De l’inconscient

Un livre cité par ce blog dit que Freud n’est pas sérieux. Rien de ce qu’il affirme ne peut être testé.

Est-ce sûr ? Ce que l’on en a retenu est surtout que parler fait du bien. Et cela a été testé.

Freud semble dire que nous plaçons dans notre inconscient ce que nous ne voulons pas regarder en face. Je me demande si notre mécanisme d’appréhension du monde n’est pas double. Il y a, d’une part, la raison, de l’autre « autre chose », que l’on nomme l’inconscient. Ma théorie est que les deux « captent » plus ou moins en même temps. Ou même que l’inconscient est le premier à « capter » : c’est le réflexe, ou l’évaluation « inconsciente » de la distance entre deux voitures. La raison est extraordinairement limitée. Du coup, elle fait beaucoup d’impasses. Ce n’est pas qu’elle ne veut pas le danger, elle ne le voit pas. Elle est bête. Mais il est vécu par l’inconscient, qui le stocke. Ce qui fait qu’il revient nous hanter, comme le font les cauchemars de concours, dont parlait un précédent article.

Pour éliminer ces sources de stress, il semble qu’il faille qu’ils passent par la raison. En parler pourrait donc avoir deux fonctions. D’une part transformer en mots quelque-chose « d’impalpable ». Ce qui est un exercice complexe, parce que c’est probablement un travail d’invention, pas de catégorisation. Les mots se créent avec ce qu’ils expriment. Ensuite permettre à la raison, une fois qu’elle est parvenue à poser le problèmes en des termes qu’elle comprend, à régler la question.

Soudan

Je me suis mis à écouter les nouvelles de BBC World service. Elles ne ressemblent pas à celles du service national.

En particulier, on y parle du Soudan. Ce qui est dit est effrayant. (Et je ne suis pas capable de parler de ce qui est effrayant.)

Pourquoi n’en est-il pas question dans notre presse ?

Mon hypothèse est que l’information obéit à des processus mécaniques. D’une certaine façon, le journaliste ne pense pas ce qu’il dit, pas plus que l’émetteur de la station de radio. Forme d’impuissance ?

Dégel anglais

Depuis que Rishi Sunak est devenu premier ministre anglais, il est question, dans son pays, des prochaines élections. Logiquement ce devrait être un succès retentissant pour les travaillistes.

Seulement, à écouter ce qui se dit, depuis le début, j’en doute. Car je ne vois pas de différence entre ce que j’entends des deux programmes. Sir Keir Starmer, le leader travailliste, est un homme triste et raisonnable. (« A decent chap » doit-on dire dans son pays.) Il est à M.Sunak ce qu’était M.Blair à Mme Thatcher. Seulement, justement, les réformes thachériennes ont fait flop. Le grand élan s’est échoué. Et l’on a eu le Brexit. Les travaillistes n’ont plus les moyens de la compassion sans changement de cap. Seulement, comme l’ont montré les mésaventures de Liz Truss et de Jeremy Corbyn, les vieilles recettes ne marchent pas. Il va falloir faire preuve d’imagination.

Selon les théories sur le changement, la Grande Bretagne entre dans une période de « dégel » ?

Complexité

Using state-of-the-art computer simulations of fossils from the Ediacaran time period – approximately 565 million years ago – scientists discovered how these animals mixed the surrounding seawater. This may have affected the distribution of important resources such as food particles and could have increased local oxygen levels.

Through this process, the scientists think these early communities could have played a crucial role in shaping the initial emergence of large and complex organisms prior to a major evolutionary radiation of different forms of animal life, the so-called Cambrian ‘explosion’.

Article

La simulation fait des miracles, et recrée le passé à partir de presque rien ? Et l’on se dit que nous résultons d’une chaîne de phénomènes hautement curieux et improbables ?

Voter pour le changement

Les mémoires de De Gaulle m’ont amené à réfléchir aux raisons de la disparition du mouvement qu’il incarnait.

