique de ses eaux profondes, premier pas vers leur exploitation minière.

Les Echos du 10 janvier

Effets toujours étonnamment pervers de l’écologie militante ? En poursuivant une obsession du moment elle porte un coup fatal à la mission qu’elle défend ?

Peut-être faudra-t-il un jour se demander quelle est le véritable motivation de l’écologiste : sauver la planète ou avoir bonne conscience ?

Le procès de Pétain

Alain Finkielkraut et son émission jugeaient Pétain (samedi 16).

Voilà qui semble compliqué tant la question est lointaine.

Je retiens qu’il y avait deux chefs d’accusation, plus ou moins explicites :

  • L’armistice. La France aurait pu faire comme d’autres pays : son armée aurait pu capituler, et son gouvernement légitime s’enfuir. Ce que n’a pas fait Pétain.
  • La collaboration. Pétain a voulu s’unir à l’Allemagne, qu’il croyait victorieuse.

En fait, il aurait peut-être fallu faire le procès de la 3ème République ? Car c’est elle qui a failli. Pétain n’avait pas à prendre le pouvoir.

Débat et vérité

Les Grecs pensaient que c’était en débattant que l’on parvenait à la vérité, disait une émission de la BBC.

Ecouter parler de procès fameux me fait douter de cette affirmation. La vérité est souvent masquée à tous. En outre le débat produit des effets pervers. Nous sommes victimes de biais.

En tous cas, nous nous y prenons certainement mal. Si le débat peut être efficace, c’est lorsqu’il est une coopération pour résoudre un problème, non un affrontement. Ce qui signifie qu’il doit partir du doute. Exactement l’envers de ce qui est pratiqué actuellement.

A ce sujet, l’émission interviewait une jeune militante de je ne sais quelle cause socialement avancée. Il en ressortait qu’elle était convaincue que le peuple était incapable de comprendre, et qu’il fallait lui inculquer la vérité par la force de l’argument répété.

Quant au fameux « populisme », faut-il incriminer les talents d’illusionniste de Donald Trump ou les réseaux sociaux ? Et si sa cause était plus simple et plus rationnelle ? La situation du peuple s’est dégradée, il est furieux. Et il vote pour ceux qui, comme lui, sont furieux. Le contenu de leur propos ne compte pas. Le peuple obéit à la logique de la vengeance.

Finalement, je pense, avec l’émission, qu’il faut apprendre à parler. J’ai toujours été frustré de ne pas pouvoir exprimer mes idées. C’est un grave handicap. Il tient à mon éducation. La France croit ou a cru à la panacée de l’équation. Si bien qu’elle produit des autistes, que l’on nomme parfois « ingénieurs ». Ce sont des êtres paradoxaux, à la pensée fruste, mais plein de leur supériorité. Au moins, cela fait l’étonnement des étrangers.

(Librement inspiré de The long history of argument, par Rory Stewart, de la BBC.)

Homme et société

La conjonction des oeuvres de Iain McGilchrist et Henri Suhamy me fait m’interroger sur l’influence de la société sur l’homme. Et si la société avait pour objet de décérébrer l’individu ? Et si elle le faisait par le biais de la raison ?

Paradoxalement, la liberté serait dans l’irrationnel, le gratuit, la culture.

J’interprète le libéralisme de ce dernier demi-siècle comme une révolte contre le modèle bureaucratique d’après guerre. Mais cette révolte a mal tourné. Elle a renforcé ce qu’elle dénonçait.

A moins que ce ne soit qu’une première étape de la libération. Peut-être que, comme pour toute innovation, ce sont les usages destructifs qui sont premiers. L’erreur est humaine, dis-je souvent. Au sens où le propre de l’homme est de commencer par se tromper. Erreur qui le met dans une situation désespérée, qui lui donne le génie du désespoir ?