Cracher à terre

Je suis informé que ma rue va être fermée. On va y commémorer l’équipage d’un avion américain qui s’y « cracha », il y a 80 ans.

Qu’est-ce qui est le plus dangereux, pourrait-on se demander à cette occasion ? La DCA allemande, l’intelligence artificielle, qui transforme « crasher » en « cracher », ou notre éducation, qui s’est écrasée ?

Exercice existentiel

Le Français est arrogant, mais pas fier. Autrement dit, il n’est pas sûr de lui. Comment pourrait-on le soigner ?

Une observation, pour commencer. Le Français voit des concurrents partout. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il croit que les « autres » lui ressemblent.

Mais, s’il a le courage d’aller vers « les autres », il découvrira qu’ils sont différents de lui, et donc qu’il a des particularités, une spécialité, un prix !

Le témoignage ci-dessous ne dit pas autre chose :

(Après, il faut aussi prendre conscience de ses failles.)

La mémoire de l’eau

D’où vient l’eau que l’on trouve sur terre ?

Premier fait : on trouve de l’eau partout dans l’univers. Ensuite, deux théories s’affronteraient : soit l’eau aurait été contenue dans la terre depuis sa création, et aurait été libérée ensuite, par une sorte de « dégazage », soit elle viendrait d’un bombardement extra-terrestre.

Pour essayer de trancher les choses on utilise le rapport « D/H » (rapport entre deutérium (isotope de l’hydrogène) et hydrogène contenus par l’eau). Est-il le même dans les comètes (par exemple) que sur terre ?

J’en retiens que l’on fait preuve de trésors d’ingéniosité, mais que l’on ne sait pas. (La science cqfd, de France culture, sur l’origine des océans.)

Ce qui me semble un grand changement par rapport à mon enfance. Car alors, on n’était que certitudes. Aujourd’hui la science est devenue humble (sauf en ce qui concerne le réchauffement climatique et les vaccins !). Ce qui est la condition du génie ! Voilà qui « ré enchante le monde », redevenu complexe et fascinant, dirait peut-être Max Weber.

Vive la bombe ?

Poussée par le mouvement du réchauffement climatique, l’énergie nucléaire est repartie en trombe. Faut-il le regretter ?

Les centrales peuvent avoir des accidents. Et c’est du nucléaire que l’on fait les bombes.

Seulement, on n’a pas attendu la bombe atomique pour se détruire. Il y a sûrement assez d’armes conventionnelles pour liquider l’humanité.

L’atome me semble avoir deux intérêts. L’homme tend à vouloir se protéger de tout. Avec l’atome, il sait qu’il ne pourra plus jamais être en sécurité. Le danger vient de l’accident ou du suicidaire, façon « mass shooter » américain ou fou de dieu international. Ce qui signifie que, si l’on veut l’éviter, il faut vigilance et « liens sociaux » étroits. Le monde du risque est peut-être celui de la fraternité…

Rétroaction

Auditors failed to raise alarm before 75% of UK corporate collapses
Three in four audit reports did not provide alerts that companies risked going bankrupt, think-tank finds

Financial Times du 20 mai

Est-ce que nos experts comptables font mieux que leurs collègues anglais ?

Ce que notre société a de curieux, c’est qu’elle n’est pas conçue pour apprendre. On prend une décision, par exemple on crée les experts comptables, sans se demander quels en sont les conséquences.

Et si, comme pour certains médicaments, toute mesure faisait l’objet d’un suivi ?

Chapeau écologique

Conséquences imprévues de l’écologie. Il n’y en a plus, désormais, que pour le nucléaire !

Et je lis que la France va se mettre à produire du lithium. Je croyais, pourtant, que c’était polluant. Et il se trouve, en plus, qu’une nouvelle exploitation française se ferait sur le site d’une mine ancienne, imbibé d’arsenic et de plomb, qui pourraient contaminer la couche phréatique. (Article.) Mais, pour qui veut des batteries électriques, il n’y a pas de sacrifice assez grand ?

L’écologiste mange son chapeau ?

