Mauvais genre

L’Angleterre s’interroge sur le traitement que subissent les enfants qui ne sont pas certains de leur sexe.

Dans un rapport sur ce sujet, on parle de l’usage de « puberty blockers », dont on ne connaît pas les conséquences, et de ce que la question du genre cache peut-être d’autres maux, qu’il serait bon de soigner avant d’envisager un changement de sexe.

Le « genre » est une notion qui est apparue récemment. Jusqu’à peu, elle était inconcevable. Cela a été une sorte d’innovation sociale. Elle montre peut-être comment évolue notre pensée collective, et pourquoi il est si difficile de comprendre nos ancêtres.

23andMe

Décidément, ce blog, c’est du réchauffé. Il y a déjà pas mal de temps que je me dis que je dois écrire quelque-chose sur 23andMe. (En outre, ce billet s’était perdu dans mes brouillons.)

23andMe, c’est l’histoire de notre temps. C’est créé par un membre de l’aristocratie de la Silicon Valley, le type de personne auquel on donne des sommes colossales pour financer ses idées, et qui se marie aux démiurges locaux (un des fondateurs de Google dans ce cas). 23andMe c’est, aussi, avant tout l’idéologie de la Silicon Valley. Peut-être celle de l’individualisme. Si l’on capte le patrimoine génétique de l’humanité, en le combinant à l’intelligence artificielle, on sera capable de guérir toutes les maladies. Car, comme on le sait dans la Silicon Valley, tout est génétique. Et la mort est une maladie comme les autres.

Tout a bien commencé. L’Anglo-saxon s’est enthousiasmé pour son patrimoine génétique. Seulement, analyser des crachats n’était pas suffisant pour faire vivre l’entreprise. Et les données collectées n’ont apparemment pas été jugées d’un intérêt suffisant pour payer ses dettes. Lorsque j’ai eu l’idée d’écrire ce billet, on parlait de faillite… L’idéologie ne vit que le temps d’une spéculation ?

Marées économiques

Tolstoï voyait les guerres napoléoniennes comme des sortes de phénomènes naturels : l’humanité allant d’ouest en est, puis d’est en ouest. On peut se demander si ce n’est pas ce qui est survenu dans le dernier demi-siècle.

Dans un premier temps, les ressources des « territoires », des PME, du gros de la population a été aspiré par les multinationales, les métropoles et les riches. Un argument avancé pour justifier ce mouvement était que c’était eux qui étaient les créateurs les plus efficaces. Autant leur donner le plus de moyens possibles. On constate maintenant que ce n’est pas le cas. Et qu’il y a un gros manque à gagner. Peut-être, après tout, que le reste de l’humanité avait aussi une utilité ? Qu’il n’y a rien à jeter dans une société ? Et, en conséquence, un timide mouvement semble se faire en sens inverse.

Bien sûr, tous ces mouvements s’expliquent mieux par les appétits animaux que par la raison. Il n’y a pas de complot, nous n’avons pas l’intelligence suffisante pour un tramer un. Mais, aussi bien à l’époque de Napoléon que maintenant, la raison rationalisante est un formidable accélérateur du changement. Le propre de la raison, des Grecs, des Lumières et d’aujourd’hui semble surtout le « sophisme », l’anti-raison.

Enfance de l’art

L’autre jour j’entendais la BBC dire que le phénomène « El nino » s’arrêtait. Expliquerait-il le réchauffement climatique de cette année ? Il se trouve que l’on nous annonce maintenant un coup de froid venu du pôle. D’après un site de prévision, le mois devrait être « au dessous des normales ».

El nino est-il coupable ? En tous cas, cela rappelle à nos « scientifiques » que « la prévision est difficile, en particulier celle de l’avenir », comme le disait Niels Bohr.

(Un interviewé d’une émission parlant de la vie d’Haroun Tazieff expliquait que les volcans avaient du bon : une éruption peut réduire d’un degré la température du globe…)

Tesla

« Contre-histoire » de Tesla ? Je le voyais comme un inventeur génial, le jumeau maudit d’Edison.

En fait, il doit sa gloire à une invention : le moteur qui a permis au courant alternatif de s’imposer. Mais, pour le reste, il a passé son temps à divaguer. Il semble avoir entretenu des théories farfelues, en particulier. Et il est mort dans la pauvreté.