En fait, ce mouvement était fait de « vieilles barbes ». Il y avait besoin de rénovation. Cela a été ressenti par le politique, je crois. Giscard d’Estaing en est l’exemple. Seulement, personne n’est réellement parvenu à obtenir un résultat satisfaisant. La rénovation s’est faite au détriment des avantages acquis et de la situation nationale. Le sort du peuple n’a fait que se dégrader. Et il s’est mis à « voter contre ».

Je me demande si, inconsciemment, le peuple, être vivant collectif, n’a pas simplement voté pour le changement. Ce qui comptait n’était pas le nom du président, mais qu’il soit différent du précédent, de façon à ce que, de fil en aiguille, on finisse par trouver une nouvelle ligne directrice durable.

Cela peut paraître fantaisiste, mais c’est une illustration des théories de Kurt Lewin concernant le changement : le changement est une période de « dégel » des certitudes, pendant laquelle, la population concernée cherche dans tous les sens, jusqu’à ce qu’elle croit avoir trouvé une solution satisfaisante.

Leonov

On a oublié Leonov. Ce fut le premier homme à marcher dans l’espace. (Emission.)

Et il a bien failli y rester. Car, à l’époque, tout était improvisation, rien ne marchait comme prévu.

Et c’est pour cela que l’on recrutait les cosmonautes pour leur présence d’esprit dans les pires situations. (Leur sélection consistait à les mettre dans ces situations.)

Matériel bricolé, surhomme et communication soviétique, voici comment s’écrivait l’histoire à l’époque.

Béton recyclé

La fabrication du béton est un des plus gros émetteurs de CO2. On vient de découvrir que si l’on remplace la chaux des fours de recyclage de l’acier par du béton usagé, on fabriquait de l’acier et du béton neuf, sans émission de CO2.

Les vieilles industries n’ont pas dit leur dernier mot. Et l’écologiste impénitent ferait bien de s’y intéresser sérieusement ?

“As well as being a breakthrough for the construction industry, we hope that Cambridge Electric Cement will also be a flag to help the government recognise that the opportunities for innovation on our journey to zero emissions extend far beyond the energy sector.”

Trump card

Silicon Valley elite warms to Donald Trump
Tech regulation and taxes behind a shift that some leaders hope will be endorsed by Elon Musk

Financial Times du 25 mai

Notre presse nous campe la lutte de Biden et de Trump, comme celle du bien et du mal. Alors que, au fond, l’Américain est pragmatique ? Il va où sont ses intérêts ?

Je tends aussi à penser que M.Trump est dans l’intérêt de l’Europe. Il la force à faire preuve de responsabilités. Bien sûr, elle peut terminer sous la botte russe. Mais de toute manière, si elle ne se ressaisit pas, c’est ce qui lui arrivera un jour ou l’autre ?

Réformer l’Europe

Il faut réviser les traités européens, dit un article.

Si je comprends bien son argument, l’UE est entre les mains d’une bureaucratie. La réforme des traités ressortit à un sain exercice démocratique. Une démocratie dont le citoyen est un Etat.

Mais, l’opinion des dits Etats serait divisée.

Pour ma part, il me semble qu’il faut se méfier des conséquences imprévues du changement. Et constater qu’avec un peu de bonne volonté, on peut faire beaucoup de choses à l’intérieur de n’importe quel dispositif.

Bien sûr, ce n’est pas une mauvaise idée de vouloir un changement. Mais à condition de comprendre que, comme le dit John Kotter, le changement est un processus. Il n’est pas instantané. Il ne résulte pas d’une idée ou d’un traité. En particulier, il doit identifier les questions à résoudre, et s’assurer qu’on sait le faire. D’ailleurs, je constate que la « résistance au changement » est le guide du changement : si ça résiste, c’est que l’on passe à côté de quelque-chose d’important.

Cracher à terre

Je suis informé que ma rue va être fermée. On va y commémorer l’équipage d’un avion américain qui s’y « cracha », il y a 80 ans.

Qu’est-ce qui est le plus dangereux, pourrait-on se demander à cette occasion ? La DCA allemande, l’intelligence artificielle, qui transforme « crasher » en « cracher », ou notre éducation, qui s’est écrasée ?