Julien l’apostat

Julien l’apostat est un obscure empereur romain, qui a régné un an.

C’était un empereur philosophe sur le modèle de Marc Aurèle. Ses réflexions l’ont amené à vouloir secouer le monopole de la religion catholique et à réinstaller la tradition de tolérance religieuse romaine. Voilà qui aurait pu changer l’histoire du monde ?

En tous cas, cela lui a valu d’être maudit pour les siècle des siècles. A quoi tient la gloire éternelle ?

(In our time de la BBC m’a fait découvrir Julien.)

OGM qui mal y pense

Les OGM auraient connu une nouvelle mutation : les NGT (New Genomic Technics). La science cqfd.

Je retiens de l’émission que l’on faisait des OGM sans le savoir. Avant les OGM à proprement parler, on soumettait les plantes à des traitements terribles (irradiation, chimie…) en espérant produire des mutations favorables. Avec les OGM on a tapé sur le génome, mais à l’aveugle. Avec les NGT, la frappe est chirurgicale.

Seulement, on ne sait toujours pas ce que cela peut donner à long terme.

En tous cas, les OGM n’auraient pas été un désastre écologique, disait aussi l’émission. Pour ma part, je note que cela ne paraît pas avoir donné un avantage extraordinaire aux agriculteurs qui les utilisaient. Il se pourrait, laissait entendre l’émission, que ce soit surtout la répartition des revenus entre agriculteur et semencier qui ait été modifiée. Pour autant, me dis-je, il ne faut pas nécessairement y voir la main invisible du grand capital : la recherche coûte cher, et elle ne semble pas donner grand chose ; les multinationales se sont peut-être lancées dans une course en avant quelque-peu suicidaire.

Plus intéressant, il serait possible de faire ce que prétendent faire les OGM par d’autres moyens (jouer sur la biodiversité), et sans conséquences imprévues. Seulement, tout le budget de recherche est absorbé par eux.

L’erreur de De Gaulle ?

Quel enseignement tiré-je des Mémoires du général de Gaulle ?

J’ai un vague souvenir du référendum qui a causé sa perte. L’idée que j’en garde est, qu’au moins pour mon père, le général n’était plus « dans le coup ».

En lisant ses mémoires, je pense, effectivement que c’était le cas. Il avait tiré de sa vie l’idée qu’il fallait profiter des crises, pour apporter des changements structurels à la France. Il a cru que les événements de 68, auxquels il avait survécu, étaient la crise qui lui permettrait de faire la réforme finale. Celle de la « participation ». Ce qu’il entend par là n’est pas très clair. Mais, depuis quasiment toujours, il semble penser que si tous les Français « participent » à la gestion de leur entreprise, ils ne pourront plus se comporter de manière irresponsable, le cancer du pays.

Le Général aurait-il eu une sensibilité de gauche ? Ne s’entendait-il pas bien avec Blum, Mandel et Mandes-France ? Il était peut-être même à leur gauche, car il me semble proche de Proudhon. (En tous cas, ses idées sont très à la mode actuellement, alors que l’on ne parle que de « communs » !)

Comme souvent, ce qui semble ne pas avoir marché n’est pas le « pourquoi », mais le « comment ». Le Général s’est trompé sur la nature de 68. 68 n’avait pas ébranlé la nation comme la guerre d’Algérie. 68 avait été, probablement, un coup de semonce : le pays était las d’être considéré en assisté, et de se voir imposer des lois et des réformes pensées pour lui.

Ensuite, de Gaulle n’avait pas nécessairement raison. Ce n’était pas par des réformes structurelles que l’on pouvait changer la nature du pays. Par exemple, il dit avoir voulu une économie dirigée par l’Etat. C’est pour cela qu’il crée l’ENA. Or, toute son oeuvre, régime présidentiel ou ENA, a été retournée contre ses intentions. Le virus a envahi le système immunitaire. Le libéralisme a vaincu. D’ailleurs, la réforme de l’université de 68, qu’il affirme être un grand succès, me semble un désastre.

Son erreur ? La participation, c’est bien, mais elle doit être une participation au changement ?