En fait, il avait compris qu’aux USA tout était spectacle. Pour lever des fonds, il était devenu un homme de spectacle. Ce qui était bien. Seulement, apparemment, une fois le spectacle fini, il ne s’intéressait plus à son invention. Ainsi en est-il de la télécommande.

Quasiment depuis les origines des USA, ou peut-être même de l’Angleterre industrielle (cf. Isambard Kingdom Brunel), l’entrepreneur doit être un showman. C’est ce que lui demande l’investisseur. En quelques décennies cette pratique culturelle a envahi le monde.

(Idées venues de In our time, une émission de la BBC.)

Révolution précoce

Britain industrialised over a century earlier than history books claim
A wheelwright.
Millions of historical employment records show the British workforce turned sharply towards manufacturing jobs during the 1600s – suggesting the birth of the industrial age has much deeper roots, say Cambridge historians.

Article

L’Angleterre a été très tôt industrielle, mais sans machines. Par la suite, l’emploi des hommes et femmes est surtout caractérisé par ses fluctuations. Apparition d’activités de service, retour à l’agriculture de zones dont l’activité industrielle n’était plus concurrentielle, exploitation du charbon…

L’histoire n’est pas celle des livres d’histoire ? Elle n’est pas déterminisme, elle est aléa ?

Des mérites de la manivelle

Depuis quelques années je suis amené à rencontrer pas mal de monde, un peu partout en France.

Petit à petit, j’en arrive à un constat surprenant. Les forces opérationnelles de notre pays, qu’il s’agisse d’élus locaux, de dirigeants de PME ou même de (très) hauts fonctionnaires au cœur des programmes de relance de l’État, sont « enlisées ».

Cela signifie quelque-chose dont peu de gens ont conscience. Toutes les mesures du gouvernement sont « macroéconomiques ». Il en est de même des revendications des divers lobbys qui donnent actuellement de la voix. Or, quand une société est bloquée, rien ne peut survenir. Pour gagner un match il faut constituer et entraîner l’équipe. Arrêtez de hurler, cela ne sert à rien !

Dans ces conditions, que faire ? Il faut une action « microéconomique » qui fasse sauter les multiples blocages qui paralysent le changement. Il faut « y aller à la manivelle ».

Prochaine guerre

Forget boomers vs millennials, the next conflict is millennials vs each other
Growing wealth inequality between thirtysomethings could soon displace tensions between young and old

Financial Times du 12 avril

Eh oui, la « lutte des classes » semble de retour. C’est probablement un phénomène propre à la démocratie lorsqu’elle n’est pas capable « d’aller de l’avant », chacun y poussant son intérêt, et la société n’étant pas un magma mais une hiérarchie, il est tentant d’exploiter sa position pour écraser le voisin.

Mais notre situation a tout de même quelque-chose d’unique : il y aurait, en plus, conflit des sexes (cf. précédents billets). Ce qui serait sans précédent.

Devons-nous nous préparer au chaos. Ou, au contraire, avons-nous atteint les limites de l’absurde ?

Affaires et politique

In February, Rishi Sunak posed for photos beside Blackstone founder Stephen Schwarzman at the groundbreaking ceremony for the private equity giant’s new European headquarters in London. 

The UK prime minister pointed to a model of the planned 10-storey development and, according to people who witnessed or were briefed on the event, quipped: “Where’s my office?”

Financial Times du 11 avril

Blague ? Ou M.Sunak va-t-il prendre sa retraite dans un fonds d’investissement ? Après tout, il est déjà marié à la fille d’un milliardaire. Cela expliquerait pourquoi il est aussi détendu dans la tourmente.

En tous cas, cela est significatif d’une nouveauté de notre temps. La politique devient un tremplin pour parvenir au sommet du milieu des affaires. C’est un moyen de gagner énormément d’argent. Pour cela, il suffit de monnayer ses relations.

On ne fait plus, comme jadis, carrière dans la politique.

Mode américaine ? En fait, non. Comme en Grèce antique, le milliardaire américain, en entrant en politique, rend à la nation ce qu’elle lui a donné. (L’exception étant M.Trump, qui fait de l’Etat un moyen de promotion de sa marque.)