La crise de la démocratie représentative

Dans les aventures de De Gaulle, il y a quelque-chose de curieux. Il s’oppose aux partis politiques de son temps. Pour lui, c’est le peuple qui a la légitimité démocratique, ce qui semble simple bon sens. Pour eux, ce sont les élus qui la possèdent. Quand il fait voter le peuple, les partis politiques (unis pour une fois) sont balayés.

Cela tient peut-être aux origines de nos systèmes politiques. Initialement, il y avait une nette différence entre ceux qui étaient formés pour penser et les producteurs. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. De ce fait, un biais du régime des partis est apparu : ils « roulent pour leur propre compte ».

Mais on ne peut pas toujours faire voter le peuple. Se pose alors le problème de la sélection des « décideurs ». Tous les critères de sélection concernant la « compétence » sont soumis au biais, à « l’énantiodromie ». Au fond, la seule sélection juste est le tirage au sort. Avec un avantage : pour éviter de donner des responsabilités à l’incompétent, la société a intérêt à préparer le mieux possible chacun de ses citoyens ?

Météo déréglée

Il fait froid et il pleut. Mais quand, donc, va commencer le printemps ? Je n’en peux plus. Un ami me disait que c’était un temps pour climatosceptique.

D’où ma surprise : vendredi, en cherchant une raison d’espérer sur un site de prévision météo, je lis que nous en serions au 28ème mois record. La température moyenne aurait connu une hausse de 0,1° par rapport au précédent mai le plus chaud.

Cela tiendrait à ce qu’il y a eu une pointe de température au début du mois.

Voilà qui fait comprendre pourquoi tant de monde vote Trump ?

Biden piégé

Le Monde disait que M.Biden était « piégé par son soutien à Israël ».

Curieux piège. Car M.Trump est certainement beaucoup plus favorable à Israël que M.Biden. Il s’appuie en effet sur des courants évangéliques qui considèrent les Juifs comme une première étape, nécessaire, de l’évolution de l’homme qu’ils représentent, et à qui va s’ouvrir les portes du paradis. Ceux qui en veulent à M.Biden vont-ils laisser gagner son opposant ?

J’imagine que M.Biden les croit assez bêtes pour cela. Alors, il essaie de les payer de mots. Histoire de soulager leur conscience ?

Victime la plus puissante du monde

Maintenant, M.Trump va pouvoir dire au citoyen américain : comme vous, je suis une victime. Propos d’un ancien conseiller de M.Trump (nouvelles de la BBC, ce matin).

M.Trump parie sur ceux qui veulent une revanche ? Ses opposants parient sur le fait qu’il n’est pas présentable ? Qui va gagner ?

En tous cas, peut-être pourrait-on s’interroger sur les raisons qui font qu’autant de gens se considèrent comme des victimes ? Surtout après 50 ans de « care » ?

Le goût de l’Amérique

J’ai eu tort, comme d’habitude. Une émission de la BBC disait que, pour que M.Trump soit condamné, il fallait l’unanimité des jurés de son procès. J’ai cru qu’il y en aurait bien un qui douterait… Eh bien non.

Cela va-t-il changer quelque-chose à l’élection ? La même émission expliquait que M.Trump était en tête des sondages un peu partout. Que les intentions en sa faveur étaient en nette croissance chez les noirs et les latinos, et que les démocrates avaient perdu les blancs… (La classe dirigeante serait décolorée ?) Mais le système électoral est tellement curieux que l’on ne sait pas ce que cela peut donner : tout dépendra de quelques Etats. Or, il se pourrait que certains Républicains ne veuillent pas voter pour un condamné. La contre-performance des démocrates tiendrait à la personnalité de M.Biden, à qui personne n’oserait dire qu’il est mauvais.

Comme dans les films d’Hollywood, tous les coups sont permis, et c’est celui qui croit le plus longtemps à son étoile, et qui est sourd à la raison, qui gagne ?

Apprentissage

Grand débat concernant l’apprentissage, en Angleterre. Les opinions qui s’affrontent semblent les mêmes que celles que l’on entend en France.

D’un côté, il est dit que l’apprentissage est utile, qu’il correspond à des emplois que l’on ne parvient pas à remplir, et qu’il permet d’éviter à une partie de la population chômage et pauvreté, de l’autre, on répond que ce n’est pas noble, c’est une discrimination.

La particularité de la France est, probablement, l’hypocrisie. On fait, mais on ne dit pas. L’apprentissage gagne de plus en plus de terrain.

Peut être ferait-on bien de regarder la vérité en face ? Nous sommes discriminés de naissance. Le système actuel ne fait que renforcer cette discrimination. Il y a aussi des différences de talent et d’aspirations. Et la société, en prétendant nous dire ce qui est bien et mal, ne fait pas notre bien.

Une fois que l’on voit la vérité, il est possible d’agir. Il y a des « déclassés », et leur mal est le chômage. L’apprentissage est une solution. Ils peuvent aussi avoir un talent pour les études dites supérieures. A défaut de l’ascenseur scolaire de la 3ème République, le « numérique » donne accès à des moyens de se former tout au long de sa vie. Quant aux classes privilégiées, leurs rejetons doivent comprendre que l’on peut bien mieux être heureux en travaillant de ses mains qu’en perdant son temps dans des études pour lesquelles on n’est pas fait.

Puissance de l’intellect

La République de Platon fut une révélation.

L’intellectuel, qui se nomme philosophe, veut être le roi de la cité. (Car il n’y a que la royauté qui vaille, la démocratie étant l’antichambre de la tyrannie, dit Platon.)

Son arme ? Il invente la morale. Il définit le « bien », et comment on y parvient. Et cela contredit les usages ancestraux de la cité. Elle est donc, totalement, en tort. Elle est le mal.

Lorsque Tocqueville décrit le mécanisme qui a mis la France et l’Europe à feu et à sang, lors de la révolution, il parle exactement du même phénomène, quasiment dans ces termes.

« Le gouvernement central ne se bornait pas à venir au secours des paysans dans leurs misères ; il prétendait leur enseigner l’art de s’enrichir, les y aider et les y forcer au besoin. »

« le gouvernement était déjà passé du rôle de souverain au rôle de tuteur »

 « tous pensent qu’il convient de substituer des règles simples et élémentaires, puisées dans la raison et dans la loi naturelle, aux coutumes compliquées et traditionnelles qui régissent la société de leur temps »

« dans l’éloignement presque infini où ils vivaient de la pratique, aucune expérience ne venait tempérer les ardeurs de leur naturel ».

« la même ignorance leur livrait l’oreille et le cœur de la foule ».

Une des découvertes de ce blog a été que les techniques de changement vont au delà de celles que l’on trouve dans les livre de cours. « L’influence », la manipulation des esprits, est l’outil de « conduite du changement » le plus utilisé de nos jours. Et il est utilisé par un autre phénomène de société qui est apparu aussi progressivement dans ce blog : « l’intellectuel ».

Trêve olympique

J’ai toujours vu les Jeux Olympiques de Paris d’un mauvais oeil. Je soupçonne que Madame Hidalgo les a voulus par amitié pour M.Delanoë, à qui ils avaient été refusés : ce qui est un motif malsain. Ils risquent fort d’être un gouffre financier, en outre. (Je suis heureux de m’être extrait de Paris. Pour autant, si les jeux sont déficitaires, il est certain qu’on demandera aux pauvres de faire preuve de solidarité avec les paniers percés…) Et depuis qu’il y a guerre en Ukraine, ils semblent fournir à M.Poutine et ses alliés l’occasion rêvée de faire un mauvais coup, bien sanglant.

Bizarre. Jadis les Jeux Olympiques étaient une trêve. Maintenant, c’est le contraire.

En fait, c’est le paradoxe de la société. L’homme « fait société » pour se protéger, et la protection qu’apporte la société crée l’irresponsabilité, l’attentat et l’instinct de mort.

Fameuse « énantiodromie » de la systémique ?

La fabrique de l’Amérique

Les USA sont une curieuse nation.

Comme toutes les démocraties modernes, ils semblent penser que la liberté de l’individu est le bien absolu, mais que l’homme est porté naturellement à faire le mal.

Pour cette raison, ils ont créé une structure faite pour contenir ce mal. Une structure basée sur les travaux de Montesquieu qui cherchent à ce que la force s’oppose à la force. En particulier, le président des USA a relativement peu de pouvoir, et ne peut faire un coup d’état. Plus curieusement, ils auraient utilisé une technique qui nie l’individualisme : le chauvinisme. Et ils se seraient gardé du suffrage universel.

Tout cela paraît peu rationnel. Et pourtant cela marche. Les USA donnent un spectacle ridicule, bien plus ridicule que celui de la France de la troisième république. Collectivement, ils ne tiennent jamais parole. Et pourtant, personne n’oserait les critiquer : ils sont trop puissants pour cela. Plus curieux, leur puissance ne semble reposer que sur un formidable mécanisme de création monétaire, mais il leur permet de disposer de l’armement le plus sophistiqué, et d’avoir les moyens d’acheter toutes les entreprises étrangères.

Comme souvent dans l’évolution, une nouvelle avancée survient lorsqu’un principe toxique est libéré, et maîtrisé ?

https://antichiant.home.blog/2011/09/13/empire-du-mal/

The Western illusion of human nature, Marshall Sahlins

Nouvelle Calédonie

BBC World service interroge un indépendantiste calédonien.

Curieux procédé, dont j’ai déjà parlé, pour la France : la parole du gouvernement est dite, en deux mots, par le présentateur, et l’opposant a droit à une longue interview.

Ce que j’en ai retiré était un paradoxe, comme toujours : l’indépendantiste parlait anglais comme un natif, pas comme M.Macron. Mais comme un natif d’une colonie anglaise, sans que son accent soit assimilable à celui d’une autre colonie. (En anglais, tout est dans l’accent.) Comme si la Nouvelle Calédonie avait eu un passé anglais, et avait développé sa propre variante de la langue de l’occupant.

Explication